‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 9 sur 91 · nûwaammm composk coBnrEB«E]iT · texte numérisé non relu

nûwaammm composk coBnrEB«E]iT

Cette 91*. fait partre de là 2*. Phase.

Dans les 4 périodes t, 7,8, 9, qui sont organisées en séries passionnelles unitaires, la justice et la vérité dominent, parce qu'elles conduisent à la fortune et à la considération, tandis que le mensonge n*; conduirait qu à la ruine et au déshonneur.

Par contre, le mensonge et Tinjustice doivent régner dans les périodes numérotées â, 3, 4, 5, où ces vices conduisent à la fortune et à la considération; c'est un effet inévitable du morcellement industriel ou exercice par fa-* milles non associées. Quant à la vérité , elle n'est lucrative et protégée que dans l'état sociétaire , dans les pé-^ Modes organisées en séries passionnelles unitaires.

Des neuf périodes indiquées dans ce tableaa» quatre seulement nous sont connues : ce sont les quatre mensongères nommées, 2, sauvagerie ;^ 5, patriarchat; 4^ barbarie ; 5 , civilisation.

Je les désigne sous le nom de lymbes ohicuret, parce qu'elles sont autant de lymbes, autant de labyrinthes pour le génie social. Pendant la durée de ces sociétés, il est réduit à des rêves impraticables sur les divers objets de ses vœux,

Richesse proportionnelle.

Bonheur individuel , Règne de la justice ,

X Unité d'action.

Aussi n'est-il parvenu qu'à établir, La Pauvreté relative; L'Inquiétude personnelle ; Le Régne de tous les vices;

X La Duplicité d'action.

Le seul chapitre des duplicités d'action nous fournira une immense litanie , dont l'article le plus saillant est la contrariété de l'intérêt individuel avec l'intérêt collectif, et l'insouciance de chacun pour les opérations d'intérêt général, comme la conservation des forêts.

Pourquoi la période sauvage est-elle, quoique sans industrie, au rang de lymbe ambiguë, et plus rapprochée de la destinée que les trois lymbes industrieuses, 5, 4, 5? Ce débat mènerait trop loin; ne compliquons pas la théorie dans un début, et classons la société sauvage au nombre des lymbes obscures.

Dans ce tableau de la première phase, j'ai intercalé sept périodes mixtes ou échelons bâtards et intermédiaires, placés à tous les intervalles ; il suffit de ces sept

pouT exercer an lecteur à classer les mutes : par exemple, il est connu que la société chinoise réunit par égales doses les caractères de barbarie et de civilisation ; elle a des sérails comme les barbares, des tribunaux de judicature et d'étiquette, comme les civilisés; elle est donc un mixte à classer entre les échelons 4 et 5, dont elle participe assez également.

L'ordre mixte est répandu dans tout le système de la nature ; il existe en mouvement social comme en mouvement matériel. Les périodes mixtes sont aux autres échelons ce qu'est le polype aux deux régnes aniipal et végétal^ ce qu'est la chauve-souris aux deux ordres de quadrupèdes et d'oiseaux dont elle forme le lien. Nous reviendroiis sur ces mixtes sociaux qu'il n'est pas encore temps de définir.

Fixons-nouis à l'objet principal , à la distinction des échelons ou périodes en sociétaires et insociétaires, dont il faut remarquer le contraste principal , savoir :

Que les sociétaires numérotés 1, 7, 8, 9, ont la propriété de rendre la vertu, la justice et la vérité, plus lucratives qtre le vice, l'injustice et le mensonge; et par suite, faire préférer la vertu au vice, passionner les hommes pour la prat^ue de la justice et de la vérité.

