Paix constante
^ \ Philantropie collective et individuelle ;
X Y Unité d'action sociale.
Tels seront les effets de l'Association dans les périodes 7,8, 9. Le tableau de ces biens réduit au rôle d'antiquailles très-dangereuses, toutes nos conceptions sophistiques décorées mal-à-*propos du nom de nouveautés , puisqu'on n'en voit résulter sur tous les régimes que les neuf fléaux lymbiques énoncés (SI ) , et les quatre so-^ ciétés qui engendrent ces neuf fléaux.
54 IHTRODOCTlOIf.
J'ai démontré que Tàge moderne, malgré aes subtile» disCinctions sur le sens et le pouvoir des mois , a |Nns le mot nomeauté pour la chose, et s'est prévenu contre le bien qu'il aurait dû solliciter. Ce n'est té; qu'une desmifle duperies où il est tombé par sa foHe confiante aux sciences iocertaines; et surtout par l'étourderie de ne pas as-r treindre les sophistes à une épreuve locale sur un petit terrain , avec clause de petne afflictive pour celui dont le» théories seraient reconnues trompeuses , et entretiendraient les neuf fléaux civiKsés au lieu de produire les neuf bienfaits sociétaires (55).
Nous sommes bien moins tolérants sur des duperies de médiocre importance et qui ne touchent qu'à l'intérêt pécuniaire. Par exemple : si un marin pour se donner du relief, s'avisait de changer les noms d'un Archipel comme celui d'Otahitij et qu'il vint au retour annoncer dans Londres la découverte d'une cinquantaine d'tles nouvelles, remplies de mines et blocs d'or; s'il engageait les aroMiteurs à équiper des vaisseaux , les charger d'étoffes et denrées en échange desquelles ces insulaires donneront des blocs d'or à profusion; si enfin, sur son assertion , Ton expédiait force vabseaux , et qu'on le récompensât d'avance par une sinécure bien rentée ; quelle serait l'indignation iorsqu on verrait l'année suivante , les vaisseaux revenir, et annoncer que te prétendu Archipel nouveau n'est autre que tel groupe d'ites d{^ bien connues, et où l'on ne trouve ni blocs d'or ni débouchés commerciaux l
Sur ce rapport, chacun opinerait à punir le trompeur » le priver de ses fonctions lucratives, l'envoyer aux galères, et peut-être au gibet qu'il aurait bien mérité ; cependant il n'y aurait dans cette mystification , que plaie d*argent, lésion en affaires d'intérêt.
Les doperies sociales causées par de vicieuses théories, sont bien autrement préjodiciables : un système erroné en politi^, peut engager k société dî9^ns des.révolutions qui coûteront des fleuves de sang ; c'est à quoi tendent sans cesse les faux novatemrê y qui ne mettent en seine que la civilisation affublée d'un autre masque. Au lieu dé' la douce fraternité qui , depub 1795» a perdu son crédit , i6 présentent aiqourdliui des perspectives de richesse' nationale » de balance » contre-poids , garantie , équilitH*e : après un funeste essai de ces sornettes politiques, oq reconnaît qu'elles ne sont toujours que la civilisation avec son cortège de neuf fléaux radicaux ,
Indigence, Fwrberie, Oppression, Carnage, etc. (51), et qu'au lieu de méthode curalive , ces auteurs de vieilleries travesties ne savent qu'enveoimer les antiques plaies, doqt l'humanité ne peut espérer de guérison que dans une invention qui lui ouvrira une issue des lympes sociales, une issue du labyrinthe civilisé, barbare et sauvage.
Appliquons ce principe à quelqu'un des fléaux récents comme les dettes publiques. Pense-t-on que l'Angleterre puisse jamais se libérer de sa dette sans le secours d'une nouveauté? Loin de là : elle se verrait sous peuentratnée dans des guerres dont le résultat serait l'accroissement de h dette, si toutefois il est possible de l'accrottre sans être forcé à la banqueroute.
Il en est de même des autres états qui se flattent d'amorf«r •'^ à la vérité, ils opèrent chaque année une petite réduction bien imperceptible; misérable palliatif, résistance ilhisoire aux progrés du mal! le compare ces amortissements à la prétention des enfants qu'on voit souvent élever une petite digue en cailloux pour barrer le Rhin ou le Rhône; et vraiment ils barrent un instant le bord
56 INTRODVCTION.
du courant , mais la moindre yague emportera leur frêle ouvrage. Tel serait le sort des systèmes financiers; une bonne guerre viendrait inopinément bouleverser les menus calculs d- amortissement, balayer tous les systèmes de restauration ^ et forcer tous les gouvernements à des banqueroutes , ou à des redoublements d'imp6t qui feraient éclater de nouvelles révolutions. Contre cette calamité, tous les préservatifs deviennent inutiles , si on laisse envenimer te vice principal, lu pénurie fiscale, que t*état des choses tend malheureusement à aggraver en tous pays.
Les états européens, et surtout l'Angleterre, sont donc tous réduits à désirer une véritable nouveauté, pour se délivrer du fardeau insupportable des dettes publiques.
Mais par le mot véritable nouveauté , j'entends une invention qui présente garantie contre la fraude, un procédé susceptible d'^épreuve locale et partielle, une opération étrangère aux afialres politiques, admissible sous tous les gouvernements , sous Tlnquisition même , car elle ne s'ombragerait pas d'améliorations en culture et en économie domestique. J'entends surtout une opération qui bornée à Tindustrie, ne puisse présenter aucune chance d'intervention aux brouillons déooagogiques ; telle sera l-ÀssoGiation agricole, absolument étrangère à tous ces systèmes, dont les auteurs n'ont d'autre but que d'agiter le monde social, se mettre en scène pour obtenir quelqu'emploi , et rire aux dépens des dupes qui ont pris uh échafaudage de belles phrases pour de la nouveauté.
Depuis si longtemps que l'autorité et le monde policé sont abusés par les jongleurs , on n'en a jamais puni aucun : semblables à Grispin , qui justifie ses pilules et ses assassinats par le mot medicus sum, les sophistes politi-
l»tRObUGTIOff. 57
ques ont une sauve-garde assurée dans le moi phihsophus sum. Faut-il s'étonner que depuis vingt-cinq siècles , ils aient préféré la facile carrière du sophisme , à celle des inventions où ils auraient pu échouer malgré de pénibles travaux.
La précaution de punir les jongleries systématiques , les charlatans qui promettent la nouveauté sans jamais la donner, aurait valu double avantage aux modernes: délivrer le corps social des agitateurs littéraires, et tourner les esprits à la reeberchedes théories vraiment neuves et salutaires. Pour peu qu on eût réprimé les historiens politiques, on aurait obtenu en nouveauté, la chose au lieu du mot : letir impunité est cause qu'on n'a obtenu que le mot au lieu de la chose, et que le monde policé reste embourbé dans la civilisation , dont il aurait depuis longtemps trouvé l'issue , st l'autorité eût forcé les perquisitions en assujettissant les auteurs à l'épreuve locale; et à la punition , en cas que leur théorie ne réussit pas à ex*tirper, en tout ou en partie, les neuf fléaux de civilisation.
Les gouvernements civilisés commencent à entrevoir leur duperie, et se défier enfin des sophistes qu'ils avaient encouragés dans l'antiquité et même dans le cours du dernier siècle. Aujourd'hui, désabusés par les équipées révolutionnaires, ils reconnaissent que les systèmes de perfectibilité, avec leur masque de nouveauté, ne sont toujours qu'un réchauffé dé vieilles chimères qui ont ensan>: glanté le monde. Mais en disgraciant ostensiblement ces sortes d'écrits, onleur assure encore deux encouragements indirects : l'un est l'impunité, garantie aux théories contradictoires avec l'expérience ; l'autre est la défaveur jetée sur les nouveautés , quand il faudrait au contraire les provoquer, proscrire les antiquailles philosophiques, et n'ad-
58 nfTRODiTCTioir.
mettre à l'épreuve que les théories qui, par des procédés absolument neurs, garantiraient une issue de cWilisation.
J'ai dû m'appesantir sur cette duperie des modernes, qui diffament d'arance le bien qu'ils ne savent pas obtenir , et qui redoutent la nouveauté sociale qu'on leur a mille fois promise et jamais donnée.
Quant aux sophistes, s'ils avaient eu quelque bonne foi, ils auraient depuis longtemps suspecté leur science d'après les démentis que lui donnait rexpèrience; ils se seraient ralliés à l'opinion d'un de leurs coryphées, Socrate, qui regardait en pitié ses propres lumières, et disait modestement, ce que je sais, c'est que je ne sais rien.
Il ne voyait déjà dans la philosophie qu'une vaine science; qu'en aurait-il pensé s'il eût été témoin comme nous de ses bévues modernes, des tourmentes révolutionnaires , et des scandales mercantiles : monopole , dettes publiques, banqueroute, usure, agiotage et autres maux que la philosophie prétend adoucir, et qu'elle empire de plus en plus ; semblable à ces médecins ignorants dont le malade est réduit à déplorer las services.
