‹ Œuvres complètes;Chapitre 264 sur 312 · D'après un manuscrit de M. de Secondât · texte numérisé non relu

D'après un manuscrit de M. de Secondât

'2. MonKîsquicu était directeur de l'Académie française eu 17")'2. lorsque Piron se présenta pour remplir la place vacante par la mortderarchcvôcjuc de Sens. Les suffrages se réunissaient en sa faveur, lorsque lo directeur

4'iS LETTRES I A M I L I É I{ ES.

J'y rendis compte des ordres du lloi, et comme M. c\v Hiin'on avoil prié ses amis de ne le point nommer dans les circonstances, la plupart des académiciens n'ayant plus aucun sujet se trouvèrent embarrassés, et demandèrent (fii'on différât l'élection jusqu'à samedi en huit.

Madame, Piron est assez puni pour les mauvais vers ((u'on dit qu'il a faits; d'un autre côté, il en a fait de très bous. 11 est aveugle, infirme, pauvre, marié, vieux. Le Roi ne lui accorderoit-il pas quelque petite pension ? C'est ainsi que vous employez le crédit que vos belles qualités \()us donnent, et parce que vous êtes heureuse, vous voudriez qu'il n'y eût point de -malheureux.

Le feu Roi exclut La Fontaine d'une place à l'Académie à cause de ses Contes, et il la lui rendit six mois après à cause de ses Fables. 11 voulut même qu'il fùl reçu jivant Despréaux, qui s'étoit présenté depuis lui.

Agréez, je vous supplie, le profond respect, etc.

fi7:,2j.

ivTiit ordre de se rendre à \ersailles, où le Hoi lui dit qu'il ne \oulait jia- ([ue Piron fut élu. Après avoir reçu cet ordre et en avoir rendu compte à l'Académie, Montesquieu, quoique sans liaison d'aucune es])èce avec le malheureux Piron, et ne consultant que son rœui-. écrivit la letlri' ci-dessu>à M""' de Pompaddur.

Deux jours après, Piron eui un(> ]iensi(jii de cent pistoles, et a obtenu depuis d'autres gi-àces. (î.\ Pi.\ci;, Picct-s iiiléressantes. etc.. Paris, 1787,

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