Que les périodes msoc»^totre« numérotées 2, 3, 4, 5,, allouent le bénéfice et les honneurs au vice fardé des couleurs de la vertu , et par suite entraînent l'immense majorité à ta pratique de l'injustice et de la fourberie. Elles sont donc pour le génie des lymbes obscures, où il est privé de la lumière sociale, ignorant l'opération d'oà naîtraient la richesse, le bonheur, la vérité et l'unité*

Le parallèle de ces huit sociétés, dont quatre heureuses et quatre malheureuses, donne lieu à poser le

3S INTRODUGTIOir.

principe de duahté d'^sar dans le système du mouTement. Distinguons-y l'essor harmonique ou heureux et yrai» distribué par séries, et l'essor subversif ou malheureux et faux» distribué par familles.

Sur oe problème, Tinstinct arait mieux guidé les anciens, que la raison n'a seryi les modernes. Ceux-ci n ontr tenu aucun compte de la dualité d'essor.

Les anciens admettaient deux principes dans l'Uniyers, le bon et le mauvais, nommés Orobaze et Arimane. Ib étendirent cette idée au' mouvement social où ils introduisirent des démons concurremment avec les dieux. En donnant un peu^ d'extension k cette idée, on aurait d6 l'appliquer aux périodes sociales, et les distinguer en< divines et. en démoniaques. On en aurait conclu, que notre globe se trouvait dans les périodes infernales ré^ gies par le mauvais principe ; car on voit sur notre globe tous les effets que pourrait y produire rinfhience des esprits infernaux : l'état social n'offre à nos regards qu'indigence, fourberie, violence, carnage, et tous les résultats qui peuvent nous faire douter de l'interventioa de la Providence , nous amener à conclure que le mouvement social est dans la phase régie par le mauvais principe, etqu'iïfaut s'évertuer à découvrir d'autres sociétés où puissent dominer le bon principe et ses effets, tels que richesse, vérité, liberté, paix générale.

Nous voyons ces deux sortes d'effets dans le monde sidéral , où le principe subversif règne parmi les astres incohérents nommés comètes, et où le principe d'harmonie règne parmi les astres sociétaires nommés pla^ nètes. S'il y a unité dans le système de l'Univers, ce contraste d'essor, cette dualité doit régner également dans le monde social.

Il ne fallait pas grand effiart de génie pour soupçonner une analogie du mouyemetit social avec le sidéral^ et conclure que les sociétés humaines pouyant être sujettes à ce double essor, on devait eliercher à sortir des quatre sociétés malheureuses et fausses , dites Sauvage » Patriarcale, Barbare, Civilisée, et procéder à l'invention des sociétés heureuses que j'ai désignées sous les numéros 1,7, 8,9: la t^. , Edeh , ne peut plus renaître, elle a été de courte durée.

La 6^. période indiquée au tableau sous les noms de Garantisme , Demi-Associàtioii , Lymbe^Âmbigue , h':a été ni organisée , ni découverte, mais très-activement cher* chée. Elle présenterait un amalgame assez régulier de vice et de vertu. Elle est l'objet des rêves de la philosophie, qui dans ses utopies ne raisonne que de garantie, contre-» poids, balance, équilibre. Pour s'élever à ce degré de bien^ à ce demi-régne de la vérité, il eut fallu inventer la période 6, plus élevée en échelle que la civilisation, qui n'est pas compatible avec les garanties régulières : aussi toutes celles qu'on tente d'y établir, sont-elles constamment éludées et illusoires.

Le fruit à tirer de ce tableau, dont je recommande l'étude , c'est de se souvenir que les périodes lymbiques, les échelons sociaux S, 3, 4, 5, où le procédé d'Association est inconnu, et où le travail est géré en mode incohérent et morcelé, sont quatre égôuts de vices, quatre boîtes de Pandore, d'où se répandent sur la terre toutes les calamités : pauvreté, inquiétude, fourberie, duplicité, etc. .

Lorsqu'on voit ces fléaux naître à la place des biens promis par la science, et s'envenimer par lés antidotes qu'on y oppose , n'est-il pas évident que l'esprit humain s'est fourvoyé, et que les voies du bien social restent à

découvrir? Pourquoi la philosophie se refuse* t*>eHe à TaYeu de ces errements que dénonce Texpérience? Les autres sciences n'ont pas cet orgueil. On convient en médecine qu'il y a insuffisance de Tart quand une maladie, comme la goutte, Thydrophobie ou Tépilepsie, est rebelle à tous les traitements connus. Dans ce cas , la médecine avoue franchement qu'elle est en arriére d'invention, et que l'antidote reste à découvrir.

