Hérodote, in Melpomene, IV, xliii. (M
5. Joignez à ceci ce que je dis au ch. xi de ce livre, sur la navigation d'Hannon. (M.)
DE L'ESPRIT DES LOIS
navigué dans le vaste Océan 1 pour aller vers l'île de Sainte-Hélène ou vers la côte du Brésil. Il étoit donc trèspossible qu'on fût allé de la mer Rouge dans la Méditerranée, sans qu'on fût revenu de la Méditerranée à la mer Rouge.
Ainsi, sans faire ce grand circuit, après lequel on ne pouvoit plus revenir, il étoit plus naturel de faire le commerce de l'Afrique orientale par la mer Rouge, et celui de la côte occidentale par les colonnes d'Hercule.
Les rois grecs d'Egypte découvrirent d'abord clans la mer Rouge la partie de la côte d'Afrique qui va depuis le fond du golfe où est la cité d'Heroum jusqu'à Dira, c'est-à dire jusqu'au détroit appellé aujourd'hui de Babel-MandeL De là jusqu'au promontoire des Aromates, situé à l'entrée de la mer Rouge2, la côte n'avoit point été reconnue par les navigateurs; et cela est clair par ce que nous dit Artémidore 3, que l'on connoissoit les lieux de cette côte, mais qu'on en ignoroit les distances ; ce qui venoit de ce qu'on avoit successivement connu ces ports par les terres, et sans aller de l'un à l'autre.
Au delà de ce promontoire, où commence la côte de l'Océan, on ne connoissoit rien, comme nous 4 l'apprenons d'Ératosthène et d'Artémidore.
Telles étoient les connoissances que l'on avoit des
\. On trouve dans l'océan Atlantique, aux mois d'octobre, novembre, décembre et janvier un vent de nord-est. On passe la ligne ; et, pour éluder le vent général d'est, on dirige sa route vers le sud ; ou bien on entre dans la zone torride, dans les lieux où le vent souffle de l'ouest à l'est. (M.)
2. Ce golfe, auquel nous donnons aujourd'hui ce nom, étoit appelé, par les anciens, le sein Arabique : ils appeloient mer Rouge la partie de l'Océan voisine de ce golfe. (M.)