‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 261 sur 298 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Indépendance individuelle dans les Séries passionnelles.

Dans cette section affectée aux esquisses du passionnel, nous avons à préluder sur les accords d'intérêt et de caractère. Il faut des aperçus en morale harmonienne, et des aperçus en politique harmonienne. Elevons-nous par degrés de l'une à l'autre, en donnant deux chapitres à la morale, deux chapitres au mixte, et deux chapitres à la politique.

Nous abordons ici le sujet le plus important en Harmonie domestique, l'accord passionné des serviteurs avec les maîtres , l'art d'exciter le dévouement respectif entre les deux classes. Est-il un art dont la civilisation soit plus éloignée? ou pour mieux dire, n'est-elle pas antipathique avec tout accord des inégaux, notamment celui des maîtres et des valets? On va voir comment celte branche d'unité domestique, si impraticable dans l'état actuel, s'établit en Association sans aucune sagesse politique, et par le seul essor des passions.

Rien n'est plus opposé à la concorde que l'état actuel des classes de domesticité et de salariés. En réduisant cette multitude pauvre à un état très-voisin de l'esclavage, la civilisation impose par contre-coup des chaînes à ceux qui semblent commander aux autres. Aussi les grands n'osent-ils pas se divertir ouvertement dans les années où le peuple souffre de la misère. Le riche est sujet aux servitudes individuelles comme aux collectives. Tel homme opulent est souvent parmi nous l'esclave de ses valets; tandis que le valet même jouit dans l'Harmonie d'une complète indépendance, quoique les riches y soient

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