La politique est bien plus en défaut d^ génie; l'art de ses coryphées ne sert qu'à nous rendre plus fourbes , plus malheureux, qu'à désoler les empires par des commotions violentes , les baigner dans le sang et le crime , en leur promeltaiït la douce fraternité : toute nation qui appelle à son secours ces régénérateurs, en vient bientôt à souhaiter de ne les avoir jamais connus.

Il est donc évident que la médecine sociale , dite philosophie, est souvent un remède pire que le mal, quelque louables que soient ses intentions. Elle échoue sur tous les points , parce qu'acné a manqué les voies de découvertes en mécanique sociétaire.

Signalons ici une contradiction qui n'a point été re-« marquée : d'une part , le préjugé nous habitue à négliger toute recherche sur l'Association, sous prétexte que ça serait trop beau; et d'autre part le mal-être nous fait in-' voquer pièce à pièce les divers bienEuts qui naîtraient du lien sociétaire. Nos désirs en ce genre peuvent se réduire à quatre , dé^ énoncés et qui comprennent tonales autres , ce sont :

Richesse proportionnelle ,

Bonheur individuel.

Règne de la justice ,

X Unité d'action.

J'emploie ici Texpression de bonheur individuel, d'où^ naît le bonheur général qui ne peut se fonder que sur le contentement de chaque individu. Tant que cette con- ^ dition n'est pas remplie, il n'existe point de bonheur général.

Tous les VŒUX de la politique, de la morale et de l'économisme, sont renfermés dans ces quatre lignes, qui indiquent les résultats généraux de l'Association; or, demander chacun des effets, n'est-ce pas désirer la cause qui seule peut les produire, et qui n'est autre que le lien sociétaire dont on n'a jamais songé à déterminer le procédé ?

La politique moderne , qui se flatte de répandre sur nous les quatre bienfaits, richesse, bonheur, justice, unité, nous accable de tous les fléaux opposés.

10. Elle promet d'enrichir les gouvernements et les particuliers; il arrive au contraire que tous les souverains s'obèrent de plus en plus, et que les particuliers, gênés par le progrés du luxe, trouvent partout leur fortune trop modique, même dans la classe qui surabonde de biens; tandis que la nombreuse caste des salariés n'a pas même le nécessaire ou minimum, et se voit d'autant^ plus sujette à manquer de travail, que l'industrie manufacturière et mécanique fait plus de progrés.

J'ai déjà observé (16) que la société civilisée et barbare ne peut pas garantir aux salariés ce nécessaire , parce que le travail étant répugnant hors de l'Association par série» unitaires , le peuple s'adonnerait à l'oisiveté dès qu'il serait assuré d'un minimum. On ne peut le lui fournir que dans l'état sociétaire où règne Yattraction industrielle y et où la régence du canton peut sans danger avancer au pauvre les 2/5 de ce qu'il gagnera en se

liyranl à ses plaisirs; c'est-^à-dire au travail devenu attrayant et métamorphosé en plaisir. Hors de cet état, la répugnance des salariés pour l'industrie ya croissant , ' parce que leur pauvreté est relativement plus grande ] qu'aux époques où le luxe était moindre; aussi n'est-il pas de misère plus effrayante que celle du peuple anglais, ' qui tient pourtant le premier rang dans Findustrie.

Oa voit |iar là que notre politique opère à contre*sens de son premier souhait , qui est la richesse proportionnelle ; et que ses progrès en industrie sont un cercle vicieux, comme tant d'autres perfections dont elle fait trophée , mais qui examinées sévèrement , jugées d'après les résultats , ne sont que des illusions systématiques.

