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l'autre l'ayant pour trois vies, mais avec défense de la vendre.
11 me semble que la plupart des princes sont plus honnêtes gens que nous, parce qu'ils ont plus à perdre de leur réputation, étant regardés.
La corruption s'est mise dans toutes les conditions. Il y a trente ans qu'on n'entendoit pas parler d'un voleur dans Londres ; à présent, il n'y a que cela. Le livre de Whiston * contre les miracles du Sauveur, qui est lu du peuple, ne réformera pas les mœurs. Mais, comme on veut que l'on écrive contre les ministres d'État, on veut laisser la liberté de la presse.
Pour les ministres, ils n'ont point de projet fixe. A. chaque jour suffit sa peine. Ils gouvernent jour par jour.
Du reste, une grande liberté extérieure. Milady Denham étant masquée, dit au roi : (( A propos, quand viendra donc le prince de Galles ? Est-ce qu'on craint de le montrer ? Seroit-il aussi sot que son père et son grand-père ? » Le roi sut qui elle étoit , parce qu'il voulut le savoir de sa compagnie. Depuis ce temps, quand elle alloit à la cour, elle étoit pâle comme la mort.
L'argent est ici souverainement estimé ; l'honneur et la vertu peu.
1. William Whiston (16G7-1752), théologien et mathématicien, fort cclèhrc au dernier siècle par ses opinions et ses controverses religieuses.
On ne sauroit envoyer ici des gens qui aient trop d'esprit. On se trompera toujours sans cela avec le peuple, et on ne le connoîtra point. Si on se livre à un parti, on y tient. Or, il y a cent millions de petits partis, comme de passions. D'Hiberville, qui ne voyoit que des jacobites, se laissa entraîner à faire croire à la cour de France qu'on pourroit faire un parlement tory : il fut a\ igh, après beaucoup d'argent jeté, et cela fut cause, dit-on, de sa disgrâce. Les ministres de mon temps ne connoissoient pas plus l'Angleterre qu'un enfant de six mois. Kinski se trompoit toujours sur les mémoires de torys. Comme on voit le diable dans les papiers périodiques, on croit que le peuple va se révolter demain ; mais il faut seulement se mettre dans l'esprit qu'en Angleterre, comme ailleurs, le peuple est mécontent des ministres, et que le peuple y écrit ce que l'on pense ailleurs.
Je regarde le roi d'Angleterre comme un homme qui a une belle femme, cent domestiques, de beaux équipages, une bonne table; on le croit heureux. Tout cela est au dehors. Quand tout le monde est retiré, que la porte est fermée, il faut qu'il se querelle avec sa femme, avec ses domestiques, qu'il jure contre son maître d'hôtel; il n'est plus si heureux ^
Quand je vais dans un pays, je n'examine pas s'il y a
1. Leibnitz comparait le roi (l'Angleterre et son Parlement à un mari et à sa femme, dont les rapports pouvaient parfois ôtre tendus, mais qui étaient forcés de se mettre d'accord. (Foucher de (lareil, Leibnitz et les deux Sophies. Paris. I87<), p. 170.'
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de bonnes lois, mais si on exécute celles qui y sont, car il y a de bonnes lois partout.
Comme les Anglois ont de l'esprit, sitôt qu'un ministre étranger en a peu, ils le méprisent d'abord, et soudain son affaire est faite, car ils ne reviennent pas du mépris.
Le roi a un droit sur les papiers qui courent ', et qui sont au nombre d'une cinquantaine, de façon qu'il est payé pour les injures qu'on lui dit.
Gomme on ne s'aime point ici, à force de craindre d'être dupe, on devient dur.
Ln couvreur se fait apporter la gazette sur les toits pour la lire.
Hier, 28 janvier 1730 (v. s.), M. Chipin parla dans la Chambre des communes au sujet des troupes nationales; il dit qu'il n'y avoit qu'un tyran ou un usurpateur qui eût besoin de troupes pour se maintenir, et qu'ainsi c'étoient des moyens que le droit incontestable de S. M. ne pouvoit pas exiger. Sur les mots de tyran et d'usurpateur, toute la chambre fut étonnée, et lui les répéta une seconde fois ; il dit ensuite qu'il n'aimoit pas les maximes hanovriennes... Cela étoit si vif que la Chambre eut peur de quelque débat, de façon que tout le monde cria aii.r voi.i\ a(in d'arrêter le débat.
Lorsque le roi de Prusse voulut faire la guerre à Hanovre, on demanda pourquoi le roi de Prusse avoit soudain