DU LIBRE ARBITRE. U
pulsion humaine ou Raison qui en gradue la distribution de manière à prévenir les excès par la rapide succession efc îe contraste judicieux des plaisirs. C'est le seul moyen de mettre sans danger l'Attraction aux prises avec la Raison.
S'il y a rareté de plaisirs, l'Attraction, trop longtemps privée, se change en fougue déraisonnable, et de là vient que, parmi nous, l'excès règne non-seulement dans les séances de plaisir, mais dans les distributions de plus longs termes qui s'étendent aux âges (extrêmes). Aussi voit-on beaucoup de gens qui, à 60 ans, veulent mener le train de vie qui ne convient qu'à 30 : excès inhérent à la rareté des plaisirs civilisés, qui ne sont jamais répartis de manière à satisfaire l'imagination en temps et lieu convenables.
Quand la balance et l'option seront régulièrement établies sur une période quelconque, séance , journée , semaine, mois, année ou phase de la vie, il y aura Libre Arbitre dans l'impulsion divine ou directe, qui est l' Attraction, et dans l'impulsion humaine ou indirecte, qui est Sa Raison. Celle-ci n'aura plus la tâche impossible de modérer l'Attraction, mais seulement de l'éclairer ei delà diriger dans les options et graduations de l'affluenee de plaisirs qui sera offerte. La Raison alors sera écoutée, parce qu'elle servira et raffinera l'Attraction. Aujourd'hui qu'elle essaie de l'entraver elle est foulée aux pieds • il nj a donc entre elles d'autre moyen de concert que le mécanisme des Séries, qui les rend nécessaires l'une à l'autre dans la répartition des plaisirs.
Dans ce Nouvel Ordre, il y aura une légère supériorité du côté de l'impulsion divine , en ce que l'Attraction aura l'initiative. Les options et décisions de la Raison ne seront qu'une capitulation avec l'Attraction, mais enfin ce
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un exercice de la raison humaine, en concurrence avec l'impulsion divine, pour raffiner nos plaisirs et nous laisser l'honneur de partager avec Dieu la direction de notre individu et de nos sociétés.
Et dans ce régime d'où naîtra tant de bonheur, n'est-il pas juste que la balance penche pour l'autorité divine ou Attraction? Et, puisque dans tout Mouvement il faut une tombée de balance, qui existe déjà parmi nous dans les proportions physiques et numériques des sexes, peut-on douter que dans nos relations avec Dieu, dans la direction du Mouvement social, la tombée ne doive, pour notre bien même, appartenir au Suprême (Pondérateur), avec qui il «eus semblera si doux de partager la régie sociale, quand nous connaîtrons le sort heureux qu'il nous a préparé ! Mais Dieu, aussi généreux que nous sommes imprudents, ne veut ni d'une confiance aveugle ni d'une autorité absolue, et il nous a ménagé dans les Séries passionnelles un partage réel d'autorité, une entremise permanente de la Raison concurremment avec l'Attraction. Il ne veut, dans cet Ordre (équilibré), que le faible surplus de tombée nécessaire à assurer notre bonheur, qui serait nécessairement compromis du moment où la raison humaine, sujette à l'erreur, viendrait à surpasser en influence l'impulsion divine ou Attraction.
On peut maintenant apprécier la justesse des plaintes élevées sur le parallèle de l'homme et de l'animal dont nous déplorions à bon droit de ne pas égaler le bonheur, l'exercice du Libre Arbitre. 11 restait à savoir que notre bonheur doit être double du sien , savoir : libre exercice d'Attraction et de Raison coïncidentes. Nos sages, pour avoir voulu les faire agir en divergence et nous borner à jouir d'une seule, nous ont ôté l'exercice de