‹ Œuvres complètes;Chapitre 306 sur 312 · A. insère ici la chanson suivante · texte numérisé non relu

A. insère ici la chanson suivante

Tous les plaisirs ont clos attraits.

Leur aspect, leur abord enchante!

Mais ils ne sont pas tous parfaits, C'est à savoir qui les enfante.

Ceux qui naissent d'un fol amour Sont pétulants, guindés ou fades; Los a-t-on vus dans leur beau jour, Après ils deviennent maussades.

Ceux que le vin tient à ses lois Ont un appAt des plus funestes ; Les connoît-on bien une fois, On s'en dégoûte, on les déteste.

Ki l'.Vmour s'unit à Bacchus, 11 en naît dos plaisirs aimables:

Ils sont riants, vifs, assidus, Caressants ot toujours affables.

Un cœur facile à s'enflammer Est plus heureux qu'on no peut croire ; Lo dieu du vin nous fait aimer; Le dieu d'amour excite à boire.

chuss la gaîté l'emporte surtout; mais Bacchus amoureux ordonna à sa suite de célébrer avec sa gloire, la gloire de l'Amour, et se mit lui-même à chantera

Si de l'Amour vos chants ne célèbrent les traits, Vos chants sont imparfaits, Et Bacchus les condamne ; • Buveurs, ne me chantez jamais Sans chanter Ariane.

Les Nymphes se joignirent au concert desSilvains pour chanter Bacchus, tandis qu'ils chantoient l'Amour. Le concert devint plus brillant, et ses accords rappelant au vin, le vin conduisit bientôt aux transports les plus vifs. Dès que la suite ne douta plus du triomphe de Bacchus, elle se retira pour laisser triompher Vénus.

Zélide m'olTrit un repas où les mortels sont admis à Paphos. Nous nous entretînmes longtemps de Bacchus et de sa cour ^ Je l'avoue, dis-je à la Nymphe, je m'étoisfait une image de ce Dieu, qui déshonoroit la Divinité. Je sais, répondit-elle, ce que pensent les mortels sur le culte du Dieu du vin. Chaque Dieu a ses autels, et chaque autel a ses faux prêtres ; la politique, l'ignorance et la corruption en forment tous les jours : peut-être ne connoîtroit-on point de vices, sans le pernicieux exemple de ceux que les Dieux choisissent pour les bannira

Les prêtres de Bacchus font naître les erreurs qui déshonorent son empire, ils le dépeignent privé de raison.

\. A. Elle veut qu'où préside Bacchus, etc. 2. Cette phrase et les vers suivants manquent dans A. ."î. Cette phrase manque dans A.

4. A. Sans les pernicieux exemples des prétendus sages qui sont choisi* pour les bannir.

et soutenant à peine les poids de sontyrse. Les Bacchantes, selon eux, montrent dans leurs transports plus de fureur que de gaieté. Silène, à demi mort, barbouillé de lie, n'inspire-t-il pas plus d'horreur que de vénération pour le Dieu que Silène a formé ?

Non, non, Diphile, ce n'est point là Bacchus, ce n'est point là sa cour. Bacchus conserve toujours les mêmes grâces qui touchèrent Ariane. Aussi tendre que brillant, c'est un Dieu à suivre, et non à craindre ; toujours agréable à Vénus, il ne connoît d'ivresse que l'ivresse de l'Amour.

Les Bacchantes enjouées raniment les Jeux et les Ris ; mais elles ne leur ôtent jamais leurs charmes.

Silène est un vieillard, dont Bacchus reçut des soins ; il éleva son enfance, et ce Dieu reconnoissant accorde à sa vieillesse toute la vivacité qu'il est capable d'inspirer. Et peut-on refuser la plus grande vénération à un Dieu qui met sa gloire à paroître toujours d'intelligence avec l'Amour?

Un buveur du mont Cythéron, qui ne connoissoit de culte que celui qu'on rend au Dieu du vin, parloit un jour des feux de l'Amour, comme les faux amants parlent des plaisirs de Bacchus ; car ils croient honorer le fils de Vénus en méprisant le Dieu du vin. C'est ainsi, disoit-il, en tenant sa coupe pleine ; c'est ainsi que je brave les traits de Cythère. Amour voltigeoit entre Céphise et son cœur. Tu crois me vaincre. Amour, disoit le buveur; apprends à respecter un Dieu plus fort que toi; cette coupe avalée va décider de ta honte et de sa gloire : il but, mais un regard de Céphise prouva bientôt au buveur que Bacchus aide souvent au triomphe de l'Amour.

Et qui mieux que moi, ajouta Zélide, qui mieux que moi doit connoitre le pouvoir et l'intelligence de ces

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Dieux charmants? Ils partagent mes vœux, et je mets mon bonheur à partager les plaisirs qu'on goûte sous leur empire. C'est de Bacchus que j'ai appris à aimer, et c'est de l'Amour. . . On vint avertir Zélide que Mercure descendoit, et que les nymphes alloient le recevoir.

Mercure tient le registre des Ombres qui se présentent pour passer les sombres bords. Messager des dieux, il vient de la part de Minos et de Radamante demander à Vénus quelles peines on donnera ^ à certaines Ombres dont la Déesse s'est réservé le jugement.

Eh bien. Mercure, lui dit-elle, avons-nous beaucoup d'amants constants à récompenser? Ils sont trop rares aujourd'hui, pour en voir souvent sur les sombres bords, répond Mercure. Il se présente au contraire un seigneur françois qui a toujours traité les amants constants d'amants bourgeois. Ah ! je corrigerai cet abus, reprit Vénus ; les bourgeoises de ce pays-là ont tant de disposition à imiter les grands, que si de semblables discours restoient impunis, on ne verroit plus en France d'amants constants. Qu'on assiège ce mauvais plaisant de douze Ombres provinciales que je vais rendre amoureuses de lui.

A ces provinciales, dit Mercure, joignez encore une vieille coquette qui a poussé les beaux sentimens jusqu'au quatorzième lustre. Non, je la veux punir. Se piquer si longtemps de galanterie, c'est déshonorer mon empire ; quand les Jeux et les Risse retirent, on doit quitter les Amours. Que toutes les Ombres galantes se contraignent pour lui faire des offres, et la tromper.

Si vous punissez pour avoir voulu plaire trop longtemps, reprit Mercure, quelle peine allez-vous donner à

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