LETTRE CXXX
.M. UE SOLIGN.VC, S li) C Rli T A I R li DE I.'a C A Ulï M 1 lî DE NANCV A NANCY EN L O R 11 A 1 N E .
J'ai l'honneur de vous saluer, Monsieur, et je vous (lirai que mon petit ouvrage, intitulé Lysinuiqne, court en manuscrit à Paris, tellement défiguré, mutilé et estro-
1. Le roi Stanislas les avuit fait a;îioij;er à suii académie de \ancy. (G.) '2. Communiqué par M. E. Charavay.
pié, ({u'il me fait pitié à moi-inèiue. Je consenlirois à le l'aire imprimer, si cet ouvrage ayant été présenté à voire Académie, je pouvois dire qu'il fût à moi; mais je me llatte qu'il lui appartient entièrement. Je vous prie donc, Monsieur, de pressentir l'Académie, pour savoir si elle permet que je fasse imprimer cet ouvrage à Paris ; et si je puis le donner.
Si vous pouvez trouver occasion de dire quelque chose qui puisse me rappeler dans le souvenir du Uoi', \ous me ferez bien du plaisir : je sens que si quelques ouvrages m'ont fait aujourd'hui quelcjuc espèce d'honneur, dans la postérité ses bontés feront ma gloire.
Je vous prie. Monsieur, de me conserver quelque part dans votre amitié. J'ai l'honneur d'être, avec des sentiments que je ne saurois assez vous exprimer. Monsieur, votre très-huij^ble et très-obéissant serviteur.
A Paris, ce 31 mars 1753.
Faites-moi le plaisir de voir M'"*" la princesse de Talmont, et de lui parler continuellement de mon respect.