‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 118 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT. 3t,S · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT. 3t,S

dans cet ordre, l'enfant abandonné à lui-même dès l'âge de deux ans et demi, fréquentant et parcourant les groupes de ses semblables dans les ateliers et jardins, s'y conduit avec autant de sagesse que s'il était dirigé par la main de Dieu, et pourtant sans suivre d'autres conseils que ceux de l'Attraction. L'on verra que ce môme égide le soutient dans l'adolescence, où, tout en se livrant aveuglément à ses passions, il ne peut commettre aucune faute notable contre sa santé ni ses intérêts. (L'exception de i/8^. confirme la règle : on en verra à peine un sur huit commettre de légères fautes contre l'économie sanitaire et pécuniaire. Aujourd'hui l'exception est en sens contraire ; à peine un sur huit qui tienne une conduite constamment prudente.)

Dès lors une âme qui renaîtra dans un corps harmonien, y revivra avec l'adjonction de la sagesse désirée aujourd'hui par les vieillards : elle aura subi la métempsycose en composé, et non en simple; d'où il suit que ce souhait de nos doyens sociaux est rigoureusement conforme à la destinée; que celle impulsion est, comme toutes les autres, distribuée judicieusement par le suprême économe, qui ne donne à chaque être qu'une dose d'Attraction proportionnelle aux destinées essentielles.

Précisons, par une comparaison, la différence du destin essentiel à l'accessoire.

Si l'on transporte des abeilles à cent lieues en mer, dans une île déserte , meublée de rochers nus ou de sables arides, elles n'y trouveront pas une fleur; elles n'auront pas moins Attraction pour les fleurs, parce que leur destinée essentielle est de vivre du pollen des fleurs. Ainsi l'homme a des attractions adaptées à l'état sociétaire qui est sa destinée essentielle , et non à l'état de

lymbe sociale , qui n'est que transition et voie d'acheminement dans le cadre de la destinée humaine.

Ohj. Si nous sommes réservés , dans cette Harmonie sociétaire, à obtenirtout ce que nous désirons aujourd'hui, chacun de nous devra donc y posséder d'immenses richesses qu'il convoite dans l'état actuel!

J'ai déjà préludé à la réplique (233) et je la donnerai complète à la septième section , où il sera prouvé que le plus opulent des monarques civilisés ne peut pas , à égale santé , parvenir un seul jour au degré de bonheur et à la variété de plaisirs dont jouit un harmonien. Nous ne désirons donc rien de trop , en souhaitant les trésors de Crésus , c'est-à-dire la dose de bonheur qu'on se procurerait avec ces trésors , car nous obtiendrons , dès l'établissement de l'ordre sociétaire , un bonheur bien supérieur à celui des Crésus anciens et modernes, qui, malgré leurs trésors, doivent être encore tourmentés de désirs, parce qu'ils sont loin des biens que nous garantira l'état de destinée essentielle.

Lorsque nous jouirons de tant de bien-être dès ce monde, à quelles conditions la perspective d'une autre vie pourra-t-elle nous présenter des charmes dès celleci? Elle ne pourra nous amorcer que par l'assurance d'y développer nos douze passions en essor supérieur à celui qu'elles trouveront en ce monde élevé à l'Harmonie.

Loin de se rallier à ce principe , les doctrines civilisées privent les ultra-mondains de l'usage des deux sens recteurs et actifs, goût et tact. Elles ne leur accordent que l'emploi des trois sens passifs en jouissance :

Vue pour admirer la Divinité, les murs et escaliers de diamant des demeures célestes ;

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