LIVRE I. SECTION I. 48o
très-court; il a lieu de 5 Iieures5/4à 6 heures i/4; tous ces groupes y sont rassemjjlés , et se dispersent après la séance de goûté , où ils ont formé des liens amicaux et négocié des réunions industrielles ou autres, pour les jours suivants.
Observons que ces rencontres de groupes industriels ne sont pas des réunions d'amusette, où l'on se borne, comme dans l'état actuel , à des négociations d'amour qui ne flattent que le jeune âge : ce sont encore des ligues d'émulation cabalistique, où les divers groupes s'intéressent et se concertent pour le soutien des prétentions industrielles de la Phalange et des Phalanges voisines. Tout, en Harmonie sociétaire, se coordonne au bien de l'industrie; les amours mômes , quoique plus actifs qu'en civilisation, concourent, et en tout sens, à stimuler le travail et accroître la richesse.
Ainsi s'accomplit le vœu de la 12^. passion, dite composite. Elle exige, dans l'industrie comme en toutes relations, des liens composés ou dualisés. Le lien ne serait que simple , s'il se bornait à exciter l'émulation industrielle par appât du gain; il faut y joindre des véhicules tirés d'autres passions, comme les rencontres amicales ou les amours qui naissent de ces réunions, et qui attachent les femmes à une industrie où elles doivent déjeûner, à l'issue de la séance, avec des hommes qui leur sont agréables, tant de leur Phalange que des Phalanges voisines.
Plus d'un civilisé va dire qu'il n'enverrait ni sa femme ni sa fdle à pareilles assemblées. C'est raisonner comme le père que j'ai cité (422) au sujet des dînes de famille : à peine aura-t-il passé trois jours en Harmonie, qu'il trouvera avantageux pour lui et ses enfants de renoncer aus dînes de famille.
Sous le môme rapport , les pères seront les premiers à applaudir leurs femmes et filles lorsqu'elles fréquenteront les Séries industrielles, parce qu'ils sauront que rien de ce qui s! y passe ne peut rester inconnu. Or, les femmes sont bien gardées en lieu où elles sont assurées que toutes leurs actions seront connues. C'est ce qui n'arrive pas dans une maison civilisée, où le père, s'il veut surveiller femmes ou filles, est trompé par tout ce qui l'entoure, et ne peut connaître ni les actions ni les intentions de ceux dont il se défie.
On verra plus loin (sect. 4®.) que les mariages étant très-faciles en Harmonie, même sans dol, les filles sont toujours placées de 16 à 20 ans, et que jusque-là on peut leur laisser pleine liberté , parce qu'elles se surveillent entre elles. Il n'est de garde sûre auprès d'une femme que l'œil de ses rivales, et on ne peut pas, en Harmonie , tromper sur la virginité ni sur la fidélité : quand les femmes en seront bien convaincues , les maris et les pères pourront négliger la surveillance , qui, en civilisation , n'aboutit qu'à les faire mieux duper.
Renvoyons ces débats aux chapitres de l'éducation, et continuons sur les dispositions générales^