‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 239 sur 298 · LIVRE I. SECTION I · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION I

laie. Ces alliages ont pour but d'amener divers groupes sur un même terrain , et de laisser le moins que possible un groupe isolé dans ses travaux , quoique bornés à une courte séance.

A cet effet, chaque branche de culture cherche à s'entrelacer et pousser des divisions parmi les autres. Ainsi le parterre et le potager , qui sont parmi nous les deux divisions voisines de l'habitation, ne sont point, dans une Phalange, rassemblés et confinés aux attenances du Palais : tous deux poussent dans la campagne de fortes lignes , ou des masses détachées de fleurs et de légumes, qui diminuent par degrés, s'engagent par détachements successifs dans les champs, vergers, prairies et forêts dont le sol peut leur convenir. Et de même les vergers, qui sont plus éloignés du Phalanstère ou Palais, ont à sa proximité quelques postes de ralliement , quelques lignes d'arbustes, [quenouilles] et d'espaliers, engagées dans le potager ou entre les lignes de fleurs et de légumes.

Cet engrenage agréable sous le rapport du coup d'oeil tient encore plus à l'utile, à l'amalgame des passions. La Série des cerisistes peut avoir ses grands vergers à un quart de lieue du potager ; mais elle s'y rallie et place au voisinage au moins un poste de ralliement, un petit bouquet d'une cinquantaine de cerisiers d'espèces les plus convenables au terrain du potager. Ce local fréquenté quelquefois par des groupes de cerisistes met leur Série en liaison avec celle du potager. D'autre part, les potagistesou légumistes ont poussé vers le grand verger des cerisistes un ou plusieurs carreaux ensemencés d'objets convenables à ce terrain; de sorte que, par fois, un ou deux groupes de la Série des légumistes vont se mêler à ceux des cerisistes, par coïncidence de travaux sur même terrain.

On doit établir ces engrenages en tout sens, distribuer les travaux de manière que chaque Série pousse des masses ou lignes de culture, et porte des groupes sur le terrain de ses voisines ou à côté de leurs travaux. Cet amalgame donne lieu aux rencontres des groupes et aux divers liens qui s'ensuivent.

On doit s'attacher surtout à ménager des rencontres de groupes d'hommes avec ceux de femmes , et faire engrener leurs cultures. Par exemple, si la Série des cerisistes est en nombreuse réunion à son grand verger, à un quart de lieue du Phalanstère, il convient que dans sa séance de 4à 6 heures du soir elle ait vu se réunir avec elle et autour d'elle,

10. Une cohorte de la Phalange voisine, venue pour aider à la Série des cerisistes ;

2°. Un groupe de dames fleuristes du canton, qui viennent cultiver une ligne de cent toises de mauves, formant perspective pour une route voisine, et bordure entre le verger des cerisistes et le champ voisin;

3°. Un groupe de la Série des légumistes , venus pour cultiver un carreau de racines qui prospèrent sur ce point ;

40. Un groupe de jouvencelles fraisistes, sortant de cultiver une clairière garnie de fraises, dans la forêt attenante au grand verger des cerises.

A cinq heures et demie , les fourgons partant du Phalanstère amènent le goûté pour tous ces groupes ; et comme c'est la Série des cerisistes qui préside en cette occasion, les groupes de fraisistes, mauvistes, légumistes, n'étant que des détachements de Série, de même que la cohorte venue de la Phalange voisine, c'est au « castel ou hangar » des cerisistes qu'on sert le goûté, repas léger et

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