‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 243 sur 298 · LIVRE I. SECTION I · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION I

ïeur qui ne connaît point ces usages. D'ailleurs, ces détails (l'amusenienls agricoles contrastent fort avec la misère de nos paysans ; mais ce n'est pas par la misère qu'on peut arriver à l'Harmonie des passions.

Quelles que soient les distributions de culture, il faut toujours un édifice d'entrepôt et de vestiaire, ù portée du point de rassemblement. Un groupe de vingt dames doit se réunir à 6 heures 1/2 du matin en telle clairière , pour y cultiver des fraises ou des framboises ; mais ces dames arriveront de plusieurs points différents; car au sortir du repas de délité et de la parade matinale à 5 heures , elles se seront distribuées dans divers ateliers ou sur divers points des jardins et vergers : il faut donc à ces dames un petit hangar ou belvédère servant de vestiaire, avec une pièce distincte pour les hommes qui feront partie de ce groupe , et en outre une salle commune pour les rafraîchissements et le conseil.

Les mariages ou rencontres industrielles des groupes ont lieu dans les relations de toute espèce par d'autres voies; car on ne peut pas assembler deux manufactures dans le même loqal, ni les marier en exercice d'industrie comme les groupes champêtres; mais il est mille moyens d'opérer ces ligues tant en industrie qu'en plaisir : admettons-les avant l'exposé , et étudions-en les conséquences.

Si telle Série de cerisistes ou de poiristes ne jetait pas quelques détachements, quelques masses d'arbres au voisinage des potagers et des parterres; et si, d'autre part, les Séries de fleuristes et légumistes ne portaient pas quelques lignes ou carreaux vers les grands vergers de cerisiers et poiriers, on perdrait des deux côtés nonseulement le charme des rencontres industrielles , mais

l'intérôl pour les travaux respectifs qui servent de distraction et de leviers d'intrigue.

Les groupes et Séries prennent dans ces rencontres la môme amitié que les régiments qui ont coopéré dans une affaire. Le but est d'amener toutes les Séries à se soutenir entre elles, s'intéresser les unes aux autres, et atteindre par cette amitié collective au gage d'Harmonie , qui est la répartition des dividendes en raison directe des masses , et inverse du carré des distances de capitaux. Ce n'est qu'en multipliant les liens qu'on peut arriver à celte répartition équilibrée , Section 8^.

On doit donc donner les plus grands soins à ménager ces « engrenages de culture » et entrelacements de groupes qui excitent l'amitié, l'intérêt réciproque. On pratiquera ces mariages de groupes , même sur un seul travail; par exemple , dans les orchestres que nous confions exclusivement aux hommes, et dont divers instruments, comme le violon, seront communément affectés aux femmes.

A défaut d'un plein mariage ou balance numérique des sexes, l'on en approchera du plus au moins, et l'on se ménagera quelques adjoints de l'autre sexe , même dans les travaux qui paraissent convenir exclusivement à un seul, comme le soin de la cave. Si les cavistes d'une grande Phalange sont au nombre de 200, on verra au moins une vingtaine de femmes former un groupe affilié à cette Série, et en exercer quelque branche de travail, comme dans la gestion des vins blancs mousseux , qui sont attrayants pour les femmes.

Il en sera de môme de certains travaux tout féminins aujourd'hui, comme la buanderie et autres, qui trouveront quelques acolytes parmi les hommes. Selon la régie d'exception , quelques hommes se trouveront passionnés

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