‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 262 sur 298 · Livre i. section ii · texte numérisé non relu

Livre i. section ii

servis avec un empressement et un dévouement dont on ne peut pas trouver l'ombre en civilisation : expliquons cet accord.

Aucun sociétaire dans l'Harmonie composée ( 8^. période, 11,33) n'exerce la domesticité individuelle; et pourtant le plus pauvre des hommes a constamment une cinquantaine de pages à ses ordres. Cet état de choses dont l'énoncé fait d'abord crier à l'impossible, comme tous ceux du mécanisme des Séries, va ôtre facilement compris.

Dans une Phalange, le service domestique est géré, comme toute autre fonction, par des Séries qui affectent un groupe à chaque variété de travaux. Lesdiles Séries, dans les moments de service, portent le titre de pages et pagesses. Nous le donnons à ceux qui servent les Rois ; on le doit à plus forte raison à ceux qui servent une Phalange ; car elle est un Dieu agissant; elle est l'esprit de Dieu, puisqu'elle se compose des douze passions harmO" nisées

par Attraction passionnelle , \

Vérité pratique , > et Unité d'action.

Justesse mathématique, )

C'est donc servir Dieu, que de servir la Phalange collectivement; et c'est ainsi qu'en Harmonie le service domestique est envisagé. Si on ravalait comme aujourd'hui cette branche primordiale d'industrie, l'équilibre passionnel deviendrait impossible.

A cet ennoblissement idéal du service, on joint l'ennoblissement réel , par la suppression de dépendance individuelle qui avilirait un homme en le subordonnant aux caprices d'un autre. Analysons le mécanisme du service collectif libre, dans une fonction quelconque, celle de camériste (femme qui fait les chambres, les lits).

La pagesse Délie sert dans le groupe des camérisles de l'aile droite; elle est brouillée avec Léandre; elle omet son appartement dans la visite du corps de logis dont elle est chargée; d'autres la suppléeront : il n'en est pas moins bien servi; car Eglé et Phillis , deux des pagesses de ce groupe, se chargent de l'appartement de Léandre qu'elles affectionnent.

Il en est de même aux écuries : si le cheval de Léandro est quitté aujourd'hui par un des pages, il est repris et pansé par un autre page, ami de Léandre, ou par les pages de ronde. Ainsi dans toute branche du service, chacun voit s'empresser pour lui ceux dont il possède l'attachement, et à défaut de qui il serait soigné par la masse du groupe.

Chacun peut, dès l'heure suivante, rencontrer dans d'autres fondions ceux qui l'ont servi l'instant d'auparavant, et qui se trouveront peut-être ses supérieurs en changeant de travail. Eglé servait Léandre à 7 heures : mais à 9 heures il y a séance à l'Abeillerie; Léandre est un des nouveaux sectaires; il n'a pris parti aux Abeilles que depuis six mois; il est encore neuf dans ce travail; Eglé qui l'exerce depuis l'enfance , y est très-habile , et Léandre se trouve sous ses ordres à l'Abeillerie , dans la fonction où il s'entremet.

Sous un tel régime, personne ne s'inquiète de se faire donner des soins domestiques ; on n'a sur ce point qu'à fixer son choix sur les prétendants ; car sur vingt pages qui senent telle écurie , il y en aura au moins dix en liaison très-intime avec Léandre , par affînilé cabalistique dans plusieurs Séries [des jardins, des vergers, de l'opéra;] de sorte qu'il ne manquera jamais d'un ami pour le soin de son cheval qui, dans tous les cas, serait

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