LV1II DU LIBRE ARBITRE
La liberté en 3e. exercice est la simple négative ou emploi de Raison modératrice dénuée du concours de l'Attraction, et n'intervenant que pour l'entraver dans des vues de prudence. Tel est le triste sort que la philosophie et la théologie veulent nous allouer en Civilisation. Il y a loin de là au bonheur. Savoir se résignera souffrir, ce n'est pas jouir. Nous ne sommes point heureux quand la Raison est en essor négatif, en guerre avec l'Attraction; nous ne jouissons que lorsque toutes deux s'accordent en faveur du plaisir -, ainsi, dans un grand repas, au lieu de servir les mets en confusion, nous employons la Raison qui nous apprend à classer les mets en Série de quatre groupes ou quatre services consécutifs. Une telle raison est positive, en ce qu'elle accroît la jouissance , nous assure par ce classement des mets, la faculté de digérer mieux et de graduer le plaisir. Mais si l'on ne sert sur la table qu'un panier de livres philosophiques et théologiques sur la tempérance, la mortification des sens et le besoin de réprimer son appétit quand on n'a pas de quoi le satisfaire, cette Raison, tout en nous persuadant par de belles phrases, ne sera qu'un plaisir négatif en conflit avec l'Attraction, qui nous fait désirer un dîner quand nous nous mettons à table. Il n'est donc rien de plus opposé au bonheur que cette Raison négative, à laquelle on façonne si bien les Civilisés et qu'on leur donne pour Libre Arbitre, quoiqu'elle ne soit que la liberté de s'habituer à souffrir et guerroyer contre soi-même.
La liberté en 4e. exercice est la composée négative ou ralliement des deux éléments frustrés. Le peuple civilisé ne connaît que cette quatrième liberté. Sa Raison brute , mais juste , ne lui montre que malheurs dans sa misérable condition. En vain la philosophie et la théologie