‹ Œuvres complètes;Chapitre 95 sur 312 · C'est-à-dire 1(! dernier précédenl · texte numérisé non relu

C'est-à-dire 1(! dernier précédenl

4. C'est-à-dire le gouvernement du Roi, Ir niinislère. r.. iT-l[).

qui faisoit que, les seigneurs et le clergé se joignant, le roi étoit toujours battu. Henri VII permit aux seigneurs d'aliéner, et le peuple acquit : ce qui éleva les communes. Il me semble que le peuple a eu, sous Henri VU, les biens de la noblesse; et, sous Henri VIII, la noblesse a eu les biens du clergé. Le clergé, sous le ministère de la reine Anne, a repris des forces, et il s'enrichit tous les ans de beaucoup. Le ministère anglais, qui vouloit avoir le clergé, obtint de la piété de la reine Anne qu'elle lui laisseroit de certains biens royaux, comme la première année du revenu de chaque évêché, et quelque autre chose, montant à quatorze mille livres sterling par an, pour suppléer aux pauvres bénéfices, avec cette clause que les ecclésiastiques y ont fait mettre : que tout bénéficier qui demanderoit l'application de partie de cette somme, seroit obligé d'en mettre autant de son bien pour augmenter le revenu du bénéfice; et de plus, il a passé qu'on pourroit donner à l'église, même pas testament ; ce qui a abrogé l'ancienne loi, et fait que le clergé ne laisse pas de s'enrichir, malgré le peu de religion de l'Angleterre. Le ministère wigh n'auroit pas fait cela; mais il n'a pas osé le changer, car il a toujours besoin du clergé.

Je crois qu'il est de l'intérêt de la France de maintenir le roi en Angleterre, car une république seroit bien plus fatale : elle agiroit par toutes ses forces, au lieu qu'avec un roi elle agit avec des forces divisées. Cependant les choses ne peuvent pas rester longtemps co:nme cela.

Là où est le bien, est le pouvoir ; la noblesse et le VII. 13

clergé avoient autrefois le bien, ils l'ont perdu de deux manières : 1" par l'augmentation des livres au marc (le marc de trois livres, sous saint Louis, étant peu à peu parvenu à li9, où il est à présent) ; 2° par la découverte des Indes*, qui a rendu l'argent très-commun, ce qui fait que les rentes des seigneurs, étant presque toutes en argent, ont péri. Le roi a surchargé les communes à proportion de ce que les seigneurs ont perdu sur elles ; et le roi est parvenu à être un prince redoutable à ses voisins, avec une noblesse qui n'avoit plus d'autres ressources que de servir, et des roturiers qu'il a fait payer à sa fantaisie : les Anglois sont la cause de notre servitude.

Il y a dans cet ouvrage^ un défaut qui me semble celui du génie de la nation pour laquelle il a été fait, qui est moins occupée de sa prospérité que de son envie de la prospérité des autres ; ce qui est son esprit dominant, comme toutes les lois d'Angleterre sur le commerce et la navigation le font assez voir.

Je ne sais pas ce qui arrivera de tant d'habitants que l'on envoie d'Europe et d'Afrique dans les Indes occidentales; mais je crois que si quelque nation est abandonnée de ses colonies, cela commencera par la nation angloise^.

i. C'cst-à-dirc rAnicriqne.

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