LIVRE XI, CHAP. XVIII
Chaque année, le préteur formoit une liste 1 ou tableau de ceux qu'il choisissoit pour faire la fonction de juges pendant l'année de sa magistrature. On en prenoit le nombre suffisant pour chaque affaire. Gela se pratique à peu près de même en Angleterre. Et, ce qui étoit trèsfavorable à la liberté2, c'est que le préteur prenoit les juges, du consentement 3 des parties. Le grand nombre de récusations que l'on peut faire aujourd'hui en Angleterre, revient à peu près à cet usage4.
Ces juges ne décidoient que des questions de fait 3 : par exemple, si une somme avoit été payée ou non ; si une action avoit été commise ou non. Mais pour les questions de droit6, comme elles demandoient une certaine capacité, elles étoient portées au tribunal des centumvirs7
Les rois se réservèrent le jugement des affaires criminelles, et les consuls leur succédèrent en cela. Ce fut en conséquence de cette autorité que le consul Brutus fit mourir ses enfants et tous ceux qui avoient conjuré pour les Tarquins. Ce pouvoir étoit exorbitant. Les consuls ayant déjà la puissance militaire, ils en portoient l'exercice même dans les affaires de la ville; et leurs pro-