Industrie commerc
— Gouvernement ou direction unitaire.
. . . Exercice par attraction ou impulsion naturelle.
Voyez les détails dans la note 3, page 32.
On peut juger, par ces deux tableaux, combien nos publicistes étaient loin d'embrasser le cadre entier du problème; ils n'y comprenaient pas même le gouvernement , qui s'y trouve lié par deux intérêts très-directs ; en sens matériel, par l'avantage d'un impôt unique, versé à jour fixe , et abonné sans subtilité fiscale et sans frais ; en sens politique , par la garantie de stabilité fondée sur l'aisance du peuple, dont la misère est toujours la principale cause des commotions politiques.
Le ressort nommé série de groupes contrastés satisfait à toutes ces conditions : si je les pose avec tant de rigueur et de détails, c'est pour éviter les chicanes sur le défaut de méthode.
Tel est le programme qu'il eût fallu proposer, au moins en partie, avec offre de prix : on n'en a rien fait. Ainsi le siècle, en dissertant sur l'Association , ne sait pas encore ce qu'il désire en ce genre : il n'a ni précisé ses demandes, ni déterminé les voies à suivre dans la recherche. Il semble ne vouloir faire sur l'Association que du bel esprit, et non des découvertes.
Cependant l'impulsion existe : le gouvernement français y adhère , car il a fait envoyer à toutes les préfectures l'ouvrage de l'ingénieur Dutens, avec instruction d'en propager les principes, et répandre l'esprit d'association industrielle. Mais nos sciences économiques sont si peu avancées sur ce point, qu'elles n'ont pas même découvert ni cherché le plus bas degré d'association , le comptoir communal (III, 276), antidote naturel contre l'indigence du bas peuple , contre le prêt usuraire et les bénéfices intermédiaires du commerce , contre le dénuement de capitaux qui paralyse l'agriculture, et contre les secours dérisoires comme certaines caisses parisiennes qui, prêtant au taux fictif de 5 p. 0/0, établissent le taux réel à 17 p. 0/0, et sont prônées comme faveur du commerce pour l'agriculture.
Leslumières sur l'Association sont donc nulles en théorie. Les sophistes l'envisagent à contre-sens du but : ils spéculent sur le mode simple , ou art d'associer en industrie et non en passions ; associer les chefs actionnaires , et non les coopérateurs du moyen et bas peuple. Système spécieux par la perspective de quelques grands travaux , mais infructueux pour la masse , impuissant contre les neuf fléaux (15), et tendant à l'accroissement des traitants et des jeux d'agiotage , selon la note ( Av.-Prop. ).
Parmi les praticiens, on remarque en Angleterre II.
Owen, spéculant sur l'association des petits ménages pour épargner la perte de temps et les frais du morcellement industriel. M. Owen tend à la demi-association ou6e. période (tableau, 13), qui opère principalement sur les classes inférieures. Ignorant le procédé naturel , les séries contrastées , il n'a pas organisé les séries mixtes dont son établissement serait peut-être susceptible. D'autre part, il s'est privé du levier principal qui est l'agriculture. On pourrait y suppléer dans l'essai par un vaste jardin placé à portée de l'édifice, avec basses-cours d'ample dimension.
Je n'ai aucun renseignement sur l'autre fondation de ce genre , pour laquelle une compagnie anglaise a versé depuis peu 2,500,000 fr.
On peut citer sur ce sujet un Parisien , M. Cadet-de- Yaux, qui posa régulièrement le problème dans les journaux de 1805. Il apprécia fort bien le bénéfice énorme que donnerait une réunion de petits et moyens ménages d'un millier de cultivateurs, selon les aperçus (III, 7 à 50); mais en vrai Français, il finit par conclure à l'IM- POSSIBIL1TÉ, refrain chéri de la nation française.
Que n'excitait-il quelque société savante à proposer le problème? Il en serait résulté, entre autres avantages, que l'invention et l'inventeur trouveraient aujourd'hui une protection quelconque. C'eût été un appui anticipé , à défaut duquel la découverte ne rencontre que défiance, faux jugements et détraction.
Il semble qu'étayée de toutes les preuves désirables et surtout d'application aux sciences fixes, elle devrait obtenir en France quelque protection. Une moitié des Français se dit animée d'esprit libéral ; une autre, de charité chrétienne : si l'une et l'autre classes de philantropes se
aO CHAPITRE I. ARTICLE II.
montrent indifférentes à la découverte d'où dépend le bonheur général , quelle opinion l'humanité devra-t-elle concevoir de ceux qui se disent ses amis, de leur obstination à soutenir l'industrie morcelée ou civilisée , qui traîne tous les fléaux à sa suite ? Vouloir le bonheur social et la civilisation, n'est-ce pas vouloir à la fois le jour et la nuit ?
Ils entrevoient pourtant qu'il y a quelque chose à inventer en association ; mais quelle stérilité dans leurs explorations î Combien ils avaient besoin qu'une découverte inespérée vînt au secours, et leur dévoilât ce mystère si impénétrable à leurs sciences philosophiques !
P. S. 1/ survient en ce moment deux incidents de haute importance pour l'épreuve prochaine de l'Association. L'un a lieu en Angleterre, où, selon l'annonce que je viens d'en lire dans la Revue encyclopédique , M. Owen se décide à entreprendre une fondation sociétaire-agricole , et sans doute en local plus favorable que New-Lanark. L'autre incident a lieu en France, où une société d'agriculture a mis au concours, avec prix de 300 fr. , le plan d'un comptoir communal d'avances ; entreprise très-facile et très-lucrative dans un village où se trouverait un grand édifice d'ancien monastère ou autre.
Si M. Owen, qui va être averti de la découverte, prend le parti de s'écarter des méthodes civilisées , de substituer l'action composée (Intermède X) , à l'action simple, c'est-à-dire associer les passions et l'industrie par Séries contrastées, au lieu de n'associer que l'industrie par ménages de famille , on pourra regarder l'avènement en 7e. période comme certain. Tout tient donc dès à présent à sa détermination , car il a le crédit nécessaire pour effectuer l'opération ; et s'il goûte le plan d'action composée, accords passionnés et industriels réunis, c'en est fait
de la civilisation ; le triple bénéfice en fera raison dès le coup d'essai.
D'autre part , si la société française de Besançon , qui songe à fonder un comptoir communal, veut spéculer dans l'intérêt des villageois et des fondateurs cumulativement , au lieu de ne s'occuper, selon l'usage, que d'enrichir les gérants et actionnaires , elle devra essayer Y action composée en cadre le plus restreint; tenter en méthode bâtarde l'opération dite séries contrastées, qui associe toujours passions et industrie. Un prompt succès la paiera de ses travaux dès la première saison d'exercice. Elle aura eu l'honneur de démontrer la justesse du principe d'action composée, et l'on procédera aussitôt a une application plus étendue (7e. période, 15 ).
Si l'on déviait de ce principe dans la fondation du comptoir communal , il n'aboutirait , selon l'effet constant des méthodes civilisées , qu'à créer de nouvelles sangsues de l'agriculture , qu'a organiser quelque nouveau piège industriel comme celui de ces aigrefins, vrais amis du commerce , qui prêtent au cultivateur à 17 p. 0/0 , sous un masque de S p. 0/0.
Chacun de ces deux incidents peut devenir décisif pour la métamorphose sociale. Je disserterai , au final , sur l'intérêt de divers partis à intervenir dans cette affaire et conduire au plutôt à une issue de civilisation.
M. Owen , a qui il est aisé d'opérer sur 500 personnes , peut atteindre d'emblée aux trois résultats brillants : triple produit,