XX !J PREFACE
côté, pense sans doute que, dans les circonstances actuelles, cette Méthode est préférable a toute autre, puisqu'elle se refuse au rétablissement du Divorce.
Mais si déjà, dans l'État Social actuel, les législateurs de la Chambre des Députés regardent la faculté de rompre les liens mal assortis comme un fait plus conforme au sentiment du Bien que la perpétuité forcée, et veulent aujourd'hui môme changer la Loi matrimoniale, a plus forte raison peut-on comprendre que, dans des États de Société très différents du nôtre, il puisse être excellent de faire de nouvelles modifications à cette Loi, à cette Méthode.
Du lien perpétuel forcé au Divorce que veut aujourd'hui la Chambre, il y a plus loin, tout esprit philosophique le reconnaîtra sans peine, que du Divorce aux Règles indiquées par Fourier pour une Société toute autre que la Société actuelle. Du lien perpétuel forcé au Divorce, en effet, il y a un abîme: le Divorce n'est pas une simple modification apportée a un Principe, c'est un Principe qui en tue un autre et qui constitue une loi entièrement nouvelle. Le mariage forcé a perpétuité, c'est le Principe de Villégitimité absolue du changement de lien. Le Divorce, c'est le Principe de la Légitimité du Changement, sauf mesures et conditions.
En fait de Coutumes matrimoniales , de Méthodes pour l'Union des Sexes, comme pour les Règlements qui concernent les autres Relations sociales, il faut bien se garder de confondre la Règle établie, qui n'est jamais qu'un fait, et un fait essentiellement muable et transitoire, avec l'objet immuable de celte Règle, qui doit être toujours la plus grande Production possible du Bien dans les Relations que cette Règle gouverne. La règle du lien forcé à perpétuité est-elle la plus favorable aux Bonne» Mœurs, c'est -a-dire au règne de la Vérité, de la Loyauté, de l'Honneur dans le Système des Relations
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sexuelles, au bou accord des personnes, à la liberté et à la dignité de l'homme et de la femme, enfin aux intérêts des êtres que ces Relations engendrent? Le Régime du lien forcé à perpétuité est-il le Régime qui, dans les rapports des Sexes, est capable de produire, relativement ou absolument, la plus grande somme d'Ordre avec la plus grande somme de Liberté, et cela dans tous les Etats de Société possibles? — S'il est bien démontré que cette propriété appartient à la Règle de la Monogamie forcée a perpétuité, celle-ci n'a rien a craindre ni du temps ni de la critique; et l'on peut être bien assuré que l'Humanité ne l'abandonnera jamais au profit de Règles qui lui donneraient moins d'Ordre et moins de Liberté; — mais c'est là ce qu'il faudrait démontrer.
Quand Fourier critique cette Règle, que lui reproche-t-il? — Il lui reproche tout justement d'engendrer les Mauvaises Mœurs, c'est-à-dire la Déloyauté, la Fausse Paternité, les Trahisons, et toutes sortes d'Infamies, de Monstruosités odieuses que les Règles qu'il propose rendraient, selon lui, à peu près impossibles.
Si la Monogamie à perpétuité forcée, qui n'est pas les Bonnes Mœurs mais seulement la loi que, sur le coin de la terre où nous habitons, Von a crue la plus propre à obtenir les Bonnes Mœurs, si cette loi n'atteint pas son But; si l'on peut concevoir des Règles infiniment plus favorables à la Liberté et aux Bonnes Mœurs, assurément il n'y a rien $ immoral à critiquer la première Règle et à préconiser les secondes. Il est donc extrêmement absurde de s'écrier, en identifiant la Loi avec l'Objet de la Loi, le Mariage fixe avec les Bonnes Mœurs, que Fourier attaque les Bonnes Mœurs par cela qu'il attaque le Mariage fixe qui a bien été institué sans doute en vue des Bonnes Mœurs, mais qui n'a pas puissance de les réaliser et de les généraliser dans la Société. Il est ab-