S9. La politique se flatte de conduire les nations au bonheur., elle n'a pas même su le définir: comment nmis procurerait-elle un bien qu'elle ne connaît pas? Il existait à Rome, au^emps de Yarron, 278 opinions eontradic-toires sur le vrai bonheur, on en compterait aujourd'hui bien davantage dans Paris ou Londres.

Pour expliquer le problème, il faut s'en rapporter à la r majorité des votes. Nous voyons tous les gens riches s'a-^ donner à la vie oisive , aux fêtes , aux débauches , ou bien n'exercer en industrie que des fonctions faciles , honorifiques, lucratives. Nous voyons d'autre part, que la bour-^ geoisie et le peuple formant l'immense majorité , voudraient mener cette vie oisive et voluptueuse des riches -,■ intervenir comme eux dans l'administration. Il est évident que chacun voit le bonheur dans l'oisiiFeté ou dans les fonctions qu'envahit la classe riche.

Il faudrait donc pour élever tout le peuple au bonheur; transformer en plaisirs, en fonctions attrayantes, les Ira^ 1^ vaux auxquels est condamnée ta multitude salariée».

Tel sera l'effet de TAssociation par séries unitaires : elle sera gage de bonheur pour le peuple, en lui faisant trouver des voies d'enrichissement dans les plaisirs mêmes, e esl-à-dire dans les travaux agricoles et manufacturiers quelte rendra aussi attrayants que les plaisirs connus, et qui, dans cet ordre, deviendront séduisants au point d'amorcer même les princes , à' plus forte raison le peuple. On en verra les preuves dans ce traite.

5^. La morale voudrait faire pégnerla vertu, les bonnes mœurs, la pratique de la justice et de la vérité : rien de plus louable que cette intention; mais où^ sont tés moy^ems d'exécution? II n'en existe point dans l'état civilisé el barbare : les vertus y sont nécessairemeni avilies^ parce que là vérité y est moins lucrative que le mensonge. O» ne peut espérer le régne de la vertu, de la justice et de^ la vérité, que dans un mécanisme social qui les rendra prlUs lucratives que le vice , l'iniquité , ia fausseté, Cet^ effet n'a lien que dans l'èiat sociétaire qui comprend les quatre périodes t, 7 , 8 , 9 du tableau précédent.

Pour atteindre à ces divers biens, on a cru que le génie devait se mettre en-frais de codes et de systèmes : au lieu> de ces leviers parasites, il sufBra d'une seule méthode : Produire par séries nnitaires'v V Consommer par séries unitaires , > définies pàg. t&^ Distribuer par séries unitaires, /

Là se borne tout le grimoire du mécanisme d'Association , sa théorie ne saurait être plus simplifiée : un seul procédé, attrayant dans tous ses détails, dans tous ses emplois , et appliqué aux trois fonctions industrielles qui sont,/^roi&4Cltbn, consommation 9 distribution. Tout est restreint à ce levier , et l'on n'aura autre chose à étudier que la formation et le développement des séries unitaires.

Si cette opération est exclasiyement le gage de succès en Association, j'ai dû condamner toutes les méthodes adoptées jusqu'à présent dans les essais sociétaires des Spartiates, Hernutes, Paraguais, etc. II nous reste à classer ces méthodes, indiquer quel rang elles tiendraient dans le tableau donné.

La Civilisation y forme le cinquième échelon. Les procédés d'industrie collective qu'elle peut essayer, ne sont louables qu'autant qu'ils se rapprochent des échelons 6 et 7.

On ne découvre point cette propriété dans les réunions de Spartiates , Hemutes, Croates, Paraguais; non plus que dans les sortes d'Associations rêvées par les philosophes, comme celle des bergers de la Bétique vantés par Fénélon. Toutes ces utopies ne s'élèvent pas au-delà des degrés S, 4 et 3; eÛes ne sont la plupart, et presque toujours, qu'une Civilisation modiGée, tendant parfois à un retour en Sauvagerie, et non pas à une issue ascen- . dante de Civilisation. L'on en verra la preuve , lorsque je . donnerai une analyse régulière des caractères et ressort» qui constituent le mécanisme civilisé dans ses quatre

Quant à l'établissement de New-Lanark, j'estime qu'il mérite le rang 5 1/4, et qu'il est une demi-issue de Civilisation , une demi-transition ascendante.

