‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 191 sur 298 · BAS ACCORDS · texte numérisé non relu

BAS ACCORDS

Trois pages à donner aux ronces de la science ; tout sera de roses dès qu'on arrivera aux moyens accords, tierce, quarte, etc.

0. Brut. HÉTÉROPHILIE, HÉTÉROGAMIE. Un scul des ressorts d'amitié (347 ) ou d'amour développe sans réciprocité, comme serait une amitié non partagée. Ce n'est point un accord, mais seulement un germe d'oii pourra naître l'accord nommé groupe.

1 . Prime en amitié monophilie , en amour monogaîhe. Il s'établit entre des individus mus par accord mono-

et des accords d'amour*

Amour.

Hétérogamie.

Monogamie.

Hémigamie.

Visuismc.

Oeil convergent.

Oeil asinique.

Oeil cameléonique

avec analogies.

Raisin. Accord générique.

Verjus. Hétéromode.

Moût. Monomode.

, Piquette. Dimode.

Andro garnie.

Cryptogamie.

Delphigamie.

P,hanérogamie.

Oeil co- terrestre.

Oeil coae'rien.

Oeil co-aromal.

Oeil co-aquatique.

Bourru. Trxmode.

Cuvé. TétrAMODe.

rieilli. Pentamode.

Vin cuit. HexAmode.

Vltragamie.

Omnigamie Y Omnigamie Jt

Oeil noctambule.

Oeil diaphaniquc

ou co-igne'.

Oeil ultra-éthéré.

Vinaigre. HeptAmode.

Alkool, Esprit.

Omnimode

Ewtragamie. Louche, fausse', Forcé, aigri. Extramode. Miope, presbyte. Poussé., tourné.

blage des 8 accords omnimodes fournis par chacun des 4 groupes, celui d'Unitéisine est hyper-pi votai.

mode. Un seul des ressorts d'amitié ou d'amour indiqués au tableau.

Il est assez rare de trouver cet accord sans complication. Les enfants dans leurs jeux sont communément en accord monophile spirituel , ou affinité d'amusements sans affinité d'industrie. L'amitié de Cicéron et Atticus est un mixte où intervient la ligue d'intérêts, mélange d'amitié et d'ambition.

Le lien de monogamie matérielle , accord de prime en amour, a lieu entre homme et femme co-habitant sans inclination, comme il arrive dans la plupart des mariages d'intérêt , où le lien est purement matériel.

Il y a monogamie spirituelle entre deux amants qui , surveillés et entravés, sont contraints à s'en tenir à une

ardeur céladonique ou lien de cœur, à un accord purement affectif, une prime spirituelle.

Seconde. 2®. Hémiphilie, hémigamie. Accord dimode , lien qui déploie deux ressorts chez l'un, et un seul chez l'autre. Vhémigamte est un lien fréquent en mariage : une jeune personne de IG ans épouse un barbon de 00 ans : celui-ci ressent bien les deux sortes d'amour { tableau 347) , l'amour matériel et le spirituel ou lien de cœur (céladonie et copulation). Mais la jeune épouse ne trouve dans cette union aucun lien pour l'àme ; elle y goûte à peine quelque plaisir sensuel , et se trouve bornée à l'un des deux éléments de l'amour, au matériel ou copulation. L'analyse de ce lien présente donc deux ressorts chez le mari et un seul chez la femme. C'est accord de seconde, hémigamie; il est fade et médiocre comme la seconde musicale , basse transition à peine digne du nom d'accord.

Deux associés cultivent passionnément un verger : l'un des deux n'a de goût que pour cette culture et non pour celui qui lui prête assistance ; l'autre joint au goût de ce genre de travail une affection sincère pour son compagnon. Le lien chez celui-ci est à double ressort, lien de fonction et lien de caractère; et comme il n'y a que le lien de fonction chez le premier , monalité de ressort chez celuici , dualité chez l'autre , c'est lien à' hémiphilie , groupe d'amitié en accord de seconde ; accord fade en amitié comme en amour, mais dont on sait tirer grand parti dans l'Association, en ce qu'on amène à cet accord de seconjie les personnes que la civilisation n'amènerait pas même à celui déprime [les antipathiques].

Analogies du raisin. O état brut. Le verjus Correspond à ce degré , parce qu'il est par lui-même hors d'harmonie

avec l'homme , et réduit à quelques emplois, qu'on n'ol)liont qu'en le dénaturant par le feu ou l'eau-de-vie.

1 '■®. Prime. Le raisin en passant du verjus à la maturité donne un jus sucré appelé moût de vin, qui est potable, et forme le premier degré d'accord avec l'homme.

2®. Seconde. Le raisin donne l'accord de seconde par la piquette, petit vin léger, mêlé de grappe et de verjus, et très-rafraîchissant en été, où il est, dans le cas d'extrêmes chaleurs , plus sain et plus agréable que les vins forts.

Analogies de la vue. 0 état brut. Effet he'téromode.

