PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT
Ow'e pour entendre les chœurs des hiérarchies célestes; Odorat pour humer les parfums des cassoleltes célestes.
Le goût et le tact ne sont pas de la partie, et peutêtre a-t-on bien fait de les en exclure, d'après les considérations alléguées (310) sur la misère de la populace.
31ais lorsque le genre humain sera parvenu au plein essor des douze passions , l'autre vie ne pourra le tenter que sous la garantie de leur essor plus étendu. Par exemple, quant au sens de la vue : s'il est prouvé que, dans l'autre vie , nous verrons très-distinctement ce qui se passe dans les diverses planètes, dans le soleil intérieur et sur toute la surface de notre globe, mieux que nous ne voyons aujourd'hui, du haut d'un clocher, ce qui se passe aux quatre points cardinaux , ce sera assurément une extension d'exercice de la vue; ce sera vision élevée en degré supérieur, et attrait visuel pour nous amorcer au sort de l'antre vie.
L'appât devra être le même sur chacune des douze passions radicales, dont sept animiques (164) et cinq sensitives. La théorie des destinées trans-mondaines devra nous fournir pleine garantie d'extension de ces douze jouissances.
Est-il d'inconséquence plus choquante que de vouloir, dans l'autre vie, qu'on dépeint supérieure en plaisirs à celle-ci, réduire les chances de plaisir qui nous sont déjà connues , et diminuer le nombre de nos passions ! Comment les auteurs de ce dogme se concilieront-ils avec leurs propres doctrines? On nous dit que nous sommes créés à l'image de Dieu : rien n'est plus vrai quant i^
notre âme (i); elle est, comme celle de Dieu, formée des douze passions radicales ou oclaviennes, qui sont aussi celles des planètes, des univers, binivers, trinivers, et des créatures d'échelle harmonique, dont l'Homme est la plus basse et Dieu le pivot général. Si nous perdions quelqu'une de ces passions en passant à une autre vie, nous serions donc moins rapprochés de l'essence de la Divinité; nous ne serions plus en accord intégral , en pleine unité avec elle, et nous rentrerions dans la classe des animaux, ils sont hors de la chaîne d'Harmonie, à titre de moules incomplets, inhabiles à comporter le clavier intégral des douze passions en essor harmonique dont l'exercice exige des octaves complètes, en majeur et mineur, en direct et inverse.
On peut sans doute se passer de quelqu'une des douze, et même de deux. : un aveugle existe sans le sens de la vue : mais s'il est avéré que l'absence d'une seule des douze peut nous rendre malheureux en cette vie , il en serait de même dans l'autre, où l'exercice des passions étant plus étendu, plus raffiné, les privations seraient d'autant plus grandes.
Or si nous devons, selon la loi des Attractions proportionnelles aux destinées , conserver dans l'autre vie l'usage intégral de nos passions, l'on ne peut pas admettre en principe l'exclusion de métempsycose ou retour en cette vie : cette exclusion supposerait l'anéantissement
(i) L'âme est en identité' positive avec Dieu, par exacte icssem- Llance des passions : le corps est en identité relative, c'est-à-dire analogie dans le cadre et le but des fonctions, quoiqu'il y ait différence dans le mode d'exercice, notamment en ce qui touche aux passions sensuelles.