DU LIBRE ARBITRE. LVII
du plus pauvre des hommes en Harmonie, où il a des chances de plaisir décuples de celles de ces épicuriens! Qu'on se rappelle la journée harmonique décrite en 6e. touche (III, 185 et suiv., IV, 535 et suiv. )•, aucun épicurien civilisé ne peut s'assurer pour un seul jour pareil sort. Un harmonien en jouirait sans cesse, avec des variantes multipliées. D'ailleurs, qu'est-ce que les chances d'amusement civilisé comparées â celles de l'Harmonie. On a pu en juger aux chapitres qui traitent d'amour et de gastrosophie.
La liberté en 2e. exercice est la simple positive , celle qui ne repose que sur l'essor de l'Attraction sans concours de Raison positive. Elle conduit rapidement l'homme à sa perte. Un jeune étourdi qui dissipe follement une grande fortune, jouit de ce genre de liberté qui ne lui prépare pas de bonheur pour la suite. Il est douteux qu'il aille à quelques mois sans tomber dans de fâcheuses disgrâces et même en malheur composé. C'est donc une liberté funeste que la simple positive, et avant de parler des 3e. et 4e. , on reconnaît déjà au parallèle des lre. et 2e., qu'il n'y a de bonheur pour l'homme que dans la liberté composée positive, qui fait converger les deux éléments, la Passion du plaisir avec une Raison positive, occupée à raffiner et étendre les plaisirs, mais non pas à en modérer l'usage; auquel cas elle devient négative, et n'est plus, au lieu d'un garant de bonheur réel , qu'un garant contre l'imminence du malheur. Il faut se rappeler ici qu'en Harmonie, on n'a pas besoin de Raison modératrice, puisque la modération naît de l'état des choses, de l'affluence des plaisirs. Dès lors, la Raison n'a plus qu'à exercer en composé ou en calculs de raffinements voluptueux, c'està-dire en positif, en service de plaisir actif.