‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 47 sur 91 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II

s'étendre colossalementparlesdèeouyertes de la boussole el des deux Indes, Us âe sont enfin déterminés à l'étudieh V La première cliose que devaient y remarquer des liommes qui cherchent la vérité, e*est qu'elle est bannie du commerce.

Ùfie autre observation importante que suggérait Taspect du commerce, est quil présenfte des germes d'association en divers genres.

La politique avait donc double spéculation à asseoir suir le mécanisme cotnmercial ; l'une positive , qui consistait à y développer les germes dé l' Association, source de toute économie^ et s'évertuer par suite à l'introduire dans l'agriculture ; l'autre négative , qui devait tendre à bannir du mécanisme commeiCcial cette fausseté qu'on y voit généralement régnante, et qui est la plus forte entrave à l'activité des relations.

Les deux problèmes étaient liés el se résolvaient l'un par Tautre; car on ne peut pas introduire dans le commerce des garanties de vérité sans le secours de l'Association, et on ne peut pas étendre le lien sociétaire sans découvrir les garanties de vériléw

C'était là une belle et noble carrière ouverte à la science* Les gouvernements et les académies devaient s'unir pour obliger à cette étude, et employer au besoin la 8®« voie, indiquée (14â) sous le nom ie perquisition forcée. Au moindre succès, on serait arrivéàla société 6®. dite Garantisme , déjà très-heureuse en comparaison de la Civilisation.

Les sophistes, n* ayant pas été contraints à s'occuper de ce travail, l'ont négligé comme ils négligent tout ce qui présente quelques difficultés à vaincre. Ils ont fait du commerce comme de toute autre branche d'études ,

£0(9 fKOLiewftfvis.

une ëréiie dé f^Mft^tlr«ne , iliie|)6pifitèt'e &éyBtMm : ik dfii btfsseVncWt fltehi iè %èAmi devâtii le ^«Oiâ'ef^ lei HMtè «Ml «€fl attirail de fduite^eswèrcMtileB'émi Fat- %a<j(ie deVs^ êtt^ le^enaier |i«s de^et» t|ri «mâentsiii^ cérement cherché la vérité. Ils ne pouvaieot fm %Bonnr ^e le cwffiftieirce, dalis ^n ëlat de «pieifie iibeM , est an tloaqne diftftmiîës : bafnqtreroote, accapavemonU «|;io* tage y usure , monopole , fourberie^ etc^ OeB oaractdm bflVaient «Hae ^collemîaii de ri^ea iasMiz hideux :pcnir stimuler des ^mis de fe térité : iea fertunes ^soùidaleuses I des 9gi(A«fiir8 ^èoelaient a^sez qm le commerce 38i le : vautoifr de ^'industrie; (|oe «ons prétexte delà mryir, il la spefiè audaeieasemetfl.

Tant de dépravation «^a fia émomroir Jes mpÙsles : eux qui ?e«Iettt pôKer patiout la Têforme^ ils «'ont pas osé ressayer sur la brani&he de relations oA il eût été 'aussi faeile qù^honorable de Fintrodoire , et où ils auraient pu opérer sans causer m trouble m défiance ; ioar personne %i*esti^lisan d^es faiarberie»' eoaanerciales ^ aussi oiQéretise^ M gouvemea^eiit qu'aux propriéteires. La Philosophie se serait concHié loos^ les suffrages, eareefaer* chant un procédé de ec^mitoerce véridi<pie> et en dédarant une guerre outrerle an système de mensonge, d'extoreio» et deeompiiealion qui, soifô^lenom de libre coneorrenee^ Tèg&e dans -les relations «ommeFdialeflk.

DafDs 'Oet ^eiicameii , l'aecase jnoms Jes aopfaistas que la Civilisation ^mtière, qui a encouragé' la dépra?atkMU Si les maîtres tolèrent et excitent le vice chez leurs sulialtenies^ veiix-»ci ne mauqueront >pas de M pervertir. Hais pour analyser ieette Mère de eonroplioii^ commençons par les torts des sophistes en études toommeroiales ; de là nous passerons à cemc de&natioûs.

