PREMIÈRE PA&TIE. NOTICE III
civilisé et barbare fait interyenir pour le maiotien de Tindustrie, toujours répugnante hors des séries passionnelles^ 6^. Récompense colkciive des globes dociles , par le charme du régime aitrayant ; et punition collective des globes rebelles sans emploi de la violence > par le seul aiguillon du désir ou martyre d'attraction , qui est châtiment n^^a^t/ pour les globes rebelles et obstinés à vivre sous les lois des hommes.
7^. Ralliement de la raison avec la nature; c'est-àdire garantie d'avènement aux richesses et aux plaisirs qui sont vœu de la nature, par la pratique de la justice » de la vérité , qui sont vœu de la saine rabon , et ne peuvent régner que par l'Association et Tinduslrie attrayante.
X X Unité interne ou paix de l'homme avec luimême, et fin de l'état de guerre interne qu'organise l'état civilisé , en mettant dans chacun la passion ou attraction aux prises avec la sagesse et la loi , sans qu'il soit possible de satisfaire ni l'une ni l'autre, en sacrifiant l'une à l'autre (i).
>^ Y Unité externe en relations de l'homme avec Dieu et l'Univers. Le monde ou Univers ne communiquant avec Dieu que par entremise de l'Attraction, toute créature , depuis les astres jusqu'aux insectes , n'arrivant à l'harmonie qu'en suivant les imjuilsions de l'Attraction , il y aurait duplicité de système si l'homme devait suivre
(i) En suivant \i la lettre quelqu^un de nos systèmes de sagesse, par exemple, le mépris des richesses, on est sûr de n*drriyer quli la folie et d*être titre d^insensé. D'autre part, en suivant aveuglément T Attraction, un civilise n'arrive de même qu*aux disgrâces ; de sorte qull ne pent f oivre aveaglëmentni la sagesse, ni TAttraction : c*est une des mille duplicités du mécanisme civiUsé.
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d'autre voie que rAltraction pour arriver aux fins de Dieu, à l'harmonie et à Tunitë.
Tel est le canevas sur lequel j'établirai l'excellence de rAttraclion en mécanique sociétaire , et l'incompétence de la législation humaine : elle donne tous les résultats opposés à ceux du tableau précédent; plus, la duplicité d'action ou absence de l'esprit de Dieu, dont la propriété essentielle, en régie d'univers , est l'unité de système.
Jamais siècle n'a raisonné plus queie nôtre , d'unité de rUnivers; c'est aujourd'hui le refrain de tous les sophistes. Avec le commerce et la liberté , ils ne manquent jamais d'accoler l'unité. Ils ont toujours une douzaine de mots en faveur, qu'on fait retentir à chaque page ; puis eu examinant les résultats , on ne trouve pas t'ombre de ces perfectibilités promises.
Il régne dans leurs théories d'unité une furieuse lacune : ils en ont exclu l'Homme ; ils lui refusent toute destination unitaire : 1<>. celle d'un accord avec lui-même ou accord des passions et de la raison ; 29, celle d'une société apte à réunir les civilisés, barbares et sauvages; 3<>. l'accord avec Dieu et l'Univers, la faculté d'être dirigé par Dieu comme le sont les mondes et leurs créatures, toutes guidées par Dieu, c'est-à-dire par l'Attraction, seul agent révélateur et moteur choisi par Dieu pour interpréter ses lois sociales et les faire exécuter par appât des sept garanties.
Après avoif si honteusement méconnu la nature de l'homme^ sa destination à toutes les unités , doivent-ils s'étonner si l'énigme est impénétrable pour cette philor Sophie que son patriarche même. condamne en s* écriant :
« Montrez Thomme à mes yeux ; honteux de m^ignorer, etc. »
PBEMliRB PÀIITIB. NOTICE III. 245
Dis^rlons sur la première de ces iacanes, sur le défaut d'unité entre les passion» et la raison.
L'ordre civilisé et barbare, en nous soustrayant à l'impulsion de l'Attraction pour nous placer sous le régime de la raison humaine et de la contrainte , nous ifiet en scission ayec la Divinité et nous isole du cadre d'unité de rUniyers.
L'unité ne pouvant pas admettre deux moteur& contraires, comme l'Attraction et la violence, il est évident que tout ce qui est régi par violence est hors d'unité avec Dieu et l'Univers , et que si nous voulons nous rallier à cette unité, il faut découvrir un régime social attraetionnel ou dirigé par la seule Attraction.
