‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 39 sur 91 · Vol extérieur · texte numérisé non relu

Vol extérieur

1 Composite.

Orangé.

Logarithm*

. La.

Y Minimum.

A Liberté.

Unitéisme.

Blanc.

Cycloïde.

Ut H

Favoritisme. Noir.

ÉpicyoV.

^Vt

La liberté ne vient qu'à la suite des sept autres droits; elle est résultat de leur combinaison , comme le Blanc et le Noir sont réunion ou absorption des sept rayons.

La liberté n'est que simple et fausse, que duplicité d'action, si elle n'est pas étayée de son contre^pivot , le Minimum Y, principal de tous les droits, et pourtant inadmissible dans la période sauvage.

Cette société garantit les sept droits, et le pivotai inverse \ Liberté, aux hommes seulement, et non aux femmes trés-asservies chez les sauvages , où leur condition est pire que chez les civilisés. Leur servitude constitue la duplicité d'action dans l'état sauvage : elle n'a pas

PAEinÈRË PAKTIE. NOTICE II. 169

lied dans la période 1'^, Edenismey ni même dans le demi' Édenisme, Otahili (33).

L'objet de ce chapitre est d'établir, en aperça, un principe qui sera démontré en grand détail dans le cours de TouYrage , savoir :

Que l'action sociale ne peut s'élever à l'unité que par intervention des deux pivots : elle est faussée si eile.ne s'étaie que d'un seul pivot, que de la Liberté j^; dans ce cas, les sept droits deviennent autant de sources de dé-' sordres, dont le premier est de faire rétrograder le mou** vement et le ramener à l'état sauvage , si on accorde les sept droits : il rétrograde partiellement si on n'accorde que partie des sept droits : par exemple , une concession illimitée de chasse et de pèche détruirait en deux ans deux sources de subsistance , qui sont le gibier et le poisson.

Les sept droits , au contraire , deviennent autant de sources d'harmonie sociale, si on les étaie sur pivot composé , sur Minimum Y et Liberté \. Il suffit même de spéculer sur le Minimum qui implique Liberté ; car on ne peut pas garantir le Minimum, sans opérer par les Se* ries passionnelles d'où natt la Liberté. Mais si on veut , selon la prétention philosophique , établir dans les trois ou dans Tune des trois sociétés dites Lymbes obscures , la Liberté sans le Minimum, on n'aboutit qu'à empirer Tordre subversif qui, au lieu des sept droits, nous donne les sept fléaux (51), et transforme les deux droits pivotaux en deux calamités (titd.).

Egoïsme général Y, au lieu de Minimum proportionnel.

Duplicité d'action j^, au lieu de Liberté unitaire.

( On peut remarquer, au sujet de ce parallèle, que les signes pivotaux ont été posés à contre-sens aux deux ta-

bleaux 51 et 420. J'ai depuis deux ans perdu de Yue ces calculs de gamines et formules descriptiyes; je pourrai parfois y commetlre des inadvertauces qui ne seront qu'erreurs de forme et non pas erreurs de fond. Elles ne compromettront en aucun cas la théorie. )

Il est èyident que nous avons en mécanique civilisée deux pivots contraires aux deux du tableau des droits naturels : et d'abord, au lieu du minimum qui supposerait une subvention du corps social pour assurer le nécessaire proportionnel aux individus lésés dans les trois classes, riche, moyenne et pauvre, nous n'avons qu'un è^oïsm^ général qni va croissant et habitue chaque civilisé à rester pleinement indifférent sur les besoins de son semblable. Cet égolsme s'accrott depuis les progrés de l'esprit mercantile.

D'autre part, au lieu d'une liberté unitaire ou concours de la masse pour assurer à chaque la jouissance des sept droits, nous n'avons que des ligues de la classe opulente pour échapper aux infortunes sociales, et les faire peser aur le pauvre, à qui on ne peut concéder, en Civilisation^ aucune jouissance des sept droits, ni aucune compensation.

Définissons brièvement chacun des sept : il est inutile de parler des quatre droits cardinaux. Chacun sait que le Sauvage a pleine licence de chasse et de pèche, libre cueillette des fruits et légumes que donne la terre , et libre pâture pour les animaux qu'il lui platt d'élever.