Yeux de l'homme enchaînés l'un à l'autre, sans jouir d'un mouvement indépendant. Effet opposé à celui des yeux de caméléon , qui jouissent d'un mouvement divergent , comme ceux du poulet.

L'aspect hétéromode réduit le cercle de notre vue à très-peu de chose, au tiers de celui qu'embrassent les yeux d'un poulet. C'est pour l'homme double lésion, rétrécissement d'aspect et fréquence de conversion. L'on ne s'est pas aperçu de cette disgrâce visuelle , encore moins des suivantes,

1 . Prime. Accord monomode , vue asinique , celle qui s'équilibre à l'aspect du précipice. L'homme n'est pas doué de celte propriété ; ses yeux se troublent devant un abîme. Les maçons parviennent à s'y habituer, mais non pas à obtenir , comme l'âne , un redoublement d'à-plomb par l'aspect des abîmes, une fixité composée, en aspect descendant comme en aspect ascendant.

2. Seconde. Accord hémimode, est celui des yeux du caméléon, susceptibles de deux directions en sens amphivertical et amphihorizontal. Cette faculté de diriger ainsi nos yeux en divergence , en louchement volontaire et va-

riable , n'ôterait rien à la grâce habituelle du regard convergent qu'on reprendrait à volonté. Elle serait d'une prodigieuse utilité , pour lire une partition , pour chercher quelqu'un dans une foule , inspecter deux lignes de procession à la fois , et pour tant d'autres emplois qui exigeraient la faculté de divergence des yeux en vertical et horizontal , ou marche caméléonique si familière aux âmes civilisées.

Combien il est à désirer que l'état sociétaire vienne, dans cette fonction , opérer le transfert du caméléonisme, purger les âmes de leur duplicité , et transporter la double action, de l'âme à l'œil , qui en sera doué après quelques générations de perfectionnement corporel en Harmonie!

Ces duplicités harmoniques ou accords de seconde peuvent fournir une analyse très-étendue , dont nous aurons lieu de citer quelques effets moraux et physiques.

Quelle que soit la faiblesse de ces bas liens de prime et seconde, l'Harmonie sait en obtenir encore des effets très-brillants , par alliage des contraires , ou rapprochement des classes les plus incompatibles en civilisation (i).

(i) On voit sur les tbëâtres des essais de pareils accords. Dans Tope'ra de la fée Urgèle , une vieille femme de 80 ans veut se faire aimer du chevalier Robert; elle n'exige de lui qu'un accord de seconde: elle ne pre'lend pas exciter chez le jeune homme un amour spirituel ( 347 ) ; mais seulement le déterminer à une complaisance répugnante pour lui. Il s'y re'sout enfin, et cette concession est si péniblement amenée que les spectateurs mêmes eo sont fatigués.

Dans la pièce de Zémire et Azor , on traite le même degré d'amour, l'accord hémimode qui déploie deux ressorts chez l'un , et un seul chez l'autre. On veut obtenir de Zémire une affection spirituelle pour le hideux Azor. Cet effet a été représenté au naturel dans le mariage du cu-de-jatte Scarron avec M°*'. de Main-

GROUPES ET SÉRIES. o6i

Là finit l'exposé des bas accords ou ronces de la science : tous les autres , depuis la tierce jusqu'à l'octave , sont des liens si charmants, qu'on me reprochera de n'avoir pas donné à chacun au moins un chapitre; mais nous en sommes à l'abrégé.

Moyens Accords dits Cardinaux.

Ici commencent les groupes séduisants , les belles harmonies en amitié, en amour, en corporation, en famille. Les groupes cardinaux, toujours pleins de charmes, sont au nombre de quatre. Pour les dépeindre en peu de mots , avant d'en donner une définition régulière , je les examine d'abord en action, en amour individuel , où leur échelle bien restreinte est plus commode à définir qu'en amitié.

tenon. Chacun s'étonnait de pareils succès, tant la civilisation est dënue'e de moyens pour e'tablir ces accords de seconde , bien utiles pourtant en harmonie sociale , puisqu'ils sont la ressource des gens avance's en âge.

Je me charge de démontrer ( et ceci devient singulièrement intéressant pour la vieillesse d'un et d'autre sexe ) qu'en Association rien n'est plus facile que de procurer à tout sexagénaire, homme ou femme, cette affection he'mimode qu'on a repre'sentée dans les deux opéras de la fée Urgèle et de Zémire et Azor, et que chaque vieillard de 60 ans verra , non pas un , mais trois à quatre jeunes gens de l'autre sexe empressés de lui accorder par pure inclination ce qu' Azor et la Fée, sur nos théâtres, demandent si piteusement à Zémire et Robert.

Soit dit pour intéresser divers lecteurs qui ne veulent pas qu'on les entretienne sans cesse de bénéfices agricoles. Il me serait aisé de choisir des sujets plus gais , mais la bienséance me les interdit ; bienséance bizarre , qui blâme en écrit ce qu'elle permet de représenter sur les théâtres ; contradiction inhérente à l'ordre civihsé , qui n'oQre dans tous ses détails que duplicité d'action (11,120).

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