‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 109 sur 201 · XXVIII DU LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

XXVIII DU LIBRE ARBITRE

avec la raison humaine, et non pas en conflit comme on le voit dans les ordres civilisé et barbare.

Il n'y a d'autre voie d'unité que de concilier les deux impulsions, celle de Dieu qui opère par Attraction comme on le voit chez les astres et les animaux, et celle de l'homme qui doit opérer par raison ou science concordante avec l'Attraction.

Ce serait un problème bien embarrassant, si nous ne tenions pas la solution; elle est enfin donnée. On voit que dans le mécanisme des Séries passionnelles il y a toujours intervention libre de la raison humaine ou science du raffinement passionnel, et intervention libre de l'impulsion divine ou Attraction.

Voilà donc le problème du Libre Arbitre pleinement résolu en sens composé, c'est-à-dire en concours des deux impulsions divine et humaine. Si l'on veut spéculer sur la solution en simple, sur l'exercice isolé de l'une des impulsions, l'on n'arrive qu'à l'oppression de Dieu et de l'homme. C'est ce que nous allons examiner.

Je m'appuie d'une comparaison qui fera sentir que si la philosophie est absurde en voulant donner à la raison le sceptre à l'exclusion de Dieu, la théologie ne l'est pas moins en ce que, sous prétexte de tout donner à Dieu, elle lui ôte réellement tout et ne laisse de Libre Arbitre ni à Dieu ni à l'homme.

Je suppose qu'un roi se plaise à faire habituellement une partie de cartes ou d'échecs avec son valet de chambre ; des courtisans persuadent à ce valet que le roi est mécontent de ne pas gagner et que lui valet court le risque d'être congédié et de perdre une excellente place. Dès ce moment, le valet ne s'étudiera plus qu'à laisser constamment la supériorité au roi, qui sera frustré, en-

Page 1