Pr.?mi?r mcHl-cin de Louis XV (U)J0-n
La France se perdra par les gens de guerre.
Je disois à madame du Châtclet : (( Vous vous empêchez de dormir pour apprendre la philosophie ; il faudroit au contraire étudier la philosophie pour apprendre à dormir. »
Si un Persan ou un Indien venoit à Paris, il faudroit six mois pour lui faire comprendre ce que c'est qu'un abbé commendataire qui bat le pavé de Paris.
L'attente est une chaîne qui lie tous nos plaisirs.
Par malheur, trop peu d'intervalle entre le temps où l'on est trop jeune et celui où l'on est trop vieux.
11 faut avoir beaucoup étudié pour savoir peu.
J'aime les paysans ; ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers.
Sur ceux qui vivent avec leurs laquais, j'ai dit : « Les vices ont bien leur pénitence. »
Les quatre grands poètes, Platon, Malebranche, Shaftesbury, Montaigne !
Les gens d'esprit sont gouvernés par des valets, et les sots par des gens d'esprit.
On auroit du mettre l'oisiveté continuelle parmi les peines de l'enfer ; il me semble au contraire qu'on l'a mise parmi les joies du paradis.
Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur.
Je n'aime pas les discours oratoires, ce sont des ouvrages d'ostentation.
Les médecins dont parle M. Freind dans son Histoire de la Médeeine sont parvenus à une grande vieillesse. Raisons physiques : 1° Les médecins sont portés à avoir de la tempérance ; 2" ils préviennent les maladies dans les commencements; 3" par leur état, ils font beaucoup d'exercice ; Zi" en voyant beaucoup de malades, leur tempéra-
ment se fait à tous les airs, et ils deviennent moins susceptibles de dérangement ; 5° ils connoissent mieux le péril ; 6° ceux dont la réputation est venue jusqu'à nous étoient habiles; ils ont donc été conduits par des gens habiles, c'est-à-dire eux-mêmes.
Sur les nouvelles découvertes, nous avons été bien loin pour des hommes.
Je disois sur les amis tyranniques et avantageux : « L'amour a des dédommagements que l'amitié n'a pas. »
A quoi bon faire des livres pour cette petite terre, qui n'est guère plus grande qu'un point?
Contades, bas courtisan, même à la mort, n'écrivit-il pas au cardinal de Richelieu qu'il étoit content de mourir pour ne pas voir la fm d'un ministre comme lui? Il étoit courtisan par la force de la nature, et il croyoit en réchapper.
M,.., parlant des beaux génies perdus dans le nombre des hommes, disoit : « Gomme des marchands, ils sont morts sans déplier. »
Deux beautés communes se défont; deux grandes beautés se font valoir.
Presque toutes les vertus sont un rapport particuUer d'un certain homme à un autre : par exemple, l'amitié, l'amour de la patrie, la pitié, sont des rapports particuliers ; mais la justice est un rapport général. Or, toutes les vertus qui détruisent ce rapport ne sont point des vertus'.
La plupart des princes et des ministres ont bonne volonté; ils ne savent comment s'y prendre.
Le succès de la plupart des choses dépend de savoir combien il faut de temps pour réussir.