‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 216 sur 298 · LIVRE I. SECTION · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION

cueillir un minimum dont la Phalange entière et la région entière sont collectivement assureurs. J'ai déjà préludé sur ce sujet (157); il convient d'en rappeler quelques détails, puisque les impatients peuvent l'avoir franchi selon l'autorisation donnée (avant-propos , Post. )

Les propriétaires, soit par orgueil, soit par défiance, repoussent l'idée d'Association : il faut multiplier les détails propres à les rassurer ; il faut leur prouver , à plusieurs reprises , que dans l'état morcelé ils sont privés de tous les biens qu'ils ambitionnent, et que l'état sociétaire leur en garantit la jouissance complète et subite.

J'ai devisé sur leur pauvreté actuelle ( 137 ). A les en croire , ils ont de beaux domaines , superbes propriétés ; mais quel en est le revenu? A peine 5 p. ^/o après la déduction des impôts, délais, voleries, dommages accidenteJs et procès qu'il n'est pas possible d'éviter, car gui a terre , a guerre. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir une année blanche comme 1816, où le propriétaire, loin de rien recevoir, est encore obligé de faire des avances au fermier. Cet inconvénient devient très-fréquent dans les pays vignobles , depuis la dégradation climalérique (27 ).

On a vu (157) que l'Association assure au petit propriétaire un revenu fixe ou option de 8 \)Z p. Vo . lequel revenu ressort souvent au double par adjonction des deux lots de travail et talent; et que, pour le petit propriétaire, ce revenu net effectif de 16 à 17 p. o'o ressort à 50 p, <^/o en net absolu , par la dispense des frais d'entretien de ménage , femme, enfants, etc. Ces détails sont bons à rappeler aux possesseurs d'immeubles, si gênés en civilisation.

Si quelques-uns crient à l'exagération sur ces perspectives , on peut leur répondre : Pourquoi l'Harmonie ne

tëO ASSOCIATION COMPOSÉE.

ferait-elle pas pour le propriétaire , moitié de ce que la drilisation fait pour la classe de parasites nommés marchands et agioteurs, qui gagnent bien plus de 8 et de 16 p. 0 o; car on les voit arrivés avec quelques sous, s'installer bientôt dans des hôtels somptueux? Ils ont donc gagné annuellement non pas 16, mais 100 et 200 p. <*/o de leurs capitaux, tout en se plaignant qu'on ne protège pas le commerce, qu'il ne se fait rien, que le commerce est anéanti.

Ce préambule doit rassurer certains individus, qui de prime-abord semblent répugner à mettre leurs domaines en société dans le canton de la Phalange. Ne sont-ils pas déjà en société avec chacun de leurs métayers? D'ailleurs, c'est la Phalange entière qui se met en société avec eux et devient leur fermière : c'est elle qui leur livre toutes ses terres en hypothèque , tous ses édifices , troupeaux et ateliers : obtiendront-ils pareille garantie dans le village où ils possèdent un demaine? Verront-ils " trois > cent familles du village s'engager solidairement pour leur assurer un minimum de [10 p. <^/o sur les premiers 5(X),000 fr., et de 6 1/4 sur le reste] en revenu annuel du pr'\x d'achat de leur domaine? Voilà ce que leur vaudra cette Association dont ils se défient avant d'en connaître les conditions et les résultats.

Ils trouvent donc dans ce nouvel ordre :

1. Garantie du revenu habituel et de tous dommages que peuvent essuyer les fonds, terres, édifices, usines, ateliers, etc.

2. Accroissement colossal du revenu effectif par option de 8 1/3. (Voyez le chap. 5 , p. 157. )

3. Accroissement du net absolu dont ils ne peuvent pas jouir en civilisation (136).

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