C'est à regret que je débute ici sur un ton désobligeant pour deux classes de savants, les économistes et les politiques : mais l'Association industrielle est une opération si opposée à leurs théories, que l'auteur se compromet-^ trait à chaque instant s'il essayait de transiger avec les doctrines des philosophes.
Après tout , qu'importe à ces savants la chute prochaine de leur science ! Gr6it-on qu'ils en soient sincèrement les apôtres? Loin de là, ils en connaissent mieux que d'autres les ridicules; et quoiqu'ils soient engagés par état à la soutenir, elle leur est secrètement odieuse , par la flétrissure dont l'expérience vient de la frapper :
mnoTOCTiOH. 59
elle est pour eux un fardeau plus pesant que n'est TAtlas sur les épaules d'Hercule; ils n'aspirent qu à déserter décemment les drapeaux de cette yieiUe sirène » qu'à s'ouvrir une carrière plus honorable et surtout plus lucrative.
D'ailleurs, il reste aujourd'hui très-peu de philosophes en titre; on trouve des continuateurs» mais aucun chef de secte comme les Maton et les Âristote , les Rousseau et les Voltaire. Ainsi, en attaquant la science, on ne heurte guère les disciples actuels qui sont bien ralientis, et peuvent s'isoler d'une rêverie dont ils sont commentateurs et compilateurs, mais non pas auteurs. Nul doute qu'ils ne sacrifient volontiers la controverse antique et moderne , les 400,000 tomes de philosophie , pour une science neuve et utile qui ouvrira des voies de fortune subite au genre humain , et aux philosophes mêmes que l'Association va combler de richesses pour l'utilité de leurs talents oratoires, tout en réprouvant leurs doctrines.
S'il est vrai, comme l'assurent ces savants, que leurs volumineuses théories n'aient d'autre but que la recherche de la vérité; ils ont dâ présumer que cet amas de systèmes deviendra inutile du moment où la vérité sera découverte , et où l'on connattra le moyen delà faire dominer en la conciliant avec l'amour des richesses, en la rendant plus lucrative que la pratique du mensonge. Uft tel eflfet ne peut avoir lieu que dans l'Association dont on n'osait pas même soupçonner la possibilité. Au premier essai qui en sera fait sur un hameau de quatre cents villageois, on se convaincra que l'amour dés richesses tant diffamées par les sophistes , devient le meilleur garant du règne de la vérité, dans le régime sociétaire.
Dès que ce régime sera organisé sur une petite réunion^ de quatre cents personnes , on verra se dérouler le plan
60 IRTRODUCTlOn.
de Dieu sur l'emploi des passions , sur leur concours arec l'industrie et la rérité. A cet aspect, la raison humatne sera confondue d'avoir douté de l'universalité de la providence ; et d'avoir pensé que Dieu avait créé nos passions, sans leur assigner un mécanisme dharmonie industrielle et sociale.. En voyant ce bel ordre , ee concert d'inégalités graduées, les sophistes n'auront plus qu'à s'humilier ; et l'athée même saisîd'un pieux enthousiasme, courra au temple s'écrier avec Siméon : c Seigneur, j'ai » assez vécu, puisque j'ai, vu le chef-d'œuvre^ de votre «sagesse : l'harmonie sociétaire des passions, 1» voie » d'unité et de vérité que vous avez préparée pour le » bonheur de tous les peuples. »-
ARTICLE m,
Iblëréis s|téciaux de l'ADglcterrc et de la France.
Gardons -nous d'enthousiasme, dans une discussion où il ne faut apporter que de la justesse arithmétique.. Posons sévèrement les* thèses qu'il faudra démontrer aa sujet de l'Association..
l'ai- plusieurs fois répété, comme redite nécessaire, que les études se réduiront à prendre connaissance d'une seule opération qui est la série passionnelle unitaire ; qu'il suffira d'apprendre à former et développer les séries; apprendre comment une réunion d'associés inégaux en fortune, doit disposer ses travaux domestiques et agricoles, pour produire, consommer et distribuer par séries.
Le premier effet digne de notre attention dans le mécanisme des séries passionnelles, c'est le triplement de produit ; le moyen d'obtenir un revenu réel de 300,000 fr. sur tel terrain qui n'en rend que 100,000 en civilisation :
INTROBUCTION. 61
je ne décrirai pas d'avance les biens qu'on ya deroir à cet accroissement de ricbesse, chacun peut les entrevoir; je m'arrête seulement à celui qui est promis en tète de cet article, c'est l'extinction subite des dettes publiques; faisons-en l'application à la France.
Elle produit estimativement 4 milliards et demi en industrie civilisée et morcelée; elle produira donc de 13 à 14 milliards en industrie sociétaire ou combinée. Cet accroissement de fortune sera presque subit» car FAsso^ ciation une fois éprouvée et démontrée sur un village > se répandra ensuite avec la rapidité de réclair. On est si unanime en amour de gain !
Sur ce revenu de 13 à 14 milliards , l'impôt estimé aujourd'hui un milliard avec les 128 millions de frais, etc., s'élèverait donc à 3 milliards. Le gouvernement pourra bien le réduire à moitié, soit 1,500,000,000; et c'en sera assez pour éteindre les dettes subitement , car une dette est liquidée quand les époques de prochain paiement et les intérêts sont si bien garantis.
Entre-temps,- la nation devenue colossalement riche par le triplement de produit , s'enrichira encore de la réduction des impôts à moitié. Dans cet état de fortune , elle offrira au souverain l'abonnement général : une somme annuelle de 1,S00 millions fournie par trimestre , à jour fixe et sans frais , par chaque canton versant dans le cheflieu de sa province.
(11 est inutile de répéter les différences de la valeur réelle et de la valeur représentative ; voyez pour cet objet la page 1.)
Le fisc épargnant les 128 millions de frais, etc. , et beaucoup d'autres dépenses , tant de la guerre que de la marine , n'aura pas plus de 500 millions de charges
62 INTHODIICTIOR.
réelles, pour 4,500 mîUions de rentrées; il verra donc son revenu élevé tout à coup au triple relatif, par Topération qui aura réduit de moitié la masse des impôts.
Voyez la note (0 ci*bas, sur les intérêts et bénéfices des agents supprimés.
Je cite cette merveille entre cent , pour intéresser le lecteur à ce mécanisme des séries passionnelles, d'où naîtront tant de prodiges. Il en est un «itre dont il faut faire mention sans délai , et qui concerne spécialement les nations endettées.
L'ordre sociétaire, tout en triplant le produit réel de l'industrie, fournit en outre une ressource particulière pour acquitter gratuitement la dette publique de la nation
(i ) Voici, diront les critiqaes, un étrange siget d'alarme pour les agents du gouvernement. Vous allez soulever contre vous tous ses employés , si vous parlez d'une amélioration qui doive causer des suppressions d'agents fiscaux, militaires et autres.
Tant s'en faut que ce soit pour eux un sujet d'alarme , la sup> pression tournera entièrement au profit des agents congédiés^ ils y trouveront mutation cumulative et triple bénéfice; jugeons -en par application a la France.
Si la dépense est réduite \ 500 millions par les suppressions, et que le souverain se trouve rente à i,500 millions d'impôt, il aura amplement de quoi satis&ire les agents congédiés, tout en affectant le nécessaire à l'extinction progressive de la dette publique ; il leur conservera donc \ tous leur traitement en viager» J'y vois et ils y voient eux-mêmes triple avantage, savoir :
±^, Emoluments maintenus et dispense d'exereerla fonction qui deviendra sinécure^ titre bonorifiqae.
a<>. Garantie du traitement perpétuel , si incertain aujourd'hui TU les suppressions fréquentes causées par les luttes de parti. Cette garantie comprendra tous les bénéfices licites', fournitures, droits, remises et profils tolérés.
S^». Bénéfices des nouvelles fonctions attrayantes, auxquelles
iNTiiODVCTiOiir. 63
qui aura pris rioitiati?e , en fondant le canton d'épreuve. Quelqu'ènorme que puisse être cette charge, excédâtelle le eofosse de dette anglaise , qu'on évalue à âO milliards, et que j'estime 34(0, elle sera soldée gratuitement et d'emblée par un transfert dont il n'est pas temps de donner connaissance ; et qui sera expliqué dans le^ cours de cet ouvrage (2^. tome). Il transformera la dette de la nation libérée en une créance aussi solide que le meilleur domaine, et la dégagera de l'intérêt comme du capital qui sera remboursé en entier la iO^. année.
Cet aperçu , dont les démonstrations seront fournies à fà rigueur, doit piquer d'émulation les états grevés d'une forte dette publique, notamment l'Angleterre qui succombe sous le faix.
Tagent supprimé pourra vaquer dans l'état sociétaire, ou abonderont les emplois lucratifs pour tout individu de la classe qui a quclquVducation.
