PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT
supposant 33 ans de vie mondaine, et 66 de vie transrnondaine. Ce terme n'est point uniforme et peut, comme ici-bas, varier du tiers au triple; soit 20 ans de station pour telle âme , et 200 ans pour telle autre.
L'âme humaine étant de nature harmonienne et différente de celle des bêtes , elle ne peut pas stationner dans les corps des animaux. Ils ne sont pas moules d'harmonie, mécaniques à douze passions; ils ne sont que moules partiels, louches disséminées, coffres d'âmes simples, réduites à certaines branches de passions ; et par suite , le corps d'un animal est inapplicable à une âme humaine, possédant comme Dieu le clavier intégral des douze passions. Si un corps animal pouvait les contenir , il se trouverait unitaire avec Dieu, et admis à l'usage du feu ou corps de Dieu , dont les emplois sont interdits à l'animal, parce qu'il est hors d'unité divine. Aussi n'est-il pas admis à l'honneur de connaître Dieu et se rallier intentionnellement à Dieu.
La vie présente étant à l'autre vie ce qu'est le simple au composé , nous avons dans l'autre vie double exercice de mémoire, et dans celle-ci double lacune de mémoire, parce que le mode simple conduit à la fausseté qui est toujours duplique (i) ; la vérité est toujours dualiséc (sauf rares exceptions).
En conséquence, nous ne pouvons avoir souvenir en
(i) Les expressions duplique, dupliquer, 288, sont indispensables en iheorie des passions : les mots double, doubler, n'exprimeraient point la duplicité' d'action ; double se prend en bonne comme en mauvaise part; il est générique : mais si l'on passe du genre aux espèces, il faut employer : en bonne part, dualiser qui suppose le concert de deux éléments ; et en mauvaise part , dupliquer pour expression de leur discorde.
ce monde, ni des existences mondaines passées, ni des trans-mondaines; tandis que, dans l'autre vie, nous aurons la mémoire des unes et des autres.
Ainsi , dans un rêve , nous ne nous rappelons ni des songes passés, ni régulièrement des journées passées, car nous confondons en rêve les temps , les lieux et les choses , tandis qu'en état de veille , nous nous rappelons distinctement, et des songes, et des veilles passées.
Les âmes dans l'autre vie prennent un corps formé de l'élément que nous nommons Arôme , qui est incombustible et homogène avec le feu. Il pénétre les solides avec rapidité , comme on le voit par l'Arôme nommé fluide magnétique , circulant dans les roches intérieures et au centre des mines, aussi rapidement qu'en plein air.
L'effet est prouvé par l'aiguille aimantée , que le fluide magnétique dirige au sein des roches les plus épaisses.
Le corps des défunts est aromal-éthéré , c'est-à-dire qu'à la substance aromale dont il est formé, se joint une autre substance de l'élément nommé Elher, qui est la portion subtile et supérieure de notre atmosphère.
Les corps mondains étant terre-aqueux , formés des deux éléments terre et eau , il est dans l'ordre que les corps trans-mondains soient formés des deux autres éléments , arôme et air. Celui-ci isolément ne pourrait pas former le corps des trans-mondains, car l'air est combustible ; mais sa partie supérieure, Elher, plus dégagée d'oxigéne et combinée avec l'arôme , forme des corps pleinement homogènes avec le feu et l'intérieur brûlant du globe , que parcourent dans leurs fonctions les ultramondains de divers degrés.
Les ullra-mondains ne sont point égaux : la sainte égalité philosophique ne règne pas plus dans l'autre