Nos prétentions à l'unité nous faisaient donc un devoir d'étudier l'Attraction passionnée (115, 116) , surtout depuis le succès de Nevfton. Tout faisait pressentir qu'elle recelait quelque grand mystère. En considérant qu'elle est interprète et moteur d'harmonie pour les créatures super rieures et inférieures à l'homme, puisqu'elle harmonise par sa seide impulsion les astres et insectes sociaux, nous avons bien sujet de nous étonner qu'elle ne dicte pas de même des lois d'unité à l'homme qui est créature moyenne entre l'astre et l'insecte. Cette privation apparente nous conduit à opter sur l'alternative suivante :
Ou Dieu a exclu le genre humain du régime unitaire , si l'Attraction qui est seule interprète des lois d'uniie so^ ciaie n'en révèle point à l'homme : dans ce cas , le Créateur serait injuste envers iious; sa providence ne serait pas universelle , puisqu'elle ne s'étendrait pas au plus pressant de nos besoins collectifs, à celui d'un code social divin et révélé.
Ou bien si l'Homme est admis par Dieu à participer au
244 PHOL^GOIIÈNES.
régime unitaire de l'UniTers , il faut que le régicod 4'unté sociale auquel Dieu nous destine , se trouve interprtté par le calcul de cette attraction, oracle de Dieu, et non encore étudiée.
11 n'y a pas à hésiter sur l'option entre ces deux opinions : la première est inadmissible ; nous ne pouvons pas prétendre que Dieu nous ait privés d'un code social révélé et unitaire , tant que nous refusons d'interroger l'oracle divin, l'Attraction, seule interprète connue entre Dieu et les créatures, pour ce qui concerne l'harmonie indus-' iriMe et sociale ( car il faut observer que je ne parle pas ici des révélations religieuses ; elles sont tout à &ii étrangères au sujet qui nous occupe ).
Si nos savants avaient donné à cette étude un seul de leurs 25 siècles de controverse philosophique; s'ils avaient sans aucim succès cherché de tQUt temps^ par des travaux méthodiques et des essais sur l'Attraction , quel est le mécanisme social où elle tend» et qu'après ces pénih|as recherches ils n'eussent riep découvert dé satisfaisant , ils seraient tout au plus autorisés à opter sur l'aiternalifie suivante :
Ou d'une imprévoyance de Dieu qui aurait manqué à composer pour l'homme un code social révélé par l'Attraction, comme il Ta fait pour les astres et insectes ;
Ou d'u^e impéritie jde la raison humaine qui aurait manqué jusqu'à présent la découverte de ce code , comme elle a longtemps manqué tant d'autres invtenUona, entre autres la boussole nautique , si vainement cherchée pendant plusieurs mille ans.
Dans le cas de pareil échec sur la recherche du code divin , il y aurait plus de chances pour accuser la raison d*impéritie et de méthodes vicieuses, que pour accuser
PftEXIÈRS PARTIE. NOTICE III. 24S
la Providence d^omission sur le premier des besoins collectifs de l'Hoinme, sur le code passionnel unitaire : on ne pourrait suspecter Dieu de cette omission, qu'en lui contestant ses trois caractères primordiaux :
AttributioD radkaiè. X Distribution intégrale da moiiTeinent ptt Attraction. Éeooomiè de ressorts.
Attribotioa. J 2. jœtice distrilmtÎTe.
pniBsifct*
' 5. Uni?ersiriité de providence.
Attribution pi? otaie. ^ Unité de système.
Dieu se trouve dépouillé de toutes ces propriétés, s'il n'a pas composé pour nous un code passionnel révélé par l'Attraction. En effet :
X II n'est plus distributeur intégral du mouvement, si notre globe, en mouvement social, se trouve livré sans retour à l'impulsion de la raison humaine ou contrainte.
i<>. Il n'est pas économe de ressorts, puisqu'en nous abandonnant aux voies coërcitives de la raison , il manque l'économie des sept garanties mentionnées au tableau précédent.
20. .11 pèche contre la justice distributive , en nous refusant le secours d'un guide qu'il pouvait nous donner comme aux animaux , et auquel il sait que notre raison ne peut pas suppléer.
30. Il n'est pas universel en providence, puisqu'il ne pourvoit pas au plus pressant des besoins collectifs de rhumaintè.
X Enfin , il tonbbe dans la duplicité de système , en nous isolant à plaisir du cadre d'unité de l'Uniyers : 241 AetY.
Cette imputation , contraire à toutes les notions que nous donnent la religion et le bon sens, ferait retomber, dans tous les cas, le soupçon d'iœpéritie et d'aberration
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a^ur la raisoû» sur ses mëlhodes yicieuses et ses procédés d'exploration bien suspects sans doute » puisqu'ils ont manqué pendant 5000 ans des découvertes qui n'étaient que jeux d'enfants , comme la suspente , l'étrier , la brouette ; procédés également suispects en mécanique sociale, puisqu'au bout de 1000 ans les champions de liberté du peuple n'ayaient ni découyert , m cherché le procédé d'affranchissement corporel des esclaves. D'après cette omission y l'on ne doit pas s'étonner qu'ils aient négligé jusqu'à nos jours les études les plus urgentes, celles de l'Association et de l'Attraction passionnelle.