11 y aura donc en réalité triple bénéfice pour tout agent congédié; mutation d*emploi et cumul de triûtement. Aussi tous ceux à qui on en détaille le compte, expriment-ils aussitôt le vœu d'être supprimés a ces trois conditions bien préférables à Tavancement qu'ils peuvent espérer.
D'ailleursj chacun a-t-il de Tavaucement assuré en civilisation? Combien de fonctionnaires ont plutôt la déchéance ^ redouter : le ministre même peut-il se flatter d'être en place Tannée suivante P
Ce sont donc les agents mêmes du gouvernement qui sont dans le cas de désirer Tépargne de leurs fonctions , et raccroiisement de revenu qui en résultera peureux ; la dispense de fatigues , responsabilité , etc.
(i) Vingt-quatre milliards, dont 20 en budget fiscal ; 2 en dettes communales; 2 en dettes consciencieuses ou froissements de révolutions, et spoliations non encore prescrites.
61 INTRCmUCTlOM.
Tel est le prix assuré à la cootrée qui prendra Tiuitia- Uye de rAssocîatioD , et à qui le inonde sera redevable de son aténement à cet état fortuné. Une puissance qui» avant que la théorie d'Association ne soit découverte , emploie cinq cents familles en essais sociétaires, doit*elIe hésiter à employer le septième de ce nombre , soixante ei dix à quatre-vingts familles» à l'épreuve de cette association» lorsqu'enfin le procédé en est inventé? S'il est prouvé dans ce traité » qu'une épreuve si facile peut dégager mbUemmt et gratuitement la nation anglaise d'un fardeau de 24 milliards de dettes» quels seraient ses regrets, si elle venait à manquer ce coup de partie en se laissant devancer dans la carrière ?
Cette palme lui semble d'autant mieux dévolue» qu'un de ses savants » Newton, a préparé les voies au calcul de l'Association» par la découverte de la théorie d'attraction matérielle.
Newton» en démontrant que Tat traction matérielle a la propriété de régir l'univers en harmonie» donnait à présumer que l'Attraction passionnelle dont on n'a jamais fait aucune étude» couvrait aussi quelque grand mystère. C'est de quoi l'on va prendre connaissance dans la théorie de Association » qui n'est autre chose que le calcul analytique et synthétique de l'Attraction passionnelle.
Outre l'imminence d'une banqueroute qui serait inévitable dans le cas de nouvelle guerre » d'autres motifs de circonstance invitent l'Angleterre à prendre l'initiative; j'en vais remarquer trois tirés :
10. De l'exploration de l'Afrique; â<>. De l'état précaire de l'Indostan ; 30. Des tentatives de passe au nord.
1<>. L'exploration de l'Afrique. On ne sait trop quel
INTRÛDOCTIOir. S5
appÀtouquelieinstructionsecrète, dirige tant de voyageurs anglais yers l'intérieur de l'Afrique. Les corps savants ne voient dans ces expéditions que curiosité louable, et zèle pour le progrès des sciences; d'autres estiment que ces nombreux voyageurs sont commissionnés pour le servie^ des spéculations commerciales; d'autres enfin croient/ avec quelque raison, que l'Angleterre cherche à s'emparer des nombreux Potoses que recèle l'Afrique intérieure; et qui, étant tous intacts, fourniraient une proie immense à une puissance européenne qui pourrait les découvrir et se concerter avec les roitelets du pays pour l'exploitation en partage de bénéfice.
Le triste sort de Mungo Parek et de tant d'honorable» voyageurs employés à ces expéditions , doit tourner les vues de l'Angleterre vers le moyen qui lui est offert. L'Association par sa propriété d'attirer et fixer subitement les Sauvages à l'industrie, policera en moins de cinq ans' tous les Africains demi-barbares, ou pleins barbares. Si donc l'essai de fondation est fait en 18ââ, on peut assurer qu'en i827 les voyageurs pourront parcourir l'Afrique intérieure en pleine sûreté, et y trouver partout des nations plus hospitalières que les civilisés, gens hospitaliers jusqu à la bourse.
II resterait à expliquer & qui appartiendront les mines d'or africaines, lorsque le pays sera policé et accessible à tout le monde : chacun va répondre qu'elles appartiendront aux indigènes, qui, une fois policés et initiés aux sciences, pourront bien exploiter leurs mines sans recourir aux Européens.
Solution erronée et qui ne sera point admise en congrès d'unité sphèrique. En effet, les nations que l'ordre socié* taire va élever à l'état policé, les Africains que l'Associa-
66 inTBODifCTicm.
Uoo délÎTrera et de la traite des Nègres et de tant d'autres pendcutKHia» seront redevables d'une libéralité quelconque h leur bienfiiitèur . Mais sw quoi devra-t-oaasseoir œlteprestaiton^ sinoa sur les [Nropriètës neutres convue les milles intactes? Elles n'appartieenent à persoûue, puisqu'elles n ont jamais été exploitées par les souyeraios mêmes qui ont tant d'esclaves à leurs ordres ; la prescrii^ tbu d'abandon est assez constatée par la non exploitatiofi.
Dèa*brs toutes ces mines , soit d^ Afrique, soit d^Aus* traUe» seront par décret du congrès d'unité^ sphèriquOt affectées en demi-part du produit & récompenser la puis* sance fondatrice, Angleterre ou autre; et ce seraaoqitttter une dette générale sans rien prélever sur personne;
Au reste, l'Association aura bien de plus puissants moyens pour récompenser ses fondatenrs; je ne m'arrête à parler de celui*ci, que parce que le cabinet anglais paraît en av<nr fait un objet de spéculation.
2e. Uétat ptétmire de l'Indostan. Un empire de- Sâ milKons d'habitants est une possession très-bonne à conserver. Cependant, il est plus que probable que si l'état civilisé et barbare se prolonge» l'armée anglaise finira par une catastrophe semblable à celle de Yarus et de tant d'autres , qui , confiants en leur tactique , ont péri dans un piège de Barbares ou un piège de climats* Les Hindoux, à force d'être battus, apprendront l'art de la guerre; quelque transfuge disciplinera leurs fourmilières. Il n'y a pas si longtemps qu'une poignée de Suédois faisait fmr des nuées de Russes; il n'a bllu qu'un homme pour élever les Russes au niveau des Suédois. Les Hindoux auront, outre cette chance, le climat qui viendra à leur secours, et qui peut-être les dispensera de s'aider de la tactique régulière : lorsque dans une campagne d'été , le
uvmoMJcrioir. 67
Ghotéra-Morbas asira bt^paè f armée anglaise , il sera facile aux indigènes de l'accabler.
L'Angleterre préviendra ce fkcfaeux dénooement , en accélérant rayènement à f ordre sociétaire, rtndîqoerai dans les 3®. et 4®; tomes, par quels moyens ce nouret ordre garantira immuablement à la dynastie anglaise » eit ûos etifniiative de fbn40tian, son sceptre d'Indostan, sans qn'il soit besoin de le soutenir d'im seul bataillon.. (Test une affaire qui concerne pettt->ètre le sourerain plus que la nation anglaise , je ne sépare pas teurs intérêts.
3®. Les tentatwes de pasieau Nwd, que les capitaine» Ross» Parry et autres , ont récemment cherchée dans ta baie de BalBn.
On peut h ce sujet présenter une belle chance à l'Angleterre. Elle promet pour la découverte d'une passe au Nord, 25,000 iiv. sterl., soit 625,000 fr. au change de 25; si on y ajoute lés frais qu'ont coûtés les six expédflions envoyées, à cette recherche , on peut estimer é 40,000 Kv. sterl. , soit un million de francs, le prix qu'attache l'Angleterre à la découverte.
Elle va obtennr les deux passes de Baffin et do cap Sibérien à bien plus bas prix; car dépenser m million ou avancer un million, c'est grande différence: et il sera prouvé dans cet ouvrage, que si FAngleterre foit l'avance d'un million pour la fondation du canton d'épreuve de TAssocialion, elle aura en moins de dix ans les deux passes du Nord aussi praticables que l'est aujourd'hui la Hanche.
A la vérité ce ne sera que pendant les cinq mois de Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre; mais les deux passes ne seront pas moins ouvertes à la navigation avec pleine sûreté pendant ces cinq mois , et même en Avril et Octobre dans les parages au-dessous du 75?. degré.
68 INTRODCCTlOir^
Je vais traiter ce sujet dans ooe grande note qu'il cou-» rient de détacher de Tintroduction; et comme la question de passe permanente au Nord se lie au problème de triple récolte » il faut expliquer d'abord ce que j'entends par triple récolte , qui sera l'un des bienfaits de l'Ordre sociétaire.
Supposons une amélioration de climatures telle que la mauvaise saison du 45®. degré (Lyon et Bordeaux) soit réduite à six semaines, de la mi-décembre à la fin janvier; de manière que les arbres au 45®. degré ne se dépouillent que du 1®^. au 15 décembre» que la végétation se rétablisse pleinement au l®!*. Février, et continue sans interruption, sans frimât s de Mars ni Lune Rousse*
Dans ce cas , la moisson des céréales se ferait à Lyon et Bordeaux avant la fin de Mai, comme en Barbarie.
