‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 101 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III

en bonne voie, avancer en échelle de destinée, passer des périodes 4 et 5 aux périodes 7 et 8, restaurer du même coup le monde passionnel et le monde matériel 98. »

A ces mots, nos bourgeoises tètes philosophiques s'imaginent qu'on veut les faire voyager dans la lune : elles ne sauraient concevoir que le génie social puisse ambitionner de rôle plus sublime, plus fortuné que la Civilisalion perfectible , avec ses villes jonchées de mendiants et ses neuf fléaux lymbiques.

En outre, les deux partis , Expectants et Obscurants , sont également esclaves du préjugé anti-religieux qui , en mécanique sociale, place Dieu au second rang, et l'homme au premier. Vous les verrez s'unir d'opinion, s'insurger si on leur déclare que ce n'est point à la raison humaine à faire des codes ; que Dieu y a pourvu ; qu'à lui seul appartient de statuer sur la direction du mouvement , social ou autre.

Sur ce, ils déclareront la pairie en danger , et lanceront l'anathéme sur le Titan qui dispute à la Philosophie le droit de législation. Ils consentent bien à reconnaître fictivement la suprématie de Dieu, mais sous condition de le tenir en tutelle , comme Richelieu y tenait Louis XIII, et réserver à l'auguste Philosophie le privilège exclusif de répandre des torrents de lumières et de constitutions pour le maintien de nos droits imprescriptibles à l'état d'indigence , fourberie, oppression, carnage.

Voilà comment l'opinion est fascinée sur notre globe : faut-il s'étonner qu'on n'ait jamais pu s'y élever à l'idée d'une loi sociale divine , et que les principes sociauxreligieux , la reconnaissance des attributions divines 266, entre autres de l'universalité de la Providence, n'aient pu germer chez aucune des corporations savantes ?

276 PROLÉGOilÈ>ES.

Page 1