On n'aurait pas différé d'un instant cette étude, si on eût songé à disserter sur rattribulion radicale de Dieu , la faculté qu^il possède exclusivement dlmprimer le mouvement , en distribuant à tous les êtres attraction et répulsion , selon qu'il convient à l'exécution de ses desseins.
Ânafysons les conséquences de cette attribution réservée à Dieu seul.
•L'Attraction est entre les mains de Dieu une baguette enchantée , qui lui fait obtenir par amorce d'amour et de plaisir, ce que THomme ne sait obtenir que par violence. Elle transforme en jouissances les fonctions les plus répugnantes par elles-mêmes. Quoi de plus rebutant que le soin d'un enfant nouveau-né , toujours criant , bébété et souillé de déjections? que fait Dieu pour transformer en plaisir un soin si déplaisant? Il donne à la mère atfrtiction passionnée pour ces travaux immondes ; il ne fait qu'user de sa prérogative magique, imprimer attractioii. Dès lors dégoûts les plus motivés disparaissent et sont changés en plaisirs.
Pour estimer le prix de cette faculté exclusive à Dieu, supposons qu'elle fût attribuée à quelque monarque bien
t>!lElllÈR£ PARTIE. NOTICE III. 247
ambitieux. Ce prince, une fois inyesti du pouvoir de distribuer ATTRACTION , o'aurait besoin ni de tribunaux » ni d'armées pour faire exécuter ses décrets et soumettre le monde entier à son empire : il lui suffirait de donner à tous les peuples attraction pout tel régime voulu par lui. Par exemple, pour la Civilisation perfectible, qui consiste à piller tout l'argent et faire tuer tous les hom« mes : aussitôt qu'il aurait imprimé attraction pour ce fortuné régime , les peuples se hâteraient de porter toutes leurs épargnes au percepteur; les jeunes gens rivaliseraient d'ardeur pour se rendre à la conscription ; les Sauvages adopteraient avec transport l'industrie qu'ils repoussent ; les Barbares donneraient la volée à leurs sérails, etc.
En outre, le susdit prince donnerait à tous les monarques voisins ou éloignés, attraction pour rec'onnaitre ia mprématie; tous à Tenvi lui enverraient des ambassades y pour faire acte de soumission et le proclamer hyper-monarque du globe.
Et puisque chaque souverain, chaque peuple trouverait son bonheur dans ces démarches que le prince aurait frappées du charme attractionnel , convenons que ledit prince possesseur, exclusif de ce talisman serait bien insensé de mettre en jeu d'autres moyens, comme la contrainte, les supplices, les guerres: ce serait à lui méchanceté gratuite et duperie insigne ; car tout en faisant le malheur des sujets et voisins, il échouerait dans son plan de monarchie universelle par la résistance et le désespoir des peuples ; tandis qu'en se servant du levier magique de l'Attraction , il serait , au bout de trois ans , paisible possesseur du globe entier, sans avoir fait aucuns frais, couru aucun risque, ni mécontenté aucun individu.
248 l»MLi6l»àEtBS.
Telle est la siUiaiioa àe Dieu à Tègard des crëtiiires. Possesseur exclusif du plus puissant des ressorts» du talisman de TAttraction , Dieu ne serait-il pas perséeuteur et d«pe , si y négligeant une si belle chance » il recourait * d'autres leriers que F Attraction pour régir ruBmrs, et coordonner à un plan d'unité toutes ies classes de mouv^nent ?
a . i. Le matériel, Terre.
a I 2. L'organique, Bau.
^'2 S. L^aromal, Arôme.
o ce
S ^ 4. L'instinctuely Air.
Pivotai. X Le social ou passionnel, ^ Feu.
M'épargnons pas les redites surune question de si haute importance ; elles y deyiennent nécessaires. Nous voyons que déjà Dieu se 6xe au seul levier de TAttraction pour diriger les planètes et soleils, créatures immensément supérieures à nous, et les insectes , créatures bien inférieures à nous. L'Homme serait-il donc seul eiclu du bonheur d'être guidé au bien social par Attraction? Pourquoi cette interraption dans l'échelle du système de l'Univers? Pourquoi TAtlraction, înterprèle divine près des astres et des animaux , et suflEisant pour les conduire à l'harmonie , ne suflSt-elle pas de même à l'homme qui est créature moyenne entre les planètes et les animaux? Où est l'unité du système divin, si le ressort d'harmonie générale , si l'Attraction n'est pas applicable aux sociétés du genre humain comme à celles des astres et des animaux; si l'Attraction ne s'applique pas à l'industrie agricole el manufacturière qui est le pivot du mécanisme social? Voil beaucoup d'arguments resserrés dans un court paragraphe ; il est de ceux qu'il Caut fah*e graver en lettres d'or {item 24S).