Dès les premiers jours de Juin, l'on pourrait semer des légumes et objets de prompte venue ; et dans le cas de température à commande , variée sans excès , on verrait arriver à maturité au bout de deux mois , ces légumes formant la deuxième récolte.
La troisième, semée dans le courant d'Août , germerait avant Septembre et serait recueillie dans le courant' de Novembre. '
Objectera-t-on que la terre serait épuisée par cette fréquence de semailles ? Non : les terrés-, après la restauration climatérique et l'avènement à l'état sociétaire, auront trois secours qu'elles n'ont pas aujourd'hui : l'affluence et l'excellence des engrais; les labours en défoncément (méthode Fellenberg), puis un secours phjs précieux, celui d'une température graduée et fréquem-^ ment variée, qui fera abonder les sels, aujourd'hui ap^ pauvris et absorbés par les excès climatèriques.
IllTR01>ITCTI01f« 69
Dans les estimations données sur le produit de FAssoeiation , j'ai tablé sur la température actuelle ; mais à spéculer sur la restauration climatérique , le produit de Tordre sociétaire s'éléyera, en mode simple, au quintuple au lieu du triple. Cette restauration devant être lente et successive , on ne la porte pas en compte du bénéfice subit.
Il reste à expliquer comment Tétat sociétaire , en modifiant l'atmosphère par une culture intégrale du globe , nous fera obtenir ce bienfait des températures à commande; c'est-à-dire si heureusement variées et proportionnées, qu'elles sembleront obéir à la baguette magique.
Ce problème, je l'ai dit, se lie À celui de passes praticables au Nord. Il existe déjà une de ces passes; l'autre est peut-être, à l'heure qu'il est, reconnue par le capitaine Parry. Mais il s'agit de les dégager de leurs montagnes de glaces ; opération qui donnera à la fois les deux passes et la triple récolte.
Il faut consulter à ce sujet la grande note A (pag. 85); comme elle traite amplement des passes du Nord, et que ce sujet ne concerne que les marins, les armateurs, les physiciens, les géographes et les agronomes, j'ai dû l'isoler des discussions qui sont de compétence générale.
Je suppose que les lecteurs ont hi la note A, ils en conclueront que la découverte de l'Association semble arriver tout à point pour satisfaire à tous les besoins et réaliser tous les projets de l'Angleterre ; ou bien que la situation politique et les plans de l'Angleterre semblent disposés tout exprès, pour assurer au monde l'épreuve subite de la découverte d'où dépend son bonheur.
C'est donc à l'Angleterre que cette théorie doit être
70 iirriLODiiCTtOBi.
dédKèe él recommandée» Je ne disUsgue pas ici entre le Roi et la Nation» puisque Fun et l'antre ont dans cette aflEaire des intérêts distincts et des intérêts communs.
Le Roi, intérêt distinct, par le besoin d'assurer à sa dynastie le sceptre héréditaire du bel empire de i'In-dostan.
La Nation, intérêt distinct^ dans l'ouverture prochaine des deux passes de la Mer Glaciale.
Enfin le Roi et la Nation, intérêt commun à l'eitinetîon gratuite de la dette , et A l'acquisition des mines d'Afrique en participation.
Voici donc pour la politique des voies de grandeur et de richesse positive. Jusqu'ici on n'avait spéculé que sur les voies négatives, sur le moyen d'appauvrir ses voisins par des. rançons de monopole, de balance conmerciale et d'extorsions mercantiles. Une science récente^ l'Économisme, a engouffré notre siècle dans ces sordides calculs, dans une politique malfaisante qui ne favorise que les spoliations de toute espèce, depuis les pirateries d'Alger jusqu'aux pirateries des agioteurs » non moins scandaleuses. Les auteurs de cette science n'ont sans doute pas eu de telles intentions; il n'est pas moins certain, que leurs théories sur la richesse des nations, n'ont accrédité que les rapines légales et les infamies mercantiles ; et que de tous les égarements de la raison , il n'en est pas de plus funeste que celui des doctrines d'Éoonomisme , qui ayant pour tâche de s'occuper de l'Association, base de toute économie, ne se sont occupées qu'à établir, au lieu d'Association, le morcellement industriel, et par suite la pauvreté et la fausseté.
Je vais dans les prolégomènes attaquer ces erreurs qui ont abusé le plus éclairé des siècles : les modernes, ici,
sont d'auUnt plus cottpâUes, que la théorie de Newton les tneUail sur la voie; elle eicii»t è acliever l'ètadede rAttraelto», à passer du calcul de la matériette & celai de la passiomielie, dont la synthèse détermine le procédé d'Association domestique agricole. Celte étude étant un nouveau monde scientifique » et ses tableaux un sujet d'é-^ ionnement , comparable à celui que les découvertes de Colomb et de Gama causèrent au 15^. siècle, j'invite le 19®. ,à se rappeler la faute commise envers les Colomb et les Galilée , é considériM" qu'un inventeur est nécessai*rement en discord avec tout son siècle ; trop heureut le i9®. , si le léger affront d'une contradiction scientifique lui garantit la fin prochaine des misères humaines , l'avènement à Tunité universelle et aux destinées heureuses.
La transition sera prompte, et c'est un avantage précieux pour la génération actuelle, qui , harassée par une tourmente révolutionnaire de trente ans, a besoin de jouir sans délai. Les régénérateurs de 89 nous promettaient le bonheur pour nos arrière-petits-neveux; ici la chance est bien différente : les aïeux mêmes , les octogénaiïres , pouvant toujours se promettre quelques awiées de vie , seront assurés de jouir du bonheur sociétaire ; d'en voir au moins l'aurore et l'effet le plus brillant , qui sera ta métamorphose subite et la stupéfaction générale.
J'use du mot stupéfaction , car on ne peut pas caractériser autreinent la honte et le dépit dont les esprits seront frappés en voyant le mécanisme sociétaire ; leur confusion d'avoir douté de la Providence, d'avoir pensé qu'elle avait oublié de composer pour nous un système de relations industrielles et domestiques , apte à régulariser l'essor des passions, et à pourvoir aux besoins du peuple dans les diverses classes.
72 mTRODVCTioir.
En voyant ce bel ordre, rènonnité de richesses qu'il produit f et la beauté des accords qu'il sait tirer des passions les plus dédaignées, quelle sera la déconvenue des sophistes» à qui la multitude ne cessera de redire : c Vous » qui étiez oracles du bonheur des nations , et enfoncés » dans les profondeurs de la science, comment n'y avez- » vous pas vu qu'il y a un Dieu ; que sa providence doit » s'étendre à tout, principalement aux relations hu- » maines , et que la tâche de la raison était de chercher » et déterminer le code industriel que ce Dieu a fait pour » nous ! »
L'aspect des effets merveilleux qu'offrira le canton d'essai,
4^. Triplement de richesse réelle, ^. Attraction industrielle , 3<>. Concours mécanique des passions, X Unité d'action , suffira pour transformer les Sybarites mêmes en ouvriers actifs qui voudront coopérer aux dispositions qu'exigera la fondation de leur canton.
Ainsi, l'imitation générale sera, figurément parlant, aussi prompte que l'éclair. Le premier canton fera sur les trois sociétés, Civilisée, Barbare et Sauvage, l'effet d'une étincelle dans un magasin à poudre ; elles seront absorbées simultanément, et au bout de cinq ans le globe entier sera organisé : la Civilisation le sera au bout de trois ans.
Cette opération , si bien adaptée à l'impatience des Français , ne sera pas , sur annonce , goûtée de leur nation. Elle méprise les inventeurs nés en France; elle n'estime leurs découvertes que lorsqu'elles ont passé la mer et qu'elles reviennent en costume anglais. Les Fran-
nfTROMJ€TH>N. 75
^8 ne Yettlem accueillir aucaoe invention dansf sa naissance, et reveBdi^iWBl aprè^ coup louies les déeouvertes : sonl^ib de bonne foi quand ils pfèlendenl,
Qne la yaccine attribuée à Jenaer est d an Français nonudè Bàbatid;
Que le bateau à vapeur mis en scène par Fulton , est d*on Français nommé le comte de Jouffroy ;
Que l'enseignemeBt mutuel, a^rii des écoles de Lancastre, est d'un Français nommé Saint-Paulet, elc- etc.? Que Be revendiquent-ils pas? Le i^giat en France conteste les plus mbimes trophées. La soupe économique, dite Soupe Bun^ord, était , au vu et su de l'Eurcf». Une invention du comte de Mumford; personne ne hn disputait cétie médiocre palme ; et voilà qu'un Parisien BOUS prouve ^ en 18i8, qile ceUe soi^e est due è un apothicaire de la Rochelle^
On attribuait à Bacon l'hooMur d*un arb#e encyclopédique; oA se Irisait : un autre Parisien nous apprend, en 1818^ que cet arbre est du sieur Sém^ny de Methel.
iM Français, en tiMtiére de plagiat, ne s'épargnent pas plus enli^eux qtfils n'épal^gnent les étrangers; témoin la ruche pyramidale, disputée à M. du ùmédic , et tant de procès scanddeux sur les larcins littéraires.
