‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 10 sur 91 · Serusme composé convergent · texte numérisé non relu

Serusme composé convergent

Lorsqu'on aura lu les tableaux de la richesse et de rbarmonie que produit l'Association dans ces diverses périodes» dont la 1'®., Eden, ne peut plus renaître; les tableaux du lustre dont jouiront la vertu, la justice, la vérité, dans les trois périodes 7, 8, 9, où nous allons entrer en franchissant la 6^.; on pourra juger de la sollicitude de Dieu pour le bonheur des humains, et de l'immense éiourderie de nos siècles savants, qui n'ont pas songé à chercher d'autres sociétés que les quatre lymbes mensongères 2, 3, 4, 5, où nous végétons encore. L'avènement en 7®. période pouvait déjà s'effectuer dès le siècle des Solon et des Périclès , et même dans l'antique Egypte ; combien de sang et de misères ce retard d'études aura coûté au genre humain , notamment dans le cours de la génération présente.

Après tant de nouveautés désastreuses qui ont depuis 30 ans leurré et ensanglanté le monde social, on voit naître enfin celle qui va le pacifier et l'enrichir. Il est naturel qu'une génération si cruellement déçue par les jongleurs politiques , soit excessivement défiante ; aussi ai-je insisté et insisterai-je sur la différence d'un facile essai de l'Association borné à quatre cents villageois , ou d'une épreuve de jongleries savantes qui veulent dès le début révolutionner un empire entier.

. Si nos publicistes avaient quelque foi à leurs théories

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de fràlernité et de libéralisme , ils en admettraient Tèpreuve conditionnelle et limitée à une seule yille : on y verrait bientôt la licence populaire engendrer les discordes et les crimes ; on seraiit forcé à conclure de cette épreuve, que les doctrines philosophiques sont des tissus d'erreurs , et qu'il faut chercher pour nous conduire au bien , une nouvelle science compatible avec Texpérience » avec fépreuve sur un petit territoire.

Si les modernes ont cruellement souffert de l'esprit révolutionnaire , c'est pour n'avoir pas astreint la science à une épreuve locale. Us ont tant vanté, depuis Descartes, le témoignage de l'expérience , ils ont tant prescrit de la consulter en toute innovation, pourquoi s'obstinent-ils à méconnattre cette régie en politique? Une épreuve de la licence populaire sur une petite province , aurait donné , dés la première année , des résultats qui auraient dessillé les yeux, et garanti du piège les grands empires.

On n'aura pas celte duperie à redouter au sujet de l'Às^ sociation, dont Fessai peut être limité à un petit noyau de soixante-dix à quatre-vingts familles agricoles. On ne prendra confiance à la théorie qu'après la sanction de la pratique ; et après avoir vérifié sur ce faible germe , si l'Association formée en séries unitaires , a réellement la propriété de rendre les travaux attrayants; de tripler le produit réel de l'industrie; de concilier les prétentions y en r^artissant à chacun proportionnément aux trois facultés industrielles , capital , travail et talent ; et surtout en pourvoyant au premier besoin de l'homme social , au besoin d'un travail assuré et d'un minimum d'entretien.

On a cru depuis un siècle améliorer le sort des peuples avec des théories d'économisme , qui promettent la ri*

chesse nationale; mais quand elles tiendraient parole, qaand elles donneraient réellement une richesse nationale, serait-ce un gage d'avènement au bonheur social? Non, car le bonheur individuel dépend avant tout de V attraction industrielle qu il faut introduire dans nos travaux, et sans laquelle on ne peut garantir au peuple , ni charme dans les fonctions^ ni mininum d'entretien. Il abandonnerait (16) l'hiduslrie, dès qu'il serait assuré d'un honnête nécessaire en subsistance et vêtement; la richesse nationale serait dans ce cas un ressort nul poyr le bonheur social «t individuel; il resterait encore deux leviers k mettre en jeu, deux problèmes à résoudre :

D'abord celui de créer l'attraction industrielle : sans ce véhicule, un ouvrier est malheureux, il jalouse le riche qui a la faculté de bien vivre sans rien faire«

En second lieu, resterait le problème de la justice distributive ou répartition proportionnelle aux trois facultés, capital, travail et talent. Cette condition ne peut être remplie que dans les périodes 7^ 8 , 9 , qui opèrent par séries unitaires*

En considérant que ces trois leviers tiennent Fun à l'autre , et que leur emploi dépend exclusivement de celui de la série unitaire non inventée par la politique moderne , on conçoit combien elle était loin de satisfaire à ses promesses de bonheur; car elle ne s'exerce que sur le premier des trois problèmes, sur la richesse nationale; encore y échoue-t-elle très-honteusement : témoins les légions de mendiants dont elle couvre les pays les plus opulents, entre autres l'Angleterre.

Chacun confesse volontiers les mécomptes et l'insuOisance de nos sciences dites philosophiques, et chacun en conclut à demander un prompt exposé du mécanisme so- U 3

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ciétaire. Il sérail imprudent de céder trop tôt à te Yœu ; il faut préparer les esprits À rtailiation, tes coûyaincre pleinement de l'ignorance de leurs guides actuels ; entrer dans le détail de leurs fautes et de leurs négligences. Le méoMHsme sociétaire est un ordre si différent de nos procédés de coHure» qu'il fout, ayant de le décrire» dis* poser le siècle à rabattre de son orgueil scientifique ; lui faire entrevoir qu'il a manqué une découverte ioyoquée et pressentie par ses plus grtmds génies, les Montesquieu, les Rousseau , les Voltaire , etc. Ces grands hommes étaient plus modestes que l'ftge actuel , dirigé par quelques beaux esprits désorientés, qui sèment le découragement et persuadent que toutes les carrières sont épuisées, quand il en reste plusieurs encore vierges. On voit abonder aiqourd'hui ces faux savants, qui ne veulent ni admettre la possibilité des inventions, ni pror céder à la recherche de celles qui restent en arrière. Il faut démontrer aux modernes qu'ils sont dupes de cet orgueil de la science , et que la duperie pèse sur toutes les classes , depuis les bergers jusqu'aux monarques de plus en plus compromis par les dogmes anarcbiques et la pénurie fiscale.

Ce mal-être des souverains et des peuples retombe sur les sophistes mêmes, qui avec leurs jactances de perfectibilité n'ont réussi qu'à se rendre suspects à tout le monde. Chacun se plaint des promesses trompeuses de leur science , dont les trophées politiques et moraux sont rassemblés dans la table suivante :

INTRODUCTION. ël

TaHleau de* nenr fléaux l^mlilaves.

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