‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 271 sur 298 · LIVRE I. SECTION II · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION II

en affinité avec l'étal sociétaire, il arrive que les enfants harmoniens demandent à se coucher de bonne heure. Ils se sont levés très-malin, la plupart à trois heures (voyez les articles Petites Hordes) ; ils ont passé la journée en exercice continu, quoique sans excès, vu la variété de séances; ils tombent de fatigue à huit heures du soir, et on ne pourrait pas les avoir au soupe de neuf heures ; ils y seraient ou endormis, ou déplacés s'ils n'y dormaient pas. C'est pour les en éloigner que la nature leur a donné un penchant à se coucher avant les pères. Aussi l'enfant n'acquiert-il la force de veiller jusqu'à dix et onze heures du soir, que lorsqu'il approche de la puberté, âge où il sera nécessaire qu'il assiste aux soupes.

Les civilités d'Harmonie différent absolument des nôtres : on ne fait point de visites inutiles, et qui emploieraient un temps précieux ; on se voit assez dans les repas, dans les groupes industriels, à la bourse, aux fêtes du soir. Un étranger va voir ses amis dans leurs réunions de, travail. Voulez-vous faire à Lucullus une visite flatteuse, pour lui? Allez le trouver au milieu des cerisistes, au' groupe des bigarots rouges dont il est capitaine, dans le verger où il est en fonctions et en habit de travail; à la fin de la séance , vous déjeûnerez ou goûterez avec lui et son groupe , dans le superbe château bâti à ses frais , et au frontispice duquel le groupe a fait graver cette inscription :

Ex munificentiâ Luculli, Cerasorum clarissimi sectatoris.

C'est là qu'il déploie son faste et qu'il aime à faire admirer les cultures des collègues chéris qu'il préside.

Ainsi les coutumes et la politique d'Harmonie tendent à reporter sur l'industrie productive tout l'éclat, tout l'appui du luxe qui aujourd'hui ne s'attache qu'aux fonctions

improductives, el laisse les cultures et ateliers dans la plus dégoùlanle misère.

Ajoutons que les dépenses faites par un riche sectaire , pour ses Groupes et Séries, ne coûtent point ce qu'elles semblent devoir couler. Par exemple, qu'un colonel traite 24 sectaires, état-major et capitaines de sa Série, en chère de commande qui est d'un prix supérieur à celle de i^^. classe, on peut estimer cette commande à 4 fr. par tôle, pour le repas qui coûterait 12 fr. à Paris el 36 à Londres. Son repas de 24 personnes el lui 25^. devrait coûter 100 fr.; il faudra en déduire le prix du dîné qu'ils ne prennent pas aux tables publiques, ce qui donnera par approximation :

io. L'écol de sept sectaires abonnés à la table

de \^^. classe, tarifée à 3 fr. . . . 21 fr.

2^. L'écol de huit sectaires en 2^., tarif. 2 fr. 16

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