PliEiliÊRE PARf IB. ïiaf IGE II. 201

La manière dont tes philosophes ont eofistgé lecooimerce , prouve bien que le fea sacré est éteint chez lenr compagnie. Examinons ce qu'une secte honorable en au-** rait pensé y et comment elle aurait agi.

La nature n'est jamais failsse dans les impulsions coUeciioee qu'elle donne au genre humain. Quand une profession excite un mépris onivofsel, soyez assuré qu'eUe recèle un y^in social. On ne ?oit auoun peuple mépriser fadmifiistration , le sacerdoce. Tordre judiciaire » l'état militaire. Ces fonctions jouissent partout de la considération générale : elles en ont joui ayant qu'il n'existât des théories philosophiques ; tandis que le .commerce ^ n'excita, cbez toutes les nations primitiTcs, qa'unmépois bien fondé.

On a cité par exception quelques peuplades anciennes qui s'adonnèrent au commerce , comme Tyr et Athèoes. Mais ces nations n'ayaient point de territoire : la fameuse république d'Athènes était moindre que la plus petite des S7 proyinces de France. Les peuples sans lerrî* toire cdmme Athènes, ou réduits à un sol jngrat oosHne la Hollande , font exoep|ion à la règle générale : ils s'éyertuent en industrie parasite ; ils deyîennent corsaires industriels, monopoleurs, trafiquants. Us peuvent bien eieus^ l'état mercantile qui est leur unique ressource, 0t à J'aide duquel ils pressiu'ent Jes régions de productem^.

11 n'est pas moins certain. que toul^s les nations (ws^ quelques rares exceptions qui ^sonfirfneni la règle ) ^opjt témoigné un mépris ipné pour le commerce. L'£y9qgile ne£(^it point de distinction «itre les marcband^ eiJe^ ypleors^ Ejeeit è templo vmdentÉê ti latrimi$*i^\ï%^\Lf}^ battit de y^ges Jes marchands, et les ch^s^ d#4pq)pie dont il faisaient , dit l'Eyangile, ws cayerne de yoleuf»».

202 PROLÉGOVÈHES.

A cette époque on nommait les hommes et les choses par leur nom, selon l'avb de Boileau :

J'appelle un chat un chat , et Rolet un fripon.

Aussi Jésus-Christ appelait-il les civilisés une race de TÎpéres, et les marchands une bande de voleurs. C'était la franchise du bon vieux temps.

Les marchands n'étaient , dans l'antiquité , que de petits larrons ; ils ne grugeaient point par 50 et i 00 millions» comme aujourd'hui. Or la Civilisation étant dans l'usage de faire pendre les petits voleurs et d'encenser les gros y il advint que les marchands restèrent dans la boue tant qu'ils furent petits fripons. Horace et la belle antiquité s'égayaient à leurs dépens, et se moquaient franchement de la science usuraire tant révérée de nos jours.

Tout est bien changé depuis la découverte et la conquête des deux Indes : la masse des denrées commerciales a décuplé, et par suite la fortuné des marchands a dû trentupler ; car aux bénéfices de commerce ils «joutent ceux d'usure , d'agiotage , d'accaparement et de monopole. Bref, les marchands de nos jours ne sont plus de petits voleurs, comme ceux que Jésus-Christ battait de verges , ou qu'Horace persiflait. Un agioteur aujourd'hui récolte eh une seule année plus que dix monarques. On assure qu'une maison de Londres a gagné, sur les emprunts de France, quatre-vingt millions en un an.

Or, quel est le souverain d'Europe qui pourrait, n<m pas en un an, mais en dix, mettre de côté 80 millions, après les dépenses de sa maison payées ? L'Empereur d'Autriche et le Roi de France n'ont peut-être pas , au bout de l'an, 8 millions de reste , eh déduisant les frais

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