‹ Œuvres complètes; (volume 5)Chapitre 39 sur 453 · DE LA PUISSANCE DE JUGER DANS LE GOUVERNEMENT DE ROME · texte numérisé non relu

DE LA PUISSANCE DE JUGER DANS LE GOUVERNEMENT DE ROME

La puissance déjuger fut donnée au peuple, au sénat, aux magistrats, à de certains juges. Il faut voir comment elle fut distribuée. Je commence par les affaires civiles.

Les consuls1 jugèrent après les rois, comme les préteurs jugèrent après les consuls. Servius Tullius s'étoit dépouillé du jugement des affaires civiles ; les consuls ne les jugèrent pas non plus, si ce n'est dans des cas trèsrares2 que l'on appela, pour cette raison, extraordinaires*. Ils se contentèrent de nommer les juges, et de former les tribunaux qui dévoient juger. Il paroît, par le discours d'Appius Glaudius, dans Denys d'Halicarnasse 4, que, dès l'an de Rome 259, ceci étoit regardé comme une coutume établie chez les Romains ; et ce n'est pas la faire remonter bien haut que de la rapporter à Servius Tullius.

1. On ne peut douter que les consuls, avant la création des préteurs, n'eussent eu les jugements civils. Voyez Titc-Live, décade I, liv. II, c. i ; Denys d'Halicarnasse, liv. X, p. 627; et même livre, p. 645 (M.)

'2. Souvent les tribuns jugèrent seuls; rien ne les rendit plus odieux. Denys d'Halicarnasse, liv. XI, p. 709. (M.)

3. Judicia extraordinaria. Voyez les Institutes, liv. IV. (M.)

4, Liv. VI, p. 360. (M.)

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