Les plagiaires sont si actifs, qu'ils se déttasquent sou-> vent par précipitation. En 1817, un NeuchAtelots se signaM M^lardoz, annonça une découverte sur le mouvement perpétuel : aussitôt un Parisien réclame et s'en attribue l'honneur. Depnt»cetefla|>£^, on n'a entendu parler ni du Neucbfttelois, ni du Pari«en; preuve de^la sincérité du réclamant.
D'autre part , s'il entte en scène un <diartatan, chacun «'accordée le prôner. En 18lfl,unliftbteur nommé Chaiu 4
74 iiKiitObtC'riôK.
fnas, se disaDt inventeur dd mouvement perpétuel, parcourait la France avec une mécanique &iâ leviers coudés : elle était artistement construite, et la tricherie bien gazée : il la montrait pour uq écu. Plusieurs journaux de Paris en firent Téloge ; mais il alla à Genève , où la fraude fut aussitôt reconnue.
Telle est la France : on n'y trouve que dètraction pour les inventeurs , et protection pour les charlatans. L'histrion Gagliostro y fit de nombreux partisans.
On peut , au sujet de ces démêlés de plagiat^et de revendication , inviter les Français à opter sur l'alternative suivante.
Si les revendicateurs , comme HM. Rabaud, de Joufffoy, Saint-Paulet, etc., sont les vrais titulaires, la France est par le fait détractrice de ses inventeurs , en les astreignant à obtenir une épreuve en pays étranger , avant d'être accueillis et brevetés dans leur patrie.
Si ces revendicateurs ne sont que plagiaires, la France est par le fait protectrice de tout plagiaire qui veut enlever aux étrangers le fruit de leur génie. Elle ferait mieux de protéger ses hommes de génie , que de spéculer sur la spoliation des étrangers.
Lequel des deux rôles est celui de la France? Je ne sais, mais à coup sûr c'est I'uq des deux; et d'après les trois revendications que je viens de citer, et qui ont trouvé plein accueil à Paris, la France est systématiquement ou détractrice des siens , ou plagiaire des étrangers. C'est à elle à opter sur l'un des deux torts; et peut-être estelle coupable de tous deux. On doit donc fort peu compter sur elle pour l'épreuve de l'Association : je vais pourtant examiner ses intérêts spéciaux dans cette affaire.
Il est bien indifférent, quant au produit territorial de la
IllTIiOl>UCT10N. 75
France, que Tordre sociétaire soit fondé par toute autre puissance : du moment où la théorie aura été éprouvée sur un yillage et sanctionnée par Texpérience , toutes les nations en profiteront également , et tripleront leur produit industriel aussi bien que la puissance fondatrice.
Mais il n'est pas indifférent de gagner le prix de fondation , surtout pour les deux puissances les plus endettées , Tune de 24 milliards , et Tautre de 12 : et si je n'a?ertissais pas les Français de la mystification dont ils courent le risque, ils pourraient me reprocher d'ayoir agi en malintentionné, d'avoir abusé d'un travers de leur nation pour la laisser tomber dans le piège ; car ce sera pour eux un véritable trébuchet que la raillerie, et même le délai; en perdant le temps h gloser ou disserter, tandis que d'autres agiront, ils manqueront le prix de fondation.
C'est les bien servir que de hasarder quelques aveux désobligeants, pour les préserver d'une fausse démarche. Si je leur donnais de l'encens dans cette dédicace, ils n'en feraient aucun cas ; ils en sont rassasiés. Sur cent ouvrages nouveaux , il en est quatre-vingt-dix-neuf qui pro* diguent les bouffées d'encens à la nation française : je ne suivrai pas ce banal usage , n'ayant ni goût ni aptitude au rôle de flatteur: je me bornerai, selon VËvangile, à leur rendre le bien pour le mal.
Un inventeur français ne peut , au début , espérer dans sa patrie que les trois lots suivants :
i . Etre diffamé ^ar (es Zolles, dés la publication.
i. Etre spolié par les plagian-es, après la publication.
3. Etre ensuite accusé de larcin par ceux mômes qui l'auront spolié.
En dépit de cette malignité de la France , je sers ses JQt4«
76 INTHOPOCTIOM.
rets. Elle trouvera, dans le cours de cet ouvrage, un chapitre qui déoioutrera qu'un baisemain de 12 et de 24 miliiards ne sera qu'une tuigatelle pour le congrto d'unité jphérique : s'il j^att & la France de sacrifier ce prix au sot plaisir de railler atant d'examiner ; si elle néglige les intérêts de tant d'individus qu'ont dépouillés les révolutions; «i enfin elle voit passer le prix à d'autres, eUe n*aura à se plaindre que d'elle seule ; eUe ne pourra pas dire , selon l'usage : 41 m avmt su, si vws miez parU, jet autres excuses de mauvais plaisants, qui, une fois dé* «appointés, veulent rejeter encore sur autrui les disgrâces dues à leur propre sottise.
Après avoir exposé les intérêts et chances des deux nations les plus endettées, il est inutile que j'étende l'exar men aux nations dont le fardeau est bien inférieur , eine s'élève qu'à 2 ou 5 milliards en engagements fiscaux, communaux etcoo^eiencieu^. Je me borne & dire que la icarriére est également ouverte à to«s , et que non-seulement les petits souverains > mais les simples particuliers peuvent y prétendre, en s'étabUssant chefs de la souscription actionnaire de fondation. Je ferai connattre plus loin les récompenses personnelles que doivent espérer les fondateurs; |e nai parlé que de celle qui touche au besoin le plus iv'gent, é l'aqfmtlement 4es dettes publiques : je traiterai, dans le cours de l'ouvrage, des récompenses
Terminons par un avis propre à rassurer ceux qu'éblouit l'immensité des perçpectitea sociétaires. Cn baisemain de 24 milHards ; mais où les prendre , s.'écrie-t-on ! C'est presque le montiant de tout l'argent momayé qui circule sur le globe. Qu'importe le rc^^sentatif , pourvu qu'on obtienne la valeur réelle, une masse de denrées
INTRODtfCTiOR. 77
iaiaDl aujourd'hui 84 miliianls ? Exaifiînbns ce cpi'elle Coûtera au globe unitarisè.
Neuf cent mfllioDS d'habitants, à quime cents par can-* too y fdot m cent miRe cantons ou phalanges d'harmonie. Ce nombre nniltiplié par 40,000 francs donne Yingt-^qua-^ ire milUards. Mais une subvention de 40,000 francs par canton, même k la supposcfr founiie eh dedrèês ei en dit termes, nesera^-t-'^ene pas bien onéreuse? TaYÔne qu'elle fie serait & présent , ne fût-elle que du quart , que de iO,000 franbs : mais attendons le détail des produite énormes de l'état sociétaire, él nous Verrons qu'il pourra, en l'an 1830, prélever cette valeur de 40,OÛO francs par canton , sur telle branche de revenn dont aujourd'hui un bourg de 4,500 habitants ne saurait pas tirer 4,000 francs ; sur les œufs de poule. J'en donnerai la preuve détaillée dans le corps du traité.
D'ailleurs, sera-t«-il besoin de recourir aux cantons ou phalanges ndnstrielles pour aGquitte^ subitement cette dette? J'ai supposé la voie de cotisation ; mais on aura des ressources bien autrement brillantes , el dont une seule, celle de la éolonisatioh par annuités, donnera en 300 ans le békiéfiee monstrueux: et cent fois monstrueux de' quatre mflle milliards, à recouvrer successivement par le éongrès d'unité sphèHque. On verra , aux chapitres spéciaux, la démobstration trés*arithmétiqu6 de cet époutantabfe bénéfice, dont, à la vérité, H ne rentVei^à qu'en-' tiron vingt miffiaf ds par année, pendaàt le cours des deux siècles qui suivront la fondation; et cette rentrée des annuités coloniales commencera 42 ans après les premières émigrations d'essaims sociétaires. Or, que sera une petite charge de 34 milliards, pour une puissance qui aura de s^ prodigieux trésors é recueillir en valeur réelh ?
Quant au devis des Golonisations , j'invite les récalcitrants à prendre la plume et le compas ; ils pourront mesurer sur la mappemonde un espace vacant de pkis de 3 millions de lieues carrées (à 20 au degré), espace apte à comporter trois millions de phalanges qu'on fondera au fur et à mesure d'accroissement de la population. Si la fondation de chaque phalange et la vente à un essaim doivent donner 2 millions de bénéfice» on aura en gain totaU
jrnsr î «•««•««•'«>•'«'
six mille milliards , sauf à démontrer en détail ce gain de deux millions, sur chaque phalange que la hiérarchie sphérique livrera toute fondée aux colons émigrants.