Il jouit du droit de vol ou larcin à l'extérieur, c'est-à* dire sur tout ce qui n'est pas en ligue fédérale et passionnelle avec lui. Il ne vole pas ses compagnons de la horde: cette restriction n'est pas entrave, mais exercice fédéral du vol, extension de la licence ou prérogative, selon la-

PREinÈRE PARTIE. NOTICE U. 167

quelle toute la horde se confédéré pour Toler qui il «ppaniendra, soit les autres sauvages, soit les carai^Des , soit les civilisés voisins , etc. Ainsi l'exercice des droits & et 7, fédération intérieure et vol extérieur, est en pleine activité chez le Sauvage (voire même chez tant d'hon* nétes civilisés qui, lorsqu'ils sont les plus forts, s'entendent si bien pour vivre aux dépens des plus faibles).

7^. Insouciance, bonheur des animaux : on ne jouit de ce droit en Civilisation qu'à force de trésors : mats les 9/40^* des civilisés, loin de pouvoir être insouciants du lendemain, ont le souci du jour même, puisqu'ils sont obligés de vaquer à un travail répugnant et forcé. Aussi vont-ils le dimandie dans les guinguettes et lieux de plaisir, y goûter quelques instants cette insouciance vainement cherchée par tant de riches que poursuit l'inquiétude, c Post equitem sedet atra cura. »

Des ergoteurs diront que l'insouciance est un caractère et non pas un droit; mais elle devient un droit, en ce qu'elle est proscrite dans l'état de Civilisation, où l'incurie est déshonorée, condamnée hautement. Qu'un père de famille peu fortuné essaie de s'adonner au plaisir, sans s'occuper de son atelier, sans rien amasser pour les impôts^ les loyers et les besoins futurs; l'opinion par ses critiques , et le percepteur par ses garnisaires, l'avertiront qu'il n'a pas le droit d'être insouciant, de jouir du bonheur des sauvages et des animaux, et que malgré son penchant à l'insouciance, il doit s'en priver. D'aiUeurs l'éducation civilisée intervient systématiquement pour combattre en nous ce goût de l'insouciance , plaisir dont rien n'entravera l'essor en Harmonie.

Quant au Sauvage , il est évident qu'il jouit de l'insouciance et ne veut pas s'inquiéter de l'avenir : s'il en était

468 i^holégomêNës.

autrement , il craindrait que ses enfants , sa horde , iie souffrissent de la famine ; il accepterait les offres que lui font les gouvernements civilises, d'instruments aratoires et objets nécessaires à la culture : mais il ne veut'céder aucun de ses sept droits ; en quoi il a raison , car s'il en cédait un, l'insouciance, il les perdrait successivement tous. Il ne fait sans doute pas ce calcul , mais la nature le fait pour lui ; rAttraction le dirige dans la bonne voie; on en verra la preuve au chapitre c Echelle parallèle des M attractions sociales. » ^

La seule objection plausible qu'on puisse élever contre ce bonheur du Sauvage , c'est que les femmes n'en jouissent pas : cependant les femmes composent moitié du genre humain , et leur condition chez le Sauvage est très^servile, très-malheureuse.

Rien n'est plus vrai, et si je ne citais pas cette veiation , les philosophes n'en feraient pas mention ; car ils sont dans l'usage de compter les femmes pour rien. Sur trois sexes passionnels dont se compose l'espèce hu^ maine ,

Le majeur, les hommes.

Le mineur, les femmes , Le mixte ou neutre, les enfants (i),

(i) On objectera que les enfants ëiant hommes ou femmes , ne composent pas un sexe k part, comme seraient des hermaphrodites. G*est une objection louche et qui pèche dë)^ sous le rapport matëriel, en ce que les eiifants n'exercent pas la faculté qui distingue les sexes. En passionnel la différence est bien plus forte , car les enfants sont privés des deux liens sexuels qu'ils ne connaissent pas ; ce sont Taffection d'amour et celle de paternité : ils sont doue sexe neutre en passionnel et en matériel : on en verra la preuve, quand je traiterai de leurs emplois en harmonie passionnelle.

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