‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 24 sur 98 · PLAN · texte numérisé non relu

PLAN

Dans ces deux Mémoires je disserterai sur le canevas suivant:

Qu'est-ce que les destinées ? De quelles branches se compose leur système général? Quels indices et quels moyens avait l'esprit humain pour parvenir à l'invention du système général des Des* tinées?

Je ne séparerai pas ces questions; il me serait difficile de les traiter isolément. On trouvera dans cet écrit beaucoup de redites, et peut-être aurait-il fallu les multiplier davantage, pour soutenir l'attention dans un sujet si neuf et si opposé aux préjugés philosophiques dont tout le monde est imbu.

Je diviserai ce Prospectus en trois parties, V Exposition, les Descriptions et la Confirmation.

1° L'exposition traitera de quelques branches des Destinées générales : un sujet si relevé et si vaste n'intéressera pas le grand nombre des lecteurs, mais il sera semé de détails assez curieux pour dédommager de quelques aridités. Cette première partie s'adresse donc aux Curieux, aux hommes studieux qui ne crain-

(l) L'ouvrage que nous réimprimons était considéré par Fourier, lorsqu'il le publia, comme un premier Mémoire-Prospectus. L'intention de l'auteur était d'en donner un second du même genre, et de faire suivre ces deux premiers Mémoires-Prospectus d'une exposition régulière et scientifique de sa découverte, développée en six petits Mémoires d'environ 150 pages, annoncés à la fin du volume.

(Note des éditeurs. )

(Iront pas de surmonter quelques obstacles pour pénétrer de profonds mystères; ils seront agréablement surpris de divers développements qu'offre cette première partie sur l'origine des sociétés, leur succession future, et les révolutions matérielles ou sociales de notre globe et des autres mondes.

2° Les Descriptions feront connaître quelques particularités des Destinées privées ou domestiques dans l'Ordre combiné ; elles donneront quelque aperçu de ses jouissances, et sous ce rapport elles s'adressent spécialement aux Voluptueux ou Sybarites. En prenant un avant-goût des délices de l'Ordre combiné, ils concevront jusqu'à quel point le genre humain est dupe des philosophes qui nous ont caché si longtemps les voies d'un tel bonheur, par leur obstination à critiquer l'Attraction passionnée , à vouloir la réprimer, l'étouffer, au lieu d'en faire une étude régulière.

3° La Confirmation. Elle se composera d'indices tirés de la fausseté des lumières actuelles ; j'arguerai des bévues systématiques des Civilisés, et entre autres de la plus récente, celle qui régit exclusivement leur politique; c'est Y Esprit commercial. Je signalerai dans ses progrès l'empirisme croissant des sciences incertaines et les révolutions où nous courons de plus en plus sous leurs auspices. Cette troisième partie s'adresse aux Critiques; ils reconnaîtront que le corps social est plus que jamais influencé et mystifié par les philosophes, tout abattus qu'ils paraissent; que les systèmes mercantiles, dernière ressource de ces sophistes, sont la plus inepte conception qui ait jamais paru, et complètent dignement la mesure des absurdités civilisées.

Au moyen de cette distribution, je crois avoir adapté le Prospectus au goût des diverses classes de lecteurs , chacun d'entre eux pouvant être rangé dans l'une des trois catégoriesde Curieux, de Voluptueux ou de Critiques.

J'invite les uns et les autres à se rappeler que dans un Prospectus je ne puis m'arrêter à aucune démonstration, et qu'en annonçant tant d'événements merveilleux, tant de résultats incompréhensibles, je ne prétends pas exciter la crédulité; j'essaie seulement d'appeler la curiosité sur les Mémoires suivants , où sera contenue la théorie démonstrative de tant de connaissances. Elles sont d'autant p!us merveilleuses que chacun pourra facilement y être initié, puisqu'elles découlent d'un très simple calcul sur Y Association agricole, formée en Séries progressives. Tel a été le modeste germe de la plus brillante des découvertes ; ainsi le plus

26 DISCOURS PRELIMINAIRE

grand fleuve n'est souvent à sa source qu'une humble fontaine, et l'avalanche qui écrase des villages n'est à sa naissance qu'un léger flocon de neige.

[Si les sciences les plus exactes, si les mathématiques sur tesquelles mille traités ont rivalisé de perfection théorique, présentent encore à tout élève des difficultés et obscurités qui l'obligent à s'aider de plusieurs lectures et des leçons d'un maître, l'on doit s'attendre à trouver bien plus d'obstacles dans l'étude de l'Attraction passionnelle, science à peine dégrossie, qui n'est qu'à son aurore, et dont l'exposé suivant est nécessairement frappé de trois imperfections :

1° Enoncé en Prospectus, en vagues aperçus, qui même dans e cas d'extrême clarté ne suffiraient pas à initier les lecteurs, puisque je ne fais que préluder sur chaque sujet;

2° Rédaction par un homme étranger à l'art d'écrire, et qui n'a point été avisé par une critique antérieure de l'étendue des détails qu'il eût convenu de donner sur chaque branche du sujet ;

3° Restriction aux connaissances élémentaires et incomplèteque l'auteur avait pu acquérir de 1799 à 1807 et qui se sont bien accrues depuis.

Contrarié par ces trois obstacles, comment aurais-jopuen 1807 initier et satisfaire des lecteurs qui auront encore besoin de leçons quand j'aurai publié le Traité de 1821 (d) , et que les beaux esprits, les plagiaires, etc., y auront ajouté leur prose?

Quant à ce Prospectus, aujourd'hui que je puis le juger aprèi dix ans d'intervalle, je crois qu'il faudrait y ajouter, vu le progrès qu'a fait la science , un commentaire plus gros que le volume! Patience donc jusqu'en 1821].

(l) Lorsque Fourier écrivait celle note, eu 1818, il préparait le Traité de l'Association, qui parut en 182-2. (Note des édile'.*

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