Chacun de ces cantons du produit annuel d'un million, sera remis à Fessaim pour cinq millions, dont trois en paiement des édifices et des fournitures agricoles et manufacturières, plus deux en bénéfice affecté aux dépenses de la hiérarchie sphérique. A ce compté, les essaims auront l'avantage de celui à qui on vendrait un domaine du produit de iO^OOO francs net, pour âO»000, payables en douze termes annuels ; ce serait, pour Facquéreur un placement à 20 pour cent , plus Fa^ntage des délais d'un paiement gradué en 12 annuités. Les essaimsqui traiteront sur ce pied , feront donc un briHant marché , et c'est sur cette généreuse condiiion que- la hiérarchie sphérique asseoira un bénéfice que nous venons d'estimer six mille, et que je réduis à quatre mille milliards. La démonstration se bornera au compte détaillé d'un seul canton.
J'aurai à décrire, dans le cours de l'ouvrage-, une foule de ces bénéfices gigantesques pour les» souverains et les savants. C'est le ressort que Dieu a dû se ménager pour
émouvoir la cupidité ciirilisée, et assurer à la théorie sociétaire, dés son apparition, la faveur des contrées qui, pressées comme KAnglelerre par une dette insoutenable, ont besoin d'une source de richesse imprévue et d'un secours ultra-cmlisë : elle peut déjà entrevoir que le transfert de sa dette de 24 milliards, sei*ait une bagatelle pour la hiérarchie sphérique ; mais je me suis réservé d'indiquer, à l'article poulailler, une ressource aussi plaisante qu'imprévue pour l'acquittement subit des 24 milliards^^
au surplus, la hiérarchie sphérique, une fois organisée/ né voudra pas attendre cette ressource ; la gratitude l'em-^ poflera, et le genre humain sera impatient de reconnais-^ sance envers ses bienfaiteurs, envers la puissance ou compagnie fondatrice. Le paiement sans délai sera décidé par vote général : les six cent mille cantons devenus trèsopulents en 4820, et pourvus à cette époque d'un revenu qu'il faudra estimer en valeur réelk à 1,000,000 ou 1,200,000 francs par cantoii, donneront donc à peu près un centième du produit de leur année (i). Peut-on douter qu'ils ne consentent avec joie à ce petit sacrifice , pour se reconnaître envers la puissance à qui ils devront leuF richesse, leur bonheur, et la garantie perpétuelle de ce bonheur à leurs descendants et à toute l'humanité? Une
(i) On peut observer que si un canton d'une forte lieue carrëe doit donner un million de revenu en harmonie , somme qui supposerait le produit de la France élevé à 20 milliards , le bénéfice sera donc quintuple et non pas triple , je le sais ; mais ceux qui auront lu la note A y auront vu que l'Association , a ne spéculer que sur Tordre simple, doit déj^ élever le produit au quintuple , en cumulant le bénéfice de gestion sociétaire avec le bénéfice de restauration climatériqae.
80 mTiiowcTiOH*
pareSle dette powraH être ëhuièe par difl eiviliaés* geo» aussi ingmis que fripons; mais les himiaiiia e» passant i rAssoi^tion» aeqpiierront, outre les riohessne matèritHes, la fichasse morale dont îh sont si dépûarms aiqouré'haî» las TertoB dont on ne troiife qpa h inaafae «• aivilisatiott : elles ne saoraient y régner , parée ^'dlea n^y eondutsant pas à la fortune dont allés dnfiendronfc te ehemin dans l'ordre sociétaire.
Il serait imprudent de présenter trop tôt ees perspec* tiyes de vertu coneSiée ayee la fortune^. Feffet semblerait romanesque : bomonso-nous à ràppftt le pitis oonrenable À un siècle mercantile , et promettons dans oet apM^ du produit sociétaire, des démonstrations rigoureusemeni arithmétiques. Noos en auross do mémoforee- sur la métamorphose morale, sur le triomphe universel des vertus, de la jusUee et de la vérité. Le ealoul diss Séries passion-' nelles est mathématique sur Fesaor des passions, comme sur les produits de Findustrie.
Possesseur de cette théorie, je me trouve dans la situation d'mi^ homme q«y au siècle d^Anguste, aurait inventé la poudre à canon el |a boussole, et qui , au lien de se hâter de- les oommunifDmr, aurait passé 90 ans à en calculer les emplois tels que Tartillerie et la mine: on Faurait jugèfiefl& ebarlàtan, si, après ees 9& années de recherches , \t se fût présenté aux ministres d'Auguste , tenant à sa maiu une eartoudie et une boussûle> et qu'il teur eût tenu ee discours t
« Je vais, avec là matière contenue chus ce brin A o ri oH >» (la poudre), changer la tactique des Alexandre et des y César ; je puis avec. cette matière faire sauter en l'air » le Capitole (par une mine); foudroyer lès villes d'une M lieue de loin (par la bombe et la ooulevrine); réduire è
mnoftircTioli. Bi
* mittule ûMBDiëe la ville de Rome ea un monceau de » décombres (par TexplostoD d'une masse de poudre )( t dètraire à 500 toises de distance toutes vos légions
> (parrartillerie); égaler le plusfeftle soldat au plus fort » (par la monsqueterie ) ; porter la foudre dans mes goos*
> sets (par le pistolet de poche) : en6n je pois, aveo cette 1 autre gimblette (la boussole)'» braver dans Tobscorité 1 les orages et les écueih , diriger le yaisseau aussi sûre* » ment qu^en plein jour, et Torieiiter partout où on ne
> verra ni ciel ni terre. » A: ce discours » les graves per* sonnages de Rome ^ les Méoènë et les Agrippe » auraient pris rinventeur pomr un visionnaire; et pourtant il n'aurait promis que des- effets trés-possibles, et connus aujourd'hui des enbâtft môm^s ; îi n' am*ait pas exagéré d'une syDabe sur les emplois de ses d^ix découvertes.
II en est ainsi des deux théories qiie j'imiionce » KAsso- ~~^ oiatîon agricole et l'attraction passionnée: ces deux inventions , qdi tiennent Tmie à l'autre et ne pouvaient pas être faites l'une sans l'autre y me mettent dans le cas de promettre une foule de mervetHes, dont la moindre fait^ orier au yisionnaîre» et qui sous peu » ne sembleront plus que des effets trés-naturels et intelligibles m moindre' enfant. Tout s'expliquera^ je l'ai déjà dit^ par un seul ressort qui est là Série passionnelle substituée à la mféthode morcelée » dont le genre humain n^a reeueiOl qo^^in-^ digence, fourberie, oppression^ carnage : celte niélhede^ après avoir pendant 3,000 ans dédionoré la raison bu-^maine , va tomber devant leïik>ia sociétaires de ta raison divine.
On les expliquerait brièvement et sans préambule » à des peuples qui seraient neofii et exempt» de préfngéi scientifiques : mais des esprits obslrués de oe» doctrines ,.
83 IlITRODVCTieif^
sont rèlîfs à la vérité, et il faut de loôgs efforts pour les ramener dans la voie du sens commun.
Ainsi un architecte a bien moins de peine à construire en plein champ , que sur les débris d'un vieux château tombé en ruines et dont il faut prèalaUement déblayer les décombres.
Tel est Tétat où se trouve la raison civilisée ; c'est un terrain obstrué par ces vieilles et immenses ruines qu'on appelle systèmes philosophiques. L'esprit humain, obscurci par les préjugés que ces doctrines ont amoncelés, s'est habitué à envisager toute la nature à contre-sens de son but, qui est rharmonie ou unité (ondée sur la dualité d'essor (56).
Nos controverses politiques , morales et économiques n'ont établi que des opinions hétérogènes avec les principes d'unité ; elles nous ont habitués à pienser :
i^. Que le mouvement, l'uni veris, la divinité , sont de nature simple et non pas composée; qu'il y a monalité et non pas dualité dans leur essor.
2<>. Que la providence est limitée , partielle et non unîyerselle ; qu'elle est incompétente en direction du mouvement social.
3<^* Que l'homme est un être simple, exclu d'unité avec l'univers, exclu de la tutelle divine en relations sociales.
40. Que le coiitrat social doit être un pacte insidieux, sans garanties réciproques , efficaces et individuelles.
5^. Que nos passions sont nos ennemis ; ce qui suppose que Dieu qui les a créées, est aussi notre ennemi.
60. Que la raison suffit à elle seule pour réprimer et diriger les passions, quoiqu'elle lie puisse pas même réprimer celles des distributeurs dé raison.
7^. Que le régne de la justice et de la vérité doit
s^ëtablir par le mépris des richesses perfides , et non par la recherche des découvertes négligées et de la répartition proportionnelle.
X Que les moyens de fa nature en harmonie sociale sont bornés. aux effets connus, comme la Civilisation , la Barbarie , la Sauvagerie ; ce qui suppose la nature passionnelle réduite à la monalité d'essor et Tindestructibilité des fléaux lymbiques.
