Florus, liv. I, ch. xvi. (M
4. Voyez Polybe. Le sommaire de Florus dit qu'ils levèrent trois cent mille hommes dans la ville et chez les Latins. (M.)
pour lors que d'environ cent trente-sept mille citoyens.
Carthage employoit plus de forces pour attaquer, Rome pour se défendre : celle-ci, comme on vient de le dire\ arma un nombre d'hommes prodigieux contre les Gaulois et Annibal, qui l'attaquoient ; et elle n'envoya que deux légions contre les plus grands rois : ce qui rendit ses forces éternelles.
L'établissement de Carthage dans son pays étoit moins solide que celui de Rome dans le sien : cette dernière avoit trente colonies autour d'elle, qui en étoient comme les remparts^. Avant la bataille de Cannes, aucun allié ne l'avoit abandonnée ; c'est que les Samnites et les autres peuples d'Italie étoient accoutumés à sa domination.
La plupart des villes d'Afrique, étant peu fortifiées, se rendoient d'abord à quiconque se présentoit pour les prendre : aussi tous ceux qui y débarquèrent, Agathocle, Régulus, Scipion, mirent-ils d'abord Carthage au désespoir.
On ne peut guère attribuer qu'à un mauvais gouvernement ce qui leur arriva dans toute la guerre que leur fit le premier Scipion : leur ville et leurs armées même étoient affamées, tandis que les Romains étoient dans l'abondance de toutes choses ^
Chez les Carthaginois , les armées qui avoient été battues devenoient plus insolentes; quelquefois elles mettoient en croix leurs généraux, et les punissoient de leur , propre lâcheté. Chez les Romains, le consul décimoit I les troupes qui avoient fui, et les ramenoit contre les ^ ennemis.