‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 26 sur 201 · VIBRATION DESCENDANTE · texte numérisé non relu

VIBRATION DESCENDANTE

Troisième Phase.

Le déclin ou combinaison descendante, ■— 55,000 ans.

Quatrième Phase.

la caducité ou incohérence descendante, •— 8,000 ans.

Total 80,000 ans.

Les deux phases d'incohérence ou discorde sociale comprennent les temps malheureux.

Les deux phases de combinaison ou Unité sociale comprennent les âges de bonheur, dont la durée sera sept fois plus étendue que celle des âges malheureux.

On voit par ce tableau que , dans la carrière du genre humain comme dans celle des individus, les temps de souffrance sont aux deux extrémités.

Nous sommes dans la première phase, dans l'âge d'incohérence ascendante qui précède l'avènement aux Destinées; aussi sommes-nous excessivement malheureux depuis cinq à six mille ans

dont nos chroniques ont transmis l'histoire. Il n'y a guère que sept mille ans d'écoulés depuis la création des hommes, et depuis ce temps nous n'avons marché que de tourments en tourments.

On ne pourra juger de l'immensité de nos souffrances que lorsqu'on connaîtra l'excès de bonheur qui nous est réservé, et auquel nous allons passer sans délai par la découverte des lois du Mouvement. Nous allons entrer en deuxième phase , en combinaison ascendante.

Les deux phases d'incohérence, quoique très courtes, contiennent chacune sept périodes sociales : en tout 14 périodes d'incohérence.

Les deux phases de combinaison, quoicpie très longues, ne contiennent chacune que neuf périodes sociales : en tout 18 périodes de combinaison.

Total 32 périodes ou sociétés.

Total, trente-deux périodes ou sociétés possibles, sans compter les mixtes.

Voici un tableau de ces trente-deux périodes; il paraîtra fatigant de se le graver dans la mémoire ; mais peut-on acquérir aucune connaissance sans étude préalable, et pourquoi le calcul des Destinées n'aurait-il pas ses épines comme tout autre ?

Il importe de relire ce tableau, afin de n'être pas obligé d'y recourir chaque fois que je parlerai des phases et périodes diverses.

Ceux qui ne voudraient pas donner un quart d'heure à Vétude des tables, à la comparaison des quatre phases et des trente-deux métamorphoses sociales, aux époques des dix-huit créations et delà couronne boréale, doivent fermer le livre plutôt que de continuer une lecture qui leur présenterait à chaque instant des obscurités, mais qui sera pleinement intelligible à ceux qui auront étudié ces tables du Mouvement social.

A l'inspection des tables , on est d'abord frappé de la petitesse de vues des philosophes, qui nous persuadent que la Civilisation est le terme ultérieur des Destins sociaux, tandis qu'elle n'est que la cinquième des trente-deux sociétés possibles, et l'une des plus malheureuses d'entre les dix périodes infortunées, qui sont les :

2% s% 4% 5e, 6* en phase d'enfance;

31e, 30e, 29% 28% 27e en phase de caducité. Je les nomme périodes d'infortune, puisqu'il n'y a de bonheur que /lans celles dont le mécanisme est formé en Séries groupées et non en ménages isolés.

Les périodes 1 et 32, 7 et 26, sont formées en Séries, mais d'une espèce bâtarde; les septième et vingt-sixième sont des embryons de Séries groupées, qui s'organiseraient dans le cas où le genre humain manquerait le calcul de l'Association et n'en découvrirait que des germes. Ces Séries bâtardes sont déjà fort heureuses; j'en donnerai quelques notions dans la seconde partie qui traitera du ménage progressif.

Le genre humain va s'élever à la huitième période sociale (Séries combinées simples), qui s'établira par tout le globe, et qui durera au moins quatre cents ans avant qu'on puisse passer à la neuvième. Celle-ci ne pourra s'organiser que par le secours de? nouvelles créations et de la couronne boréale dont je parlerai plus loin.

