‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 57 sur 91 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II

taires : enfio » qu'oo les a leurrés, qu'on n'a cherché qu à esquiver les études urgentes.

Après tout y quels sont nos trophées sur le point le plus important , sur l'étude de l'homme ? Au lieu de l'élever au bien-être , nous n'avons su que l'assujettir à l'esclar vage matériel et sexuel chez les barbares; puis À l'esclavage politique chez les civilisés , où il est doublement asservi à l'argent; directement, par les privations qu'il endure s'il manque de ce métal; indirectement, par la* défaveur qui pèse sur le pauvre , et par les bassesses auxquelles il est réduit s'il veut échapper à l'indigence. Voilà donc l'homme social en servitude bi- composée : c'est la meilleure réponse à faire à nos discoureurs sur la liberté.

Lorsque les sciences ont conduit l'espèce humaine à cet excès d'avilissement , n'est-il pas évident qu'elle est leur dupe , et que loin d'avoir fait quelques pas vers le bonheur, tout lui reste à désirer? C'est sur quoi je vais deviser, dans une bluette qui servira d'acheminement à la 5®. Notice.

â33 fROLéfiOHÈims.

Tiî^iVS-MÉDIANTE.

Aux Amù du Plaisir. — Les trois Souhaité.

C^EST une £ible cenoavei^e des Grecs. SA je U traite d^uoe ma— n\ète neuve , elle £era vue petite diirersioa aux âidew:« narcanUles ^ sur lesquelles il a fallu préluder jusqu^à plus ample informé (9*. seclioD ).

Aux mille et une définitions du bonheur , je dois d^abord ajouter la mteone , et je l< délîois , essor eoniinu des douxe passionsradmahs.

G:t essor étant impossible en Ciirilisaiioo , et la politique diant obligée de réprimer en tout sens les passions, personne u^ose donner la vraie définition du bonheur, mais chacun sait en deviner la voie \ chacun s'efforce de satisfaire ses passions , et nous estimons heuranx celui qoi le9 s»ti<il»it I4 mjeujE; c'est bien jugé : mais pour arriver au bonbfiuï collectif, il reste à trouver le moyen de satisfaire les passions de tout le monde.

Si les Dieux permettaient à tous les mortels de former trois souhaits, quels leratent les yœux les plus unanimes, ceux des sages mêmes ? il est Êicite de les déteroiiner :

1". Richesse. a°. Vigueur. 3°. Longévité,

>^ Et la sagesse pour user convenablement de tant de biens.

Voilà donc les trois gages du bonheur , selon nos désirs. On avoue quMls sont subordonnés au sage emploi , car Tabus de Tun détruirait Pautre : or , cette sagesse est précisément ce que les Dieux ne pourraient pas nous accorder en Cwilisation : il ne peut y exister aucune balance dans Pex^rcice des plaisirs; ils y sont distribués de manière à blaser promptement les sens et l'âme, provoquer les excès , compromettre la santé et se neutraliser l'un par l'autre.

L'effet e;st visible chez les riches civilisés , la plupart assaillis de maladies à Tâge où le villageois est en pleine vigueur : on les voit, même on santé, se plaindre encore de satiété et de vide. L'un manque d'appétit dans les festins; l'autre ne trouve plus dans les amours le charme des premières années ; les plans d'ambition, les liens de famille, tout trahit leurs espérances : enfin , leurs sens et leurs âmes sont de bonne heure émoussés.-

PREMIÈRE PAIlTffi. TRAlïS-nËDUIïTE. 335

li n^y a donc , anjoard'bai , daas l*exereice des plaisirs , m équilibre , ni contre-poids. On peut avoir en Civilisation, richesse, ffigneur , plaisir , mais son pas la «apfcsse ^ai en T^inulariseff ait Tasage. Li^ordre civilisa, conflit des troi» pasêion$ dùiriiutk»eê ^ ne peut cooDportfir c^v'utte sagesse d'«soeptioai, limitée «u^*. des indWidas ncimsita-pauvRes ; or , r«z<»Bipiion de i/3 confiruM la ffâgle^ et pronve (pj» r«efi<»B»plifiSjQine9t dei Arois soynhaiu ne serait, pour la mnltitode, qo^un gage de msilbeiir sans la s«g«»se.

Rectifions les ide'es sur oe point : je vais, ans trois votes émi«, ajouter en regard trois autres votes qui impliquent et rjéali^tsnt les premiers. Je ne changerai qu^un mot à i^ezpre&sion générale.

Souhaits firmes» Souhaits à former»

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