‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 63 sur 91 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III. 2ai · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III. 2ai

Vainement nos philosophes prèlendraientMls qoe leur vague sagesse , leurs lois oppressives reinpliront cette lacime de code industriel attrayant ; vainement s'engagentils par d'innombrables constitutions , à procurer des torrents de charmes à nos salariés : toutes ces théories n'enfantent que la répugnance de l'industrie, et les sept fléaux l]^mbiques(5l9 120); Sont-elles assez confondues par ces honteux résultats !

D'ailleurs, si c'est à l'humanité à se donner des lois» s'il n'est pas besoin que Dieu intervienne dans notre législation , il aurait donc jugé notre raison supérieure à la sienne en conceptions législatives l De deux choses l'une i

Ou il n'a pas su, ou il n'a pas voulu nous donner un code social quelconque.

S'il n'a pas su , comment a-t-il pu croire que notre foible raison réussirait dans une tâche où il aurait craint d'échouer luinnôme ? S'U na pas voulu, comment nos législateurs peuvent-ils espérer de construire l'édifice dont Dieu aurait voulu nous priver ?

Prétendra-t-on que Dieu a voulu laissera la raison une portion de régie, une carrière en mouvement social; qu'il nous a départi les fonctions législatives, quoique pouvant assurément les exercer lui-même ; qu'il a voulu réserver cette chance à notre génie politique?

Nos essais de 3000 ans prouvent assez que le génie civilisé est insuffisant, inférieur à la tâche. Dieu a dû prévoir que tous nos législateurs , depuis Minos jusqu'à Robespierre ,. ne sauraient qu'enraciner fes sept fléaux lymbiques, tout en promettant de nous conduire dan» les sentiers fleuris de la perfectibilité morale et politique.

Dieu, qui a prévu cette impéritie et ces résultats déplorables de la législation humaine ,. nous aurait donc

S52 PumÉGimlmM.

donné à phisîr une Iftcfae aiMlessas de nos forceg , et qui

aurait été si légère pour les siennes l

Ciontinuons sur cette erreur qui Teiit a4trii»u«r les facultés législatiyes à la faâ>ie raison homaine. Quels auraient été les motifs de Dieu pour renoncer à remplir cette fom^ion qu'il lui était si facilo d*exercer, en nous donnant un code étayé d'tgtlraetim ? Quel motif auraitil eu de nous le refuser ? Il y a sur cette lacune sextuple opinion.

1<^. Ou il n'a j>a«^ nous donner un code social d'attraction, justice, vérité, unité : dans ce cas il est injuste en nous créant ce besoin sans avoir les moyens de nous satisfaire, comme les animaux pour qui il compose des codes sociaux attrayants et régulateurs du systtoie industriel.

^, Ou il na pai voulu nous 4onner ce code : et dans ce cas il est persécuteur avec préméditation , aous créoml à plaisir des besoins qù*il nous est impossible de contenter , puisqu aucun de nos codes ne peut extirper les sept fléaux lymbiques.

S^'. Ou il a su et n*a pas voulu: dans ce cas 'ù est Témule du Diable , sacbent faire le bien et préférant le règne du mal.

40. Ou il a voulu et na pas ju ;*dans ee cas il eât incapable de n(Nis régir, connaissant et roulant le bien qu'il ne saura pas faire , et que nous pomrrons encore moins opérer.

5<^. Ou iln*a nî su^ ni voulu : dans ce cas il est audessous du Diable, qui est scélérat, mais nmi pas bête.

Q^.Owûasu et voulu : dans ce cas le code existe, et il a dà nous le révéler; car à^pioi servirait ce code, s'il devait rester caché aux hommes & qui il est destiné ?

PREMIERS PARTiE. NOTICE III. 353

Lorfl^'ime théorie <lëçoa¥erie «près 2S00 aos d'ioadverlanoe nous traosmei celle révëlalion» nous initie à ia ooDoaissaDee du eode^social divin et du mode de relations qu'il assigne à notre industrie» qu avons-nous à faire, sÎQon de rougir de nos fausses lumières» et d'essajrer sur une bourgade ce eode, qui ne sera repoqssé que des sophîsles confiis de voir dans cette découverte Tarrèt de mort de leurs sciences désastreuses ?

On n'aurait pas douté un seul instant de rexistence de ce code 9 si on eût observé combien il est aisé k Dieu de nous accorder cette faveur. En effet» pour nous délivrer du fléau des dusses lumières» pour nous donner on code propre à harmoniser nos relations domestiques » industrielles et sociales» qu'en coûte-t-il à Dieu? RIEN : oui» rien du timt. Il n'a pas même besoin de génie» dont sans doute il est bien pourvu; il lui suffit de vouloir.

D'après sa propriété exclusive d'imprimer attraction , le plus mauvais code composé par Dieu et étayé d'attraction» se soUtienckait de luinnème» ainsi que je l'ai observé 246» et s'étendrait à tout le genre humain par l'appftt du plaisir; tandis que la meilleur code social composé par les hommes» ayant besoin d'être étayé de contrainte et de supplices» devient une source de discordes et de malheurs» par la seule absence d'attraction pour l'eKéeution des lois : aussi» toutes les constitutions des hommes s'écrouieraient-elles i l'instapl;» si on cessait de les soutenir de sbires et de gibets.

On peut de là tirer la singulière conclusion» que notre bonheur ne peut naître que des lois divines » lors même que Dieu serait moins habile en législation que les philosophes^ Que sera-ce donc si Dieu est leur égal en génie » ce qu'on peut présumer sans leur faire injure? Son code

254 PRCH^éGOMÈKES.

ne fftt-il que Fëgal des leurs en sagesse , aura toujours un titre de supériorité inappréciable, en ce qu'il sera soutenu de l'Attraction, seul gage de bonheur pour ceux qui obéissent. L'homme est plus heureux d'obéir à une mat* tresse que de commander à un esclave : ce n'est donc pas de la liberté que natt le contentement, mais de la con?enance d'une fonction ayec les goûts de celui qui l'exerce.

Ainsi Dieu serait assuré de faire notre bonheur par un code atiractionnel , fût-il inférieur en sagesse aux lois des hommes : et d'autre part. Dieu est assuré de nou» voir tomber dans le malheur sous tous les codes yenanl de la raison humaine, par cela seul qu'ils ne seront pas attractùmneh , et que le législateur hommal n'a pas la faculté d'inspirer attraction pour ses percepteurs, garnisaires, sbires, conscriptions et autres perfectibilités perfectibles des constitutions civilisées.

Un législateur homme peut bien nous exciter à aimer ses lois, nous faire avouer, le sabre à la main, que nous les aimons ; mais il ne peut pas nous en inspirer l'amour» à moins de nous donner part aux sinécures , pensions et gages d'oisiveté qui ne sont que pour un trés^etit nombre d'élus; tandis que l'Attraction, une fois attachée par Dieu k l'exécution d'un code , le rendrait aimable à tout le monde.

En vain des moralistes comme Saint-Lambert dirontils aux pauvres : c Payez les impôts avec joie; c'est le mieux employé de l'argent que vous dépensez. » Le paysan ne goûte point ces préceptes, et éprouve un contraire un profond dépit en livrant cet argent au gouvernement : celui-ci l'emploiera comme fit un ministre d« 1 799 , à faire en un seul jour une dépense de 300,000 fr. de lampions, pour amuser la populace de Paris^ et en-

Page 1