On remplirait- des pages de ces monstruosités dogmatiques^ saiBsaniment jugées par la génération actuelle qui vient d'en subir l'épreuve ; elles ont abouti é remettre en scène les controverses démagogiques de l'antiquité , et y ajouter des immondices très-modernes, comme le maté-^ rialisme et les dictionnaires d'athées, scandales que n'avait pas donnés l'antiquité. Elle n'avait pas non plus mis en honneur les infamies mercantiles; fourberie, usure, agiotage, banqueroute, etc. , pleinement triomphantes aujourd'hui sous l'égide de la philosophie mo-' derne.
Il est donc évident que la raison civilisée, arec ses jactances de perfectibilité, est dân^ une dépravation croissante, c Quand les choses en sont parvenues à ce 1 point, dit Gondillac, quand les erreurs se sont ainsi 1 accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre
> dans la faculté de penaer; e'est- 4'auilifir t^ut ce que' 1 nous avons appris y de reprendre nos idées à leur ori- 1 gme, et de refaire, dit Bacon, r entendement humain.
> Ce moyen est d'autant plus difficile qji'on se croit plus 1 instruit. >
Conformément i l'avis de Goodillac et Bacon» je vais , dans les prolégomènes , procéder d'abord à l'atlaque des' erreurs dominantes^. C'est une tftche qui n'exige pas d»'
94 mTa<min;TioaR;
talents oratoires 9 ii w faut qoe d« $^m wvamm pwr h remplir; il ne faudra de mftipe que da aeiuk Gooamiia e( de rarithmètique pour comprendre ta théorie de TAm^cia^ tion, et reconnailre qae les sciences qui Tantent Tinduitrie morcelée ou état familial» sont des Siréoes^ qjGu, sous le masque dc^ solUeUude pwr le bbir de» peuples > s'ao^ cordent à nous fermer toutes les voies de découvertes utiles et d^avénement aux destinées.
Je ne saurais trop redire qu'en attaquant les sciences incertaines» |e aattaque pas leurs auteur»^^» 4 qui ma découverte assure» au contraire» une fortune subite. Personne n'est coupable de spéculer sur le sophisme comme sur tout autre branche de commerce toléré ; Ie& torta des sciences retombent uniquement sur Tétat civîTisé » qui ne sait pas utiliser le génie en provoquant les inventions; puis sur le préjugé ^ qui nous persuade que cette société désastreuse est la destinée ultérieure de rhoflame» et que Dieu n a rien su inventer de mieux pour organiser lea re^ lations humaines : comment un âge qui slionore d^avoîr restauré la Religion, adopte-t-il des. préventiona si outrageantes poqr la sagesse du. Créateur î .
NOTE A mwt le* PMMieii 4kwk Novd et l|i irfi^e vécoiae»
L'ouy^rture d#s passes du. Nçrd e| la fusioo, de, leqrs gli^ÇÎers permaoents , sont pour les agriculteurs et les marins , TafTairedu plus pressant intérêt. On ne trouye dans les sciences connues, aucune théorie sur cette restauration climatérique : j^en ai resserré le plan 4ans cette noie, un peu loogoe en apparence, ei bien eoorte eu ^gard k TinporUiDoe de sonois^«
Il importe k totues les puissances du Nord de s*ouvrir une
pasM par la Mer GUcâdb : mm «ii«iia« d'dbi «le fiul conmo rAngkterre da e&rts poor y parrcnir» lia Rnaûe mêmt « «i ini^ r«6sée k se frayer cette roots^ ne panît pas a^eo ooeiiper; tandis que rAngleterre y aflBeete un prix maguique dn 600,008 francs , et des expéditions dispendieuses;, total, 1,000,000 da fraaca ou 40,000 lir. sterling.
Il s'agit de démontrer que cette somme, aitan^ie poov fimder rAssoeîatioa (je ne dis pas iSpenÊéêif mais senlemenl cmame^ arec héùéBct assuré de 100 pour 100 au qmmbs, pour k csfîial actionnaire), que cette somme , dis^je, sufiita pour «irrir )i FAn» gleterre et au monde entier, non pas une passe tmpralieafrie, mais deux passes p/etnemeul praiiû^hleê par la Mer Glaciale et le de'troit de Bebring.
L'An^terre frit^eUe des rechevdiea de pive corioaité , ou bien rent^elle se {wocurer une passe emnmmrmmU.êi amiêraiU f Si telle est son intention , comme on n'en doit pas donfeer, elle seoatt frustrée mAme dans le cas d*eibtaiee de la passe de Baffin ; car il paraît qne le détroit qu'a franchi Le capitaine Pa«ry , git par les f 5* ou yâ*" ; quli l'ouest de ce détroit , il y a beaucoup de glaces ; et qu'on ignore encore si, de k an déteiât de Bebring, il ne se trourera pas qudqoe péniosnb on promontoire ajancé jusqu'à fS**, et opposant an passage de nenvelles difiicnlt^ , iadépendaitt* ment de celle du détroit qui peut, dans les élés fribles, devenir tris-^difficile \ franchir. Les cartes les plus réoentes marquent un obstack k 71^ : ne se prolonge-t-«il pas au de& ?
Tout compensé, ladite passe, en cas qa'elIeeiistQ, ne vaudra pas miei»^ que «dk de Sibérie par le cap Gévérorestochnoi et le cap Ssalagioskai*
En outre, dans Tétat actuel de congéktion des régions pokires, aucune des deux pea&9 ne peut remplir k but pnbttqœ ) k ga-* rantk itw» route commerekle» d'une Tok prtÊêie^Ueei ossi»f n^k k 50 pour 100 mi plus.
En efiet, d'après k lableaia desdangers sana nombre encourus par les eapitaioes Ross , Parry et autres, et des nmiTCiiix péids qtt*ik «raiem ii essuyer de la part des gkcea entre k nouyelk passe et k.détreil de Bduring*; on peut ooiqecturer que sur quatre na*yiifs employés a ce périlleux trajet , il y en Mrait trois de perdus
86 iNmoDtcYioN^
ou cribla d^avaries. On ne troayerait donc pas d'assureurs pour cette route, li moins des trois quarts de la valeur, soit 75 pour cent; àès lors elle ne serait pas route commerciale, mab voie aventureuse et folle quW serait prudent d'interdire.
Expliquons le moyen de s*ouvrir les deux routes , non par des actes de te'mërité nautique , mais par des opérations physiques sur l'atmosphère , qu'il est aisé d'adoucir de 20 k 28 degrés dans ces parages. A ne tabler que sur 20 degrés, les points les plus aTancés> comme le cap Gévéro, gbant par 7^", équivaudraient ^ 88* pour la température , pendant les mois de jour polaire; et on fi^nchirait les deux passes aussi aisément, aussi sûrement, que celle de la Baltique par Gothembourg et le Sund,
Les glaces , quelqu'eiïrayante que soit leur masse de six cents lieues de diamètre , ne sont qu'un obstacle temporaire : cette barre n'est pas plus inamovible que celle qui avait récemment masqué la côte de Groenland , et obstrué le canal d'Islande : on a vu , en mars 1819, débacler ce rempart de glace qui devenait désespérant par son accroissement , et qui avait depuis 120 ans enveloppé et anéanti une malheureuse colonie de 20,000 Danois. Il s'agit donc d'opérer par effet de l'art sur la totalité des glaces, comme la nature vient d'opérer sur cette portion qui masquait le Groenland ; et de faire fondre et d^acler, sinon en entier, an moins en grande partie , la croûte des glaces polaires arctiques ; les réduire tellement , qu'elles ne soient pas plus gênantes en été pour lés côtes d'Amérique et de Sibérie, que ne sont les ghcesantarctiques pour les pointes d'Australie et d^Afrique.
La réduction des glaces polaires arctiques ne tient qu'à échaufibr et modifier une atmosphère de 600 lieues de diamètre : qu'y a t-il de gigantesque dans cette prétention P L'homme sait bien opérer sur des colonnes atmosph^iques de 1,000 et 2,000 lieues de diamètre; les infecter de miasmes putrides, pestilentiels, épizootiques, dont le germe borné a quelques atomes dans son oHgine, envahit parfois un espace de 2,800 lieues de longueur; témoin la peste du 14'. siècle qui s'étendit de la Chine jusqu'à l'occident d'Europe, et moisonna un tiers de la population de l'ancien monde. Cette infection était l'ouvrage de l'honiffie : ne peut- il donc pas exetoer en bien sur un diamètre de 600
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lieues, rinfluence qu^il eâferoe en meU sur un diamètre de 2,000 lieues ?
