Florus, liv. Il, cliap. vu
3. Il est surprenant, comme Josèplie le remarque dans le livre contre Appion (I, cliap. iv), qu'Hérodote ni Thucydide n'aient jamais parlé des Uomains, quoiqu'ils eussent fait de si grandes guerres. (M.)
thaginois que de très-foibles secours, ne fit que témoigner aux Romains une mauvaise volonté inutile.
Lorsqu'on voit deux grands peuples se faire une guerre longue et opiniâtre, c'est souvent une mauvaise politique de penser qu'on peut demeurer spectateur tranquille ; car celui des deux peuples qui est le vainqueur entreprend d'abord de nouvelles guerres ; et une nation de soldats va combattre contre des peuples qui ne sont que citoyens.
Ceci parut bien clairement dans ces temps-là : car les Romains eurent à peine dompté les Carthaginois, qu'ils attaquèrent de nouveaux peuples, et parurent dans toute la terre, pour tout envahir.
Il n'y avoit pour lors, dans l'Orient, que quatre puissances capables de résister aux Romains : la Grèce, et les royaumes de Macédoine, de Syrie et d'Egypte. Il faut voir quelle étoit la situation de ces deux premières puissances, parce que les Romains commencèrent par les soumettre.
Il y avoit dans la Grèce, trois peuples considérables, les Etoliens, les Achaïens^ et les Réotiens : c'étoient des associations de villes libres qui avoient des assemblées générales et des magistrats communs. Les Étoliens étoient belliqueux, hardis, téméraires, avides du gain, toujours libres de leur parole et de leurs serments, enfin, faisant la guerre sur la terre comme les pirates la font sur mer. Les Achaïens étoient sans cesse fatigués par des voisins ou des défenseurs incommodes. Les Réotiens, les plus épais de tous les Grecs, prenoient le moins de pari qu'ils pouvoient aux affaires générales : uniquement conduits par le sentiment présent du bien et du mal, ils n' avoient pas assez d'esprit pour qu'il fût facile aux ora-