‹ Œuvres complètes;Chapitre 197 sur 312 · HonAT., I, Epist., x, v. 2i · texte numérisé non relu

HonAT., I, Epist., x, v. 2i

314 LETTRES FAJIILIÈRES.

des vers de Grébillon ; tout cela a été fait quinze ou vingt ans auparavant.

Je suis un admirateur sincère de Catilùia, et je ne sais comment cette pièce m'inspire du respect. La lecture m'a tellementravi que j'ai été jusqu'au cinquième acte sans y trouver un seul défaut, ou du moins sans le sentir. Je crois bien qu'il y en a beaucoup, puisque le public y en trouve beaucoup, et de plus je n'ai pas de grandes counoissances sur les choses du théâtre. De plus, il y a des cœurs qui sont faits pour certains genres de dramatique ; le mien en particulier est fait pour celui de Grébillon, et commedansma jeunesse je devins fol de nhadamiste^,yiYa.i aux petites maisons pour Catilimi. Jugez si j'ai eu du plaisir quand je vous ai entendu dire que vous trouviez le caractère de Catilina peut-être le plus beau qu'il y eût au théâtre. En un mot, je ne prétends pas donner mon opinion pour les autres. Quand un sultan est dans son sérail, va-t-il choisir la plus belle ? Non, il regarde, et il dit : Je l'aime ; il la prend, etc. Voilà comment décide ce grand personnage.

Mon cher Helvétius, je ne sais point si vous êtes autant

au-dessus des autres que je le sens; mais je sens que vous

êtes au-dessus des autres, et moi je suis au-dessus de vous

par l'amhié.

Montesquieu.

A Saint-Seurin, ce 11 février ITîO.

Page 1