Pour être issue complète, il faudrait qu'il pût nouis conduire directement à la société no. 6, dite Garantisme; alors il obtiendrait le rang 5 1/2 dans le tableau; il serait pleine transition , mixte régulier.

C'est déjà un très-grand honneur pour son auteur, que d'avoir fait ce que n'ont pas su faire vingt-cinq siècles savants; d'avoir acheminé à une des issues ascendantes-

INtROÔUCtlO^. 45

du labyrinthe, et touché par quelque point au nouveau monde industriel; à la période 6, Garantiême, d'où oi^ s'éloignait de plus en plus; témoin Taffluence croissante des indigents.

Relativement à la garantie de travail et de minimiim ou nécessaire, l'âge moderne semble rétrograder en génie social : on verra , par l'analyse des erreurs mercantiles (section 9)^ que la Civilisation déclinait et tendait à sa 4®. phase, plus vicieuse encore que la 3^. actuellemeni existante.

Notre siècle , quoique fortement occupé d'industrie; avait tout & fait manqué la voie du progrés réel ; c'est-à^ dire des inventions de procédés mixtes entre l'industrie fomiliale ou réunbn minime, et l'industrie sociétaire oi> réunion maxime, qui, une fois ktaugurée dans un canton, doit être imitée en tous pays, par appât de Hmmensitè de bénéGces et de plaisirs qu'on en verra nattre.

Il est assez difficile à un globe de s'élever d'emblée à la découverte du mode sociétaire ou série passionnelle : si je l'ai déterminé en plein, c^est que le hasard m'a bien servr dés le début; mais peu de globes y arrivent directement sans passer par lesiâtonnements, par les procédés mistei^ dont l'épreuve successive pouvait consumer des siècles.

On ne songeait point à s'occuper de pareils essais : l'institution de M. Owen est la première qui tende visiblement à ce but ; c'est un grand pas de fait vers une découverte, que d'avoir constaté qu'elle reste à faire» et d'avoir mis la main à l'œuvre ; cette modestie spéculative est ce qui manque aux modernes; avec leurs jactances de perfectibilité , ils s'éloignent d'une foule d'inventions où ils parviendraient, si l'orgueil ne les empêchait d'en tenter la recherche.

On a adopté une marche différente en Angleterre ; le comité de f^ew-Lanark pose en principe qu'il faut inventer en régime sociétaire; qae l'état actuel des classes ouvrières ne pouvant plus continuer, il faut en chercher le remède dans une méthode d'union domestique et industrielle.

Nos doctrines appelées libérales n'avaient pas su élever le siècle à ce degré de sagesse : aucune société de libéralisme n'avait posé en principe la nécessité des découvertes, ni fait à ce sujet des perquisitions, des essais théoriques et pratiques, un appel au génie.

Ce premier pas, pénible pour l'orgueil, a été franchi par la société anglaise : il faut juger son établissement, non sur le succès actuel , mais sur les succès progressifs qu'il aurait pu obtenir, en s' élevant des économies matérielles aux économies passionnelles, ou leviers d'attraotibn industrielle.

On a calomnié en France l'auteur de cette fondation : l'on a dépeint M. Owen comme un impie. Les Zolles manqueraient-ils k s'acharner sur les entreprises utiles? Mais que répondre aux voyageurs qui disent de.New-Lanark : c Je n'ai jamais vu une population aussi morale, aussi re- » ligieuse , aussi heureuse. »

Je devais ce tribut d'éloges aux seuls explorateurs qu'on ait vus chercher franchement l'Association, et en* proclamer la nécessité. En publiant cette heureuse dè^ couverte, je regrette qu'il faille se plier à l'esprit mercantile du siècle, et faire valoir sans cesse les bénéfices pécuniaires, qui sont maintenant le seul véhicule de l'esprit social. Dans d'autres siècles on aurait pu mettre en jeu de plus nobles appÂts , entre autres les garanties d'harmonie générale, règne de la vérité, extinctioade l'esprit

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révolutionnaire, graduation de température, unité uni- Terselle'de langage, signes, mesures, et tant d^autres biens qui vont naître du régime sociétaire : ces flatteuses perspectives sembleront de peu d'importance, dans un siècle tout préoccupé de commerce et d'agiotage.