Dans le cours de sa première phase, le Mouvement social présente l'image d'un homme qui recule devant un fossé pour mieux s'élancer et franchir; c'est ce que j'ai représenté sur le tableau par les mots reculeinent , élan et saut. C'est reculer que de tomber de la première période, qui est heureuse, à la quatrième, qui est la plus malheureuse; mais on y acquiert une force nouvelle, la grande industrie agricole et manufacturière, qui, en s'augmentant par les périodes d'élan 5, 6, 7, donne enfin au genre humain les moyens de franchir le pas du Chaos à l'Harmonie.

Les trente-deux sociétés ne doivent pas être comptées pour seize, quoiqu'elles renaissent en ordre inverse dans les deux dernières phases; car dans leur renaissance elles éprouvent de grands changements : par exemple, la Civilisation, lorsqu'elle renaîtra, au déclin du monde, sera aussi calme qu'on la voit turbulente aujourd'hui, où le genre humain a toute la fougue de la jeunesse. L'arrière-Civilisation sera tempérée par la connaissance d'un bonheur perdu et par la douleur de ne pouvoir reformer les Séries progressives; leur mécanisme sera entravé, désorganisé et dissous par la dix-huitième et dernière création, qui sera malfaisante comme celle que nous voyons aujourd'hui.

La première phase ou enfance est la seule dont la durée ne soit pas fixe et dont le cours soit irrégulier; elle aurait dû se borner à Mnq mille ans ; mais Dieu, en nous laissant le libre arbitre, ne

peut pas empêcher que certains globes ne se laissent égarer par les sciences incertaines et par les préjugés qu'elles répandent contre la nature et l'Attraction. Ces globes encroûtés de philosophie peuvent persister longtemps dans leur aveuglement, et se croire habiles dans l'art social quand ils ne savent produire que les révolutions, l'indigence, la fourberie et le carnage. Tant qu'on s'obstine dans cet orgueil, tant que la raison ne s'élève pas contre les faux savants, il ne faut pas s'étonner si le désordre se perpétue. Ek peut-on voir un désordre plus affreux que celui qui règne sur ce globe? La moitié de la terre est envahie par les bêtes féroces ou sauvages, ce qui est la même chose; quant à l'autre moitié, qui est mise en culture, on en voit les trois quarts occupés par les coupe-têtes ou Barbares, qui asservissent les cultivateurs et les femmes, et qui sont en tous sens l'opprobre de la raison. Il reste donc un huitième du globe dévolu aux fripons ou Civilisés, qui se vantent de perfectionnement, en élevant l'indigence et la corruption au plus haut degré. Pourrait-on trouver un désordre plus odieux sur aucun globe? Et quand on voit les nations accueillir cette philosophie qui a produit un tel chaos politique, faut-il s'étonner si le genre humain est arriéré de plusieurs mille ans dans sa carrière sociale, s'il a passé sept mille ans dans l'enfance qui en devait à peine durer cinq mille, et s'il ne s'est élevé qu'à la cinquième des sept périodes d'enfance sociale, sans parvenir seulement à la sixième, où il aurait déjà trouvé une ombre de bienêtre ?

Le Mouvement social aura une marche régulière dans les deux âges de combinaison ascendante et descendante qui vont commencer, et qui comprendront environ septante mille ans. Dans le cours de ce long âge de bonheur, les seize métamorphoses sociales ou changements de période seront déterminés par les nouvelles créations qui se succéderont régulièrement, et qui, donnant de nouveaux produits dans les trois règnes, causeront des modifications relatives dans les rapports sociaux. Mais ces changements ne seront que des variétés de jouissances et jamais des révolutions désastreuses, excepté le passage de la 24e à la 25e période, qui causera un déclin rapide et annoncera la caducité du globe.

Au reste, si l'enfant de six à sept ans ne doit pas s'inquiéter des infirmités quilui surviendront aux approches delaquatre-vingtième année, comme lui nous ne devons songer qu'au bonheur qui s'approche, et dont le globe n'eut jamais un aussi pressant besoin.

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