D^ailteurs serait-ce une nooyeautë qu'un radoucissement de température aux régions polaires? N*est-il pas constant qu'elles ont joui autrefois d'une climatnre fort douce , et même chaude , puisque les éléphants y habitaient , et qu'on y ?oit leurs ossements d'autant plus abondants qu'on s'ayance davantage yers le pôle ? J'expliquerai quand il en sera temps celte énigme, sur laquelle on a débité tant de contes absurdes, et je prouverai qu'il est plus d'un moyen d'échauffer les régions polaires et de les rendre habitables.
De ces divers moyens je n'en veux exposer qu'un soûl , dont l'appréciation est ^ portée de tout le monde ; c'est le raffinage atmosphérique par voie de culture intégrale du globe.
La thèse n'est point neuve; il n'y aura de neuf que les développements imprévus que je vais lui donner. Je ne spéculerai que sur l'évidence matérielle, sur des faits bien notoires et bien intelligibles, sur l'extension du travail agricole d^^ exercé avec succès par l'Europe , l'Indostan et la Chine.
On sait combien la température de ces trois régions l'emporte sur celles des autres contrées du globe en salubrité , bénignité et moyens de fécondité ; ailleurs , la végétation est contrariée par des excès perpétuels : de Ik vient que la vigne ne peut pas croître sur les coteaux de la Pensylvanie, située en même latitude que Naples, et qu'elle prospère k Mayenoe , ville située 10 degrés plus haut, mais sous une atmosphère déjk raffinée, qu'on appelle climat faiioa formé.
Il faut, pour dégager les deux passes du Nord des glaces qui les obstruent, élever le globe entier k cet état de climat fait ou pleine culture ; on y gagnera la fusion des trois quarts des glaces du Nôrd^ et un adoucissement de climatnre de trente degrés, comparativement aux atmosphères brutes, comme celles de Sibérie, Haut- Canada , Australie : on y gagnera dé plus une garantie de températures nuancées , mitigées en froid et en chaud , exemptes d'excès et de transitions subites» et comportant an 45*. degré trois récoltes haUtuelles; au €0*., 2 au moins ; les S récoltes do 45*. réparties comme il suit :
88 urrato^rânoir.
i'*. Semilkt de noTcmbr», rteueiUies t» eoiirtiit do mai.
SI*. Menus l^umes semés fin mai , recuiilis fin juillet. LtAam' em défonoem$ni,
S*. Semailles d*aoftt recoeilUes en norenbce.
La triple résolte ne sera^pas due k on acoreissementde elialeor, ce mof e» serait tris<»ilkiSQire ; Texoès de ckaleor «t sa oentinnit^ paralysent la t^^tatien ; le bénéfice tient k Aimât des températures bien nuancées par des zéplûrs et des pluies féeondantet ; me plsie d'un mois, one chaleur continue d-on mois ^sont égaiemeni le fléau des cuhuree.
Il est connu que si on pouvait jouir d*une température ï com«mande , ou rariante r^uli^ de pkies et olialears sans excès, les Téséunx croîtraient presque ar yne d'osîl ; on obtiendrait lot S ré* coites plus Êicilemcnt que ia simple ^ si souvent contrariée par les excès , surtout par celui de la Lune^Rousse, funeste k la fVance.
Tel sera le frmt de la culture oniverseUe aidée da mécanisme sociétaire (périodes 7 et 8, sériisme simple et composé). On en verra naître line climatnre méthodiquement raffinée dans toute réchelle atmosphérique.
L'Angleterre procurera ce bénéfice an globe entier, si elle veut sérieuaoDent s*oovrir les deux passes du Nord. Dissertons snr cette opération, sur les indices et voies de succès : je réitère que malgré le mervttUeux de cette perspective » je ne mettrai en jeu qu^on ressort bien connu, bien éprouvé, qui est Tagrienlture, mais sociéuire et non morcelée; car la mm^oeléo raine bien viteks climatnres après les avoir quelqoe temps amélioréeSé
Il est plus qu'avéré que les défrichements penveot raodffier la températnro) qu^elle est, comme les terras, un champ livré k rindustrie humaine; que nos cuhores, si elles sont exercées avec intelligence, peuvent tempérer de 13 dsgrëi une annosphère, et faire jouir le SO" degré d'une climature de M"; comme aussi réduire un 5S* s'il est mal cultivé, h la climature d'un BO* bien cultivé.
Appuyons^nous de démonstratîona pérempieires s je saie que les hommes instruits n'en ont pas besoin sor des vérités à palpables, mais le vulgaire peut en exiger; je vais done éuM^la preuve sur six villes très-remarquaUes qui sont:
nmmvcTKUi* 89
Au 40*. Napltt, Philadtlpliie elPëLio.
Au 47*. Qucbec , (*) Toofs* ou Para et Astnuun*
Commoiçoiis par le$ pamllèUs do 47* degré eu abnotplîère bratectenrafin^.
Glum» coimnt fe beau oHmat de la Tooraittt appelée jardk de la Franee: il n'est pas ^us beaa que ne sent en Franoe d'autres climats de même degrë; la Touraine a seulement le relief d'Itre arrosée par un grand fleure et trois belles ritiires navigables ; mais le préjugé veut se créer des beautés climatériques \\ ob il n> en 9 pas. Bref, la Touraine esc un climat tempéré , oli les froids annuels n'excèdent guère 10 k Ift degrés de Réannuir. Les yiUcs d*Astracan et Qadiec sont su» la mâne ligne , b^47* de latitude, et pourtant ces deux villes épronrent des froids ^aox k celui de Pétersbourgs le thermomètre y descend oommunémeot k 50*, er en Ta vu dans Astraean descendre \ 57*,. froid pk» nf qne celui
dePétersbwnig*
Ge n'est pas que ces deiK villes ne soient placées en bon terrain : Astraean est renommé pour ses Bielons et se» toisons ; Québec est de même un pays fiiTorable k la culture ; mais l'une et l'autre ville sont contres k des déserts immenses et prolongés b l'infini ; dks participent nécessairement de la ten^rature des déserta qn^elles avoisinent; et cet incident réduit en blver Astraean vitte de 47* au climat des villes du 60* et même Ai 05*, comme DnmAenB et Vasa.
{*) Je confonds ici Tours et Paris , villei lU températnre iden^ tique, mal^é la diffërencQ d'environ 3 degrés ; il y a bien plus de disparate; climalériqùe entre Paris et Eloucn , quoi<}tte la difierence de leurs latitudes ne soit <|ue de moitié d^un degré; mais en estimation de température , 3 degrés en plus ou en moins sont souvent ab*^ sorbes el compensés par les disposition» locales do terrain : elles causent des ▼srisatei de 3 degrés, mdme en psys vioînaDX et également cultiyés; témoins les parallèles de Lyon ayec la LombardJCi de Marseille avec Bilbao, de Paris avec Booeu, et de tant d'aiHres villes trés-disparates en climatures, quoique voisines, et de même latitude ■, mais différenciées par des chances de mers tempérées ou froides , el de cbalnes placées en Nord ou en Sud. Ces incidents portent les modifications locales à 3 et 4 degrés, même sans exhaussementd^assiette comme celle de Madrid.
90 INTRODCCTlOir.
Différence en refroidissement hiyernal , i5 k 16 degrés par le seul yice da défaut de culture.
La différence h*est pas la même en été ; et il est connu qu'Astracan et Québec jouissent en juillet de la dose dé chaleur due aâ 47*. degré. Mais notre spéculation doit porter d'abord sur Fart de modifier les hivers , après quoi nous nous occuperons de l'été. •
Passons aux parallèles dû 40*. degré, ou nous allons trouver les mêmes disparates.
Le climat de Naples-, quoiqu'au-dessus de 40**. , est renommé par la douceur de ses hivers: les Lazarons, même en janvier, y couchent en plein air ; les deux villes de Philadelphie et Pékin sont sur la même latitude et sujettes à des hivers bien autrement rigoureux que ceux de Paris, ville située a 49°. Philadelphie a de plus l'inconvénient des transitions subites, qui obligent a changer de vêtements trois à quatre fois dans une même journée. On y a l'été a neuf heures du matin , l'hiver à midi : Pékin est de même sujet a des froids prématurés, opiniâtres et violents; la cause en est dans le voisinage de grandes régions incultes. Pékin et Philadelphie placés sous le 40"*., ont des hivers bien plus rigoureux que Francfort , placé au 50°. Ces deux villes peuvent , quant k l'hiver, être assimilées à Berlin, latitude 55''., sinon pour la durée, au^ moins pour l'intensité du froid.
Différence, 15 degrés en refroidissement hiverna) , par voisinage des terres incultes qui en été n'influent pas en rafraîchissement.
Il résulte déjà de ces parallèles, que si toutes les régions de Sibérie et nord-Amérique étaient cultivées aussi complètement que Toccident d'Europe, les passes de la Mer Glaciale, dans lesplus hauts parages comme le cap Gévéro, jouiraient d'im adoucissement considérable , et seraient aussi praticables que le cap* Nord.
Continuons sur le premier et principal ressort de rafRnage atmosphérique ; sur l'agriculture qui , mieux examinée , va noui fournir quatre chances graduées de radoucissement.