‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 56 sur 91 · PREHIÊ&E PARTIE^ NOTICE IT · texte numérisé non relu

PREHIÊ&E PARTIE^ NOTICE IT

aua questions de liberté et de commerce , à un exposé sommaire sur les voies du bien et sur l'analyse du mal.

Si je m'étendais davantage en détails et en preuves , ee serait sortir du cadre des aperçus pour entrer dans celui des abrégés. 11 faut suivre un plan tel qu'on se l'est tracé : quand nous en serons aux abrégés» je donnerai tout ce que pourra comporter un abrégé. Par exemple , aux Interliminairesy l'on trouvera un coup d'œil sur l'essence et le mécanisme des 36 caractères du commerce mensonger, dont je me borne ici à donner le tableau, sans m'arrèter aux définitions ni aux relations^

Quel est le but spécial des aperçus dont se composent les Prolégomènes ? C'est de prouver qu'on a tort de reprocher à la nature ses rigueurs^ ses mystères, ses voiles d'airain ; tort de l'aCcuser sur ce que les décmn vertes précieuses ont été accordées plus souvent aux jeux du hasard quaux spéculations du génie. Si le génie civilisé ne veut pas se livrer à l'étude méthodique des lois de la nature, elle ne lui en doit pas la révélation; de même qu'elle ne doit pas de moissons au cultivateur qui ne vent pas semer.

Ce refus de semailles scientifiMiues est précisément le lort de nos beaux esprits : ils ne manquent pas de moyens, mais ils ne veulent pas mettre la main à l'œuvre : on a pu le voir dans ces deux derniers chapitres , où j'ai signalé leurs négligences les plus choquantes, entre autres l'omissioa d'analyser

les Procédés d'échange (â{8),

les Caractères du Commerce (219),

tes Caractères de Civilisation (207).

Cette dernière omission est surtout inexcusable : après tant de théories sur la Civilisatîoa, n'en avoir pas même

ââ8 PROLÉGOMÈNES.

donné l'analyse èlémentaiFe , pas le moindre classement des phases et des caractères ! Comneot avancerait-*on dans la carrière sociale, quand on ne sait pas encore s'orienter, déterminer le point où on se trouve, constater que la Givrfisation est en déclin, puisque déjà tombée en 5«. , elle court en 4«. phase ?

Au lieu de spéculer sur les théories d'ensemble, on ne s'occupe qu'à prôner (SU) les vices que chaque phase met en crédit , yanter successivement les folies de la Civilisation, sans en chercher le remède. Nul gouvernement, nulle corporation n'adresse aux publicistes la moindre hcimélie sur cette inso^ianee , qu'on devait stimuler au besoin par la contrainte : les savants la recommandent comme levier de progrés social, car ils conseillent de violenter les Sauvages pour leur (aire adopter l'industrie. IS"ajjirait-on pas dû emplo^fer la même vote à l'égard des Sophistes, eompelle intrure; les déterminer <}e gré ou de force à s'occuper de cette foule de questions intactes et d'analyses négligées , dont on trouve à chaque pas des tableaux dans cet ouvrage , tableaux dont le moindre pourrait être le sujet d'un volumineux traité?

L'objet spécial des prolégomènes est d'amener le lecteur à reconqaltre cette négligence , ou plutôt cette mauvaise volonté des Sophistes : il aqni fait un grand pas vers les lumières , s'il parvient à se convaincre qu'on Ta trompé , et qu'au Keu de travailler à lui expliquer les lois de la nature et de la destinée , on ne s'est occupé qu'à entraver cette étude , qu'à embrouiller les questions les plus faciles à traiter, comme celles de la liberté et du commerce.

J'ai démontré sur ces deux sujets , que pour s'épai^ner des recherches , des analyses , etc., on a tout envisagé en

PREMIÈBfi PAnt£« KOTICEII. 3S9

mode simple, lout à emim-mns de k dastkée sooiak qm est composée : Iskst^il s'éttOQner qu'^a (gérant de la sorte on ne Boitarriyé à anouoe des issues de €i?iicstlioii ?

Les gouvernements qot ayaient le plus besoin de lu-* mières sur ce point , n'ont rien fait pour ea obtenir; Bonaparte , qu'on peut citer saw indiscrétion , puisqu'il n'est plus , Toului tenter mie opératiiHi nkrâ-cîvilisëe, la r^ession du monopole aariikne insulaire. Il ne provoqua pas la moisdre invention conU^e ce monopole ; et comme H était lui«m6me tout aheurtè an simpUsme, il n'imagina contre l'Angleterre que des attaques d'ordre simple , qui le conduisirent à sa perte : il fiit renversé par un agioteur.

L'Europe croit en aTOÎr eu l'honneur ; c'est à tort : il est certain que l'Europe aurait éehôué et serait encore asservie aujourd'imi, si un agioteur de Paris n'eôt donné à Bonaparte un croc-en-jambe , par une famine factice, qui fit avorter la campagne de Russie , en la différant de six semaines. Commencée à temps, au là mai, comme celle de Tilsitt , elle aurait eu pteiusuccés« Bonaparte , si menaçant avec les rois, osa à peine se plaindre de cet aftotepr. Il révérait tant les marchands qu'il méritait bien de tomber dans leurs embûches.

D'aiitre part, il brûlait d'une secrète envie de s'em-* parer du commerce. L'envahissement des tabacs l'avait attéehé, et il ne songeait cpi'à happer pièoe & pièce les aulrets branches, dans des temps plus favorables. Déjà il tenait & mottâé , par voie indirecte , te négoce des denrées coloniales. Il avait conçu par hasard un plan tnôsHiage dont il n'eotreTtt pas les ré^iltats : il méditait de s'em-« parer du transport intérieur, dit roulage : on en badinait dans les comptoirs , en disant , f Empereur veut se faire

230 PttOLéGCMÊRfiS.

RùuUer ! Je répondais qae ce serait ropëration la plus judicieuse de son régne ; car lé premier pas à faire pour métamorphoser le commerce mensonger en véridîque t c'est d'occuper les deux extrêmes ou transitions de mécanisme:

Le Roulage , transition matérielle \ Le Courtage 9 transition politique.

Ces deux points une fois enrafais , le commerce est blo-^ que , et on peut , en trois ans d'opérations sur la maîtrise proportionnelle (transit, ascend. simp. 219); le forcer à capituler sans aucune violence, et sans autre monopole que celui des deux transitions mécaniques , dont personne n'a songé à s'emparer.

Pourquoi tant de brillantes opérations comme celle-ci, qui conduisait droit en garanttsme, sont-elles restées ignorées ? C'est que les souverains n ont jamais proposé d'inventions 57. Je viens de citer celui qui en a^it le plus pressant besoin ; il n'en a demandé aucune en politique sociale. Ovy si le génie inventif n'est pas stimulé et protégé , le génie sophistique domine , et le monde social demeure stationnaire.

Tel est le tort de l'âge moderne , à qui les sophistes persuadent qu'il ne. reste rien à découvrir , et qu'on a épuisé la carrière des perfectibilitéê perfectibles. Pour désabuser le siècle, il faut lui prouver qu'on ne s'est pas même élevé aux notions primordiales, aux. analyses préparatoires. Lorsque ces preuves seront multipliées, les modernes commenceront à entrevoir leur duperie , & reconnaître qu'il peut rester beaucoup de découvertes à faire y puisqu'on a négligé une foule de sciences vierges ; que dans les plus rebattues , comme la liberté et le commerce j. on n'a pas même procédé aux analyses élémen-

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