LETTRE LXXI
AU CHEVALIER d'aYDIES
Je vous prie de parler de moi à M. et Madame de Mirepoix, à M. de Forcalquier, à Mesdames de Rochefort et de Forcalquier, à Madame du DefTand, à M. et Madame du Châtel, à M. de BermestofT'-; sachez, je vous prie, s'ils ont quelque souvenir de moi. N'oubliez pas le présidente
Ce que j'ai le plus vu dans votre lettre, mon cher chevalier, c'est votre amitié; et il me semble qu'en la lisant, je faisois plus d'usage de mon cœur que de mon esprit. Je suis bien rassuré par vous sur le bon succès de V Esprit des Lois à Paris. On me mande des choses fort agréables d'Italie; je ne sais rien des autres pays.
Mon cher chevalier, pourquoi les gens d'affaires se croient-ils attaqués^? J'ai dit que les chevaliers, à Rome, qui faisoient beaucoup mieux leurs affaires que vous autres chevaliers ne faites ici les vôtres, avoient perdu cette république; et je ne l'ai pas dit, mais je l'ai démontré ^ Pourquoi prennent-ils là-dedans une part que je ne leur donne pas?
J'aurois grande envie de revenir; mais je serai encore
1. Lettres originales de Montesquieu au chevalier d'^yd/ce. Paris, 1797, chez Ch. Pougens.
2. Sur tous CCS pcrsonnajjes qui composoicnt la société de M""' Du Deffand, on trouvera des détails curieux dans la Correspondance inédite de Madame Du Deffand, Paris, 1818, '2 vol. in-8".