DES GRANDS HOMMES DE FRANCE
Nous n'avons pas laissé d'avoir en France de ces hommes rares qui auroient été avoués des Romains.
La foi, la justice et la grandeur d'âme montèrent sur le trône avec Louis IX.
Tanneguy du Châtel abandonna les emplois dès que la voix publique s'éleva contre lui ; il quitta sa patrie sans se plaindre, pour lui épargner ses murmures.
Le chancelier Olivier introduisit la justice jusque dans le conseil des rois, et la politique plia devant elle.
La France n'a jamais eu de meilleur citoyen que Louis Xn.
Le cardinal d'Ambroise trouva les intérêts du peuple dans ceux du roi, et les intérêts du roi dans ceux du peuple.
Charles VIII connut, dans la première jeunesse même, toutes les vanités de la jeunesse.
Le chancelier de l'Hôpital, tel que les lois, fut sage comme elles dans une cour qui n'étoit calmée que par les plus profondes dissimulations, ou agitée que par les passions les plus violentes.
On vit dans La Noue un grand citoyen au milieu des discordes civiles.
L'amiral de Coligny fut assassiné, n'ayant dans le cœur que la gloire de l'État; et son sort fut tel, qu'après tant de rébellions il ne put être puni que par un grand crime.
Les Guises furent extrêmes dans le bien et dans le mal
\. Montesquieu a omis CharlpmaKno ici; mais voyez Vl\spril des Lois, liv. XXXI, ch. xviii; son portrait est fini. (Note des OEuvres posthumes.)
qu'ils firent à l'État. Heureuse la France, s'ils n'avoient pas senti couler dans leurs veines le sang de Charlemagne !
II semble que l'âme de Miron, prévôt des marchands, fût celle de tout le peuple.
César auroit été comparé à M. le Prince S s'il étoit venu après lui.
Henri IV... Je n'en dirai rien, je parle à des François*.
Mole montra de l'héroïsme dans une condition qui ne s'appuie ordinairement que sur d'autres vertus.
Richelieu fit jouer à son monarque le second rang dans la monarchie et le premier dans l'Europe; il avilit le roi, mais il illustra le règne'. »
Turenne n'avoit point de vices; et peut-être que, s'il en avoit eu, il auroit porté certaines vertus plus loin. Sa vie est un hymne à la louange de l'humanité.
Le caractère de Montausier a quelque chose des anciens philosophes, et de cet excès de leur raison.
Le maréchal de Catinat a soutenu la victoire avec modestie, et la disgrâce avec majesté, grand encore après la perte de sa réputation même.
Vendôme n'a jamais eu rien k lui que sa gloire.
Fontenelle, autant au-dessus des autres hommes par son cœur, qu'au-dessus des hommes de lettres par son esprit*.
Louis XIV, ni pacifique, ni guerrier : il avoit les formes