‹ Œuvres complètes;Chapitre 221 sur 312 · La Défense de l' l'esprit des Lois · texte numérisé non relu

La Défense de l' l'esprit des Lois

2. C'était iiik; maxime de nos libertés gallicanes que les décrets de lu Congrégation de Vlndex n'étaient point reçus en France. N'oyez le discours de l'abbé Fleury sur les libertés gallicanes.

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déjà adopté ; ce n'est rien de le condamner, il faut le détruire. On y a fait des objections en France ; ces o])jections ont été jugées puériles, et ce sont les objections de l'auteur des feuilles ecclésiastiques qui ont scandalisé le public, et non pas le livre.

Quant à la véhémente sortie qu'a faite contre moi le P. Concilia, je croiroisque cet événement ne seroit pas si défavorable à l'affaire qu'il paroît d'abord, parce que ce père m'ayant attaqué, il me met en droit de lui répondre, d'expliquer au public l'état des choses, et de rendre le public juge entre le père Goncinaet moi; mais comme je ne vois les choses que de très-loin, et que je ne sais pas si une bonne réponse au père Concina me seroit utile ou nuisible, je supplie votre Excellence de vouloir bien m' éclairer là-dessus, et me marquer s'il est à propos que je réponde, ou non ; et, en cas qu'il soit à propos de répondre, d'avoir la bonté de me dire si je pourrois avoir une copie des passages du livre du père Concina qui me concernent ; si je savois de quel ordre religieux est ce père, ceux de son ordre pourroient peut-être me faire voir son livre, qu'ils auront peut-être reçu.

A l'égard de l'édition et traduction de iNaples, je suis bien sûr que Votre Excellence l'aura arrêtée de manière qu'il ne paroisse pas que ce soit le ministère de France ou de Naples qui l'ait arrêtée ; sans quoi, pour éviter un petit mal, je tomberois dans un pire, et je travaillerois pour la Congrégation de V Index et non pas pour moi ; mais je suis sûr que votre Excellence, par sa lettre, n'aura laissé aucune équivoque là-dessus, et je crois même que si elle voit que mon livre sera condamné et les premières éditions défendues, elle laissera faire à ceux de Naples ce qu'ils voudront, .le lui dcmaude pardon si je lui ronqîs si longtemps

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la tête de cette alTaire ; ce sont ses l)ontés qui en sont la cause, et je jouis de ces bontés.

J'ai l'honneur d'être, avec un respect infini, de votre Excellence le ti'ès-huirrble et très-obéissant serviteur,

MONTK SQUIEU.

Je demande encore pardon à votre Excellence, si j'ajoute ce mot : Il me paroît que le parti qu'elle a pris de tirer l'affaire en longueur est, sans difliculté, le meilleur, et peut conduire beaucoup à faire traiter l'affaire par voie à'impcgno, et je vais avoir l'honneur de lui dire deux choses qui lui paroîtront peut-être dignes d'attention. On a dénoncé mon livre à la dernière assemblée du clergé ; elle n'en a point tenu compte : c'étoit mon confrère, M. l'archevêque de Sens\ qui avoit fait de grandes écritures sur ce sujet, qui rouloient principalement sur ce que je n'avois pas parlé de la révélation, en quoi il erroit et dans le raisonnement et dans le fait ; depuis on a porté cette afliure en Sorbonne, et il y a toutes les apparences du monde que le livre n'y sera point condamné, chose que je ne dis point encore, pour ne pas augmenter l'activité de mes ennemis. Or, s'il arrive que l'affaire ait tombé dans ces tribunaux, cela ne fournit-il pas une bonne raison pour arrêter la Congrégation de V Index? Je supplie votre Excellence de ne mettre à cette lettre que le degré d'attention qu'elle pourra mériter ; car je l'écris conmie un enfant, n'ayant presque aucune connoissance de la manière de penser ou d'agir de là-bas. Quoi qu'il en soit, sitôt que la Sorbonne aura fini son opération, j'aurai i'honneiu'

1. LaiiKiKît (lo r.orfiy. lii<t()ri(Mi dr M.iiii' Aljifdinic ol iiK-inhii- di- l'Aca- «léniid française.

d'en inslriiire Votre Excellence, qui verra à quoi cet événement peut être bon. Je me souviens d'un endroit d'une de ses lettres auquel j'ai bien fait attention depuis ; qu'il ne falloit pas mettre trop d'importance aux choses qu'on demandoil dans ce pays-là. Je la supplie de me permettre de lui présenter encore mes respects.

De Paris, le 8 octobre 1750.

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