DU LIBRE ARBITRE. XLVH
texte de donner tout à Dieu , elle ne laisse rien ni à Dieu, ni à l'homme. Cependant elle prétend venir de Dieu : mais comme il y a des théologiens par centaines et que chacun a produit et produit encore des sectes rivales qui se damnent réciproquement, on en doit conclure que si toutes les religions civilisées, barbares et sauvages, viennent de Dieu, l'esprit de Dieu n'est qu'incertitude et contradiction, et que Dieu ne veut pas le Libre Arbitre de l'homme, puisque, dans les 9/10 de ces religions, il dévoue les mécréants aux brasiers éternels ; ce qui n'est plus leur laisser libre option , liberté de jugement.
La philosophie, qui dénonce le système oppressif de sa rivale, est-elle moins intolérante? n'a-l-eîle pas aussi ses articles de foi? ses risibles assertions sur l'existence de la liberté , là ou l'homme n'a pas le droit de manger quand la faim le presse? En voulant étouffer l'Attraction ou impulsion divine, elle la remplace par une Raison qui sanctionne tous les actes de tyrannie, pourvu qu'ils soient fardés de beaux verbiages. L'une fait au nom de la Raison ce que l'autre fait au nom de Dieu. Toutes deux approuvent qu'on envoie au supplice le malheureux qui, pressé par la faim, dérobe un pain dont l'Attraction, écho de Dieu, lui fait une loi de se nourrir.
Voilà donc la science divisée en deux sectes primordiales qui, sous divers masques, ne veulent reconnaître ni Dieu ni la Raison dont elles se disent les interprèles, et punissent en pratique ce Libre Arbitre qu'elles promettent en théorie.
D'où naît ce conflit d'absurdités? De ce que chacune des deux spécule sur le simple qui n'est pas applicable à: l'homme ( sinon en relai du composé ). Chacune s'attache à une prétendue Sagesse divine ou humaine, qui tou-