‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 73 sur 251 · C'est-à-dire la puissance executive · texte numérisé non relu

C'est-à-dire la puissance executive

2. L'auteur a toujours l'air de supposer que la guerre ne coûte rien ; qu'elle ne demande que du courage et de la patience, et que par conséquent les peuples les plus pauvres et les plus rudes finissent toujours par avoir l'avantage. Cela n'est point vrai des temps modernes; je doute que cela soit vrai, môme de l'antiquité.

3. A. Et ces derniers, avec un esprit mrrcantile, calculant sans cesse, etc.

si elle ne commandoit pas, il n'y avoit point d'espérance ni de crainte qui pût l'obliger à faire une paix qu'elle n'auroit point imposée.

Il n'y a rien de si puissant qu'une république où l'on observe les lois, non pas par crainte, non pas par raison, mais par passion, comme lurent Rome et Lacédémone : car pour lors, il se joint à la sagesse d'un bon gouvernement toute la force que pourroit avoir une faction.

Les Carthaginois se servoient de troupes étrangères ; et les Romains employoient les leurs. Comme ces derniers n'avoient jamais regardé les vaincus que comme des instruments pour des triomphes futurs, ils rendirent soldats tous les peuples qu'ils avoient soumis^; et plus ils eurent de peine à les vaincre, plus ils les jugèrent propres à être incorporés dans leur république^. Ainsi nous voyons les Samnites, qui ne furent subjugués qu'après vingt-quatre triomphes ^ devenir les auxiliaires des Romains; et, quelque temps avant la seconde guerre punique, ils tirèrent d'eux et de leurs alhés, c'est-à-dire, d'un pays qui n'étoit guère plus grand que les États du pape et de Naples, sept cent mille hommes de pied, et soixante et dix mille de cheval, pour opposer aux Gaulois^.

Dans le fort de la seconde guerre punique, Rome eut toujours sur pied de vingt-deux à vingt-quatre légions; cependant il paroît, par Tite-Live, que le cens n'étoit

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