Pour flatter sa manie mercantile, annonçons-lui la fin prochaine des fureurs qu'elle cause depuis si longtemps. Montrons-lui dans Tordre sociétaire une conquête com^ merciale de cent millions d'Africains placés au voisinage de l'Europe , et rétifs à ses impulsions : ils semblent attendre le signal de l'Association : elle va les fixer subitement à la culture , par sa propriété d'amorce agricole et charme industriel ; propriété réservée aux quatre périodes i , 7, 8, 9, qui sont organisées en séries passionnelles.

L'adhésion des Africains à Tindustrie et aux relations unitaires, va faire abonder ces denrées coloniales devenues si nécessaires à nos habitudes. Alors le sucre de canne s'échangera poids pour poids contre la farine de froment : il suffira de six à sept ans pour effectuer cette brillante opération, qui, en élevant l'Afrique et le monde entier aux mœurs policées , abolira à jamais l'infâme coutume de la traite des nègres et celle des pirateries barbaresques, non moins honteuse pour la Civilisation.

Faut-il ajouter la perspective des unités industrielles , surtout celle de langage, et la garantie de libre circulation sur toutes les mers et les terres du globe I L'état sociétaire va répandre par milliers ces bienfaits dont le tableau nous éblouit : tout est merveille dans l'œuvre sociale de Dieu, dans le mécanisme qu'il a composé pour le concert industrie des passions; mécanisme que tout autre que moi aurait également pu découvrir par calcul synthétique

de raltraction. Eh! n'est-il pas dand^ Tordre , qu-yn régime social donné au monde par la sagesse divine, y fasse régner autant de délices que les lois des hommes y ont déchatné de fléaux!

Si les modernes étaient animés de l'espérance en Dieu que leur prêche la religion , loin de se décourager à Tidée des biens immenses que promet TÀssociation, ils auraient considéré ce bonheur comme dessein probable de la Providence; ils auraient pressenti que l'Être suprême réservait aux hommes quelque sort moins humiliant que les misères et les perfidies civilisées. Mais le génie moderne habitue les nations à désespérer de l'assistance divine ; il leur persuade que Dieu s'en est rapporté à la faible raison humaine , du soin de diriger les passions : on va être plei* nement désabusé par l'essai du mécanisme sociétaire; et quoique notre siècle soit celui de l'athéisme , du matérialisme et des opinions irréligieuses, je puis donner un défi sur ces croyances, et assurer qu'après l'épreuve de l'Association sur un village , les athées, lesmatérialislos« et les indifférents en matière de religion, seront tellement convaincus de la générosité divine et de Yharmonisabilité des passions , qu'on les verra transformés en fervents admirateurs de Dieu, s'honorant de cet esprit religieux qu'ils repoussent aujourd'hui.

L'athéisme se fonde sur le triomphe permanent du mal , et sur l'immensité des misères humaines qui , aux yeux d'un observateur superficiel , semblent accuser d'impèritie ou d'insuffisance le créateur des passions.

Sans doute, à n'envisager que les quatre lymbes sociales nommées : 2®., Sauvagerie ; 3®., Patriarcat; 4®., Barbarie; 5®., Civilisation, l'on peut se croire fondé àcensurer les passions; mais pour apprécier la sagesse

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du Dieu qui les a créées , il faut attendre Fexposé des effets qu'elles produisent dans les périodes sociétaires indiquées sous les noms de i, Seriisme confus, Eden. Association primitive.

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