LIVRE I. SECTION I
sur divers points, i^. les fèves, 2<*. la navette, 3<ï. les ognons, 40. les haricots, o». les pommes, G^. les pêches, 70. le blé, 80. l'orge, 9». le maïs, lO». la vigne, on ménage sur les pentes nord et sud , est et ouest du coteau, toutes ces sortes de cultures, avec des belvédères adaptés à chacune , et un castel sociétaire , entretenu proportionnellement aux frais des divers groupes dont le coteau réunit les cultures.
Une telle disposition est d'ordre mixte ou ambigu 2®.
L'Association procède méthodiquement dans l'emploi des trois ordres : en plaine, elle entrelace les cultures par mode engrené, par lignes droites ou courbes, échelonnées ou serpentées , selon que le terrain le comporte. Sur un coteau, les alliages sont vagues et tiennent de la méthode mixte , nommée Anglaise ou Chinoise, qui exige des variantes selon les pentes, les expositions, les moyens d'arrosage.
Ainsi, les entrelacements, soit en ligne droite et croisée (méthode composée ou 5^. ), soit en compartiments vagues et pittoresques (méthode mixte ou 2®. ) , formeiTt une variété dont l'aspect est aussi récréatif que celui de la méthode civilisée est monotone. Elle a pour vice dominant l'abus àa i^^. ordre , dit massif ou simple. Toujours elle agglomère sur un point et en vastes amas un seul végétal comme le blé, dont les variétés pourraient convenir à d'autres points du canton.
Ou bien la culture civilisée tombe dans l'excès contraire, dans le mixte diffus, [ordre cisaillé,] sur un terrain circonscrit; comme dans le cas ou 500 familles villageoises cultivent 500 masses de choux sur 300 points, dont à peine 50 sont convenables à cette production.
L'état sociétaire, exploitant un vaste canton comme s'if
était domaine d'un seul homme et sans risque de larcin, peut admettre combinément l'emploi des trois modes. Leur amalgame garantit l'utile et l'agréable; il réunit les avantages du produit à ceux du coup d'œil , à la facilité de marier les groupes en réunion locale, de combiner leurs intrigues, les activer l'une par l'autre; c'est l'union du beau et du bon.
Cette distribution serait impossible en civilisation, vu l'exiguité de certaines cultures, comme les jardinages et vergers, que le risque de vol et le défaut de fonctionnaires spéciaux obligent à restreindre au 10^. de la proportion naturelle.
Mais en Harmonie , où l'on consomme beaucoup et où l'on exporte beaucoup, il faut, s'il se peut, développer en détail chaque branche de culture, sauf à faire un choix des variétés qui alimentent le travail par série; c'est pourquoi un seul végétal, comme l'artichaut, pourra donner lieu à former des lignes engrenées et des détachements disséminés, qui fourniront les diverses qualités nécessaires à [occuper les divers groupes] d'une Série. Ces divisions réparties sur un espace d'une lieue carrée pourront s'entrelacer en cent manières avec les lignes et détachements d'autres végétaux, et favoriser en tout sens les rencontres de groupes , leurs mariages industriels.
On engrènera donc, autant que possible, toutes les cultures de fruits, de légumes, de céréales et de fleurs ; les pâturages, les bois, les bassins et poissons spéciaux, etc., afin de faire croiser les groupes en tout sens, et donner de l'activité à leurs intrigues.
Lorsqu'on ne pourra pas pratiquer cette méthode composée ou engrenée, qui est la 3®. et la meilleure, on se ralliera à la méthode mixte ou 2®. qui favorise déjà les
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liens, et on ne se fixera à la méthode civilisée ou simple, ordre massif , qu'autant qu'il serait impossible de mieux faire.
Encore , dans les cas où l'ordre massif sera nécessité par la nature du sol, aura-t-on soin d'y faire diversion par des lignes de bordures, des autels de fleurs et autres ornements.
D'ailleurs, l'ordre massif n'est pas désagréable et devient même noble, quand il est placé à propos et entouré convenablement : il n'est insipide en civilisation que par afïluence en toutes cultures , et privation de parures en entourage.
Les femmes n'interviennent guère qu'en accessoire dans l'ordre massif, qui comprend les emplois fatigants ; elles s'y entremettent pour le soin des bordures, des réserves et des autels (0 de secte.
L'alliage agricole des sexes conviendrait fort peu en civilisation , où les mariages sont difficiles ; il n'y serait
(i) Les femmes et enfants cultivent les autels champêtres que chaque groupe et chaque Se'rie e'ièvent au centre ou aux angles de leur terrain favori , et qui sont utiles pour allier les sexes , faire participer Tun aux travaux de l'autre.
Sur ces autels , on place au sommet d'un monticule de fleurs et arbustes, les statues ou les bustes des patrons de la secte, des individus qui ont excellé dans ses travaux et l'ont enrichie de quelques méthodes utiles. Ces images sont pour la secte un objet de culte agricole. Un groupe ne commence point son travail sans avoir brûlé l'encens sur l'autel de ses Dieux de secte : l'industrie étant aux yeux des harmoniens la plus louable des fonctions , l'on a soin d'y allier sans cesse l'esprit religieux et' les mobiles d'enthousiasme, comme le culte des hommes qui ont servi riiumanité en perfectionnant l'industrie.
qu'une source de libertinage , de même que la réunion des âges divers. Les vieillards civilisés ne tirent aucun parti de rencontres avec la jeunesse ; au moins ne sontelles profitables qu'aux gens riches.
Il n'en est pas ainsi dans l'état sociétaire. On verra à la section du ralliement passionnel que tous les âges ont des liens d'amitié en Harmonie, et participent tous au charme des réunions de divers sexes. De là vient qu'on s'attachera principalement à entrelacer les trois modes industriels :
1 , Simple ou massif; 2 , ambigu ou vague; 5; composé ou engrené.
Nous avons déjà , quant au matériel, une ombre de ces entrelacements, dans les vignes en hautain, où l'on mélange des lignes de blé, de légumes, de millet, etc., sous des allées de cerisiers , pruniers et autres arbres < auxquels est lié un rang inférieur de ceps. » Ces alliages sont une faible image du matériel d'un des trois ordres agricoles, mais non pas du passionnel ; car ils ne produisent chez nous aucune de ces réunions de groupes divers qu'ils rassemblent fréquemment dans l'état sociétaire, où la séance en finissant est égayée par les petits repas de déjeûné et goûté qu'on envoie en fourgons suspendus. Les trois autres repas, délité, dîné, soupe, ne sont jamais servis hors du Phalanstère, à moins de nécessité.
L'ordre sociétaire sait établir l'alliage des trois sexes et des cultures diverses, dans les branches qui nous en paraissent le moins susceptibles , comme une grande prairie ou une pièce de vigne obligée par la nature du sol. On trouve toujours moyen d'opérer des alliages et entrelacements dont la description serait insipide pour le Icc-