DES EDITEURS. XXJ
raient des relations proscrites par la Morale. Mais cela prouvet-il que les Coutumes proposées par Fourier ne puissent valoir infiniment mieux que les Coutumes voulues par la Morale? La question est la. II s'agit de savoir qui a raison, de ceux qui ne veulent d'autre règle pour l'Union des Sexes qu'un lien indissoluble à perpétuité et forcé, ou de Fourier qui propose d'autres règles.
Apparemment, ce n'est pas le mariage perpétuel et indissoluble qui est le Bien en Relations sexuelles. Le mariage indissoluble, le lien perpétuel et forcé est tout simplement une Institution, une Règle, une Méthode adoptée par ceux qui ont fait les lois, comme étant ce qu'ils savaient de mieux pour produire le Bien dans ces Relations, une Méthode qui peut couvenir ou ne pas convenir a tel ou tel État de Société, qui peut avoir ses Avantages, qui peut avoir ses Vices, et qu'il est essentiellement licite d'examiner, de critiquer au point de vue de la plus grande Production du Bien dans les Relations que cette Méthode a pour objet de régir.
Les Coutumes, les Lois qui président à l'Union des Sexes n'ont pas toujours été ce qu'elles sont, et d'ailleurs elles diffèrent singulièrement aujourd'hui de Peuple a Peuple. Notre Monogamie indissoluble, la Polygynie des Orientaux, la Polyandrie des Thibétains et autres peuples, les droits de Répudiation, de Divorce, enfin les mille Coutumes qui règlent les Relations conjugales sur la surface du globe, diffèrent assefc entre elles pour qu'il soit raisonnable d'examiner ce que chacune d'elles vaut, et de se demander si l'on n'en saurait concevoir de supérieures.
La Monogamie indissoluble est une Méthode et pas autre chose. Est-ce la meilleure des Méthodes? La Chambre des Députés ne le pense pas, puisque depuis quelques années elle a deux fois déjà voté le Divorce. La Chambre des Pairs, de son