‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 298 sur 298 · FI.\ DE LA SECONDE SECTION · texte numérisé non relu

FI.\ DE LA SECONDE SECTION

CITEELOGUE.

l'AUVRETÉS CIVILISÉES ET PRODIGES HARMONIENS.

RKPltliiE ET COMPLÉMENT DE LA CIS-MÉDUNTE (il, 149).

Qu'est-ce que c'est qu'un Cùerlogue? Est-ce quelque nouvel animal arrivant du Congo ou du Monomotapa?

Sans doute, répond un bel esprit : le Citerloguc doit être un quadrupède de la famille des Dogues et Bouledogues : cela se devine à la rime en ogue.

Eh non ! reprend un troisième : ns voyez-vous pas que c'est quelque songe creux d'un savant en ogue, d'un Idéologue, Géologue, Archéologue ?

Ainsi raisonnent /es incroyables de France. Pour juger d'une méthode ou d'une nomenclature nouvelle , ils n'ont d'autre pierre de louche que les jeux de mots , et quand ils en ont décoché quelques bordées , ils s'admirent entre eux , se disant : toujours charmants, toujours français !

Négligeons leurs plaisanteries banales : J'y répliquerai à iUlterlogue, oiije disserterai sur l'aversion des Français pour toute méthode , et sur leur goût pour la confusion; travers bien digne d'une nation qui se passionne pour les chanteurs faux et démesurés, et pour l'amour du mépris de soi-même [Avant-propos, Post.). Suspendons ce débat , et occupons-nous d'instructions plus utiles.

Le premier livre , sections 1 et 2, a été donné à un coup d'ccil sur le matériel et le passionnel d'un canton d'Harmonie.

Ce livre a pour but de familiariser le lecteur avec les prodiges sociétaires , lui en faire désirer la prompte épreuve, lui inspirer une confiance présomptive et conditionnelle, enfin le dépayser, par quelques tableaux

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du vrai bien social , avant de lui exposer le mécanisme d'où naîtra ce colosse de richesse et de bonheur.

Plus que jamais le monde social est engoué des enfileiirs de mots, infatué de verbeux écrivains qui se flattent d'avoir perfectibilisé la raison par des subtUité's scolastiques.

La meilleure réponse à leurs jongleries est d'y opposer le tableau d'un ordre de choses où régnerait la véritable raison, l'iaiife sociétaire.

J'ai préludé sur les prodiges industriels de cet ordre (Cis-Médiante, II, 149 j et sur le parallèle de ses grandeurs avec nos mesquineries. La notice fut égarée au moment de la livrer à l'impression ; je ne me souvins que de trois sujets, qui furent traités beaucoup trop succinctement. En voici quelques autres , qui seront matière d'entre acte, faisant suite à ladite Médiante.

Nous n'examinerons que sis merveilles industrielles ; je donnerai, à la fia de l'article, un aperçu des merveilles politiques : fixons d'abord notre attention sur le matériel, dont les tableaux sont mieux appropriés au caractère civilisé.

Sujets déjà traités (II, 149) :

1°. Li Quarantaine. 2". Les Roltes. ô". Le Cadastre.

4°. LA TvPOGBApniE UxMTAiRE; couséqueuce du Langage unitaire.

Les modernes qui ne chantent que l'unité de l'univers , ne peuvent pas même s'entendre sur l'unité de langage et de signes typographiques. Il n'ont pourtant pas lieu de se plaindre du siècle, ni de l'accuser de rébellion à la lumière; car ils ne sont pas encore convenus d'un mode unitaire en communications verbales et écrites. Ils ont essayé trèsmaladroitement l'unité en système métrique; ils y ont échoué et l'ont mérité, pour avoir opéré à contre-sens du vœu de la nature (').

(') Eux-mêmes reconnaissent que la nature et l'économie conseillent le nombre 12 et ses innssances, nombres qui réunissent la plus grande somme de diviseurs dans la inoindre somme d'unités. On trouve aussi cette faculté dans les mixtes de 10 et 12, com?Jie 120 et 560, qui interviendront enemplo'is mixtes dans la numération harmonienne.

Méconnaissant ce principe, les modernes, dans la réforme du stjstème inélrique, ont conservé la numération décimale, si facile à métamorphoser en douzainale, par l'addition de 2 signes qui signifieraient 10 et 11.

La ville de Paris, qui a fait cette vicieuse opération du nouveau syslènw métrique, a d'autant plus de tort, que le hasard avait placé dans Paris même une boussole d'initiaf ire. Le hasard a établi dans cette tille une mesure naturelle, son pied de roi qui est égal à la 32«. partie de la hauteur de l'eau dans les pompes aspirantes. En outre, il se trouve par

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Les musiciens, qui n'ont pas de si hautes prétentions en unité, arrivent de fait au but. Ils sont en accord d'unité pour les signes comme pour le mécanisme de leur art. La musique est sur notre globe ce qu'elle est sur tous les globes.

Les musiciens sont à l'unité douzainale « ou naturelle. « Ils sont unitaires sur Li THÉORIE, LE MÉCANISME, LES SIGNES Ct LE LANGAGE. Ils OOt

adopté en tous pays les mêmes caractères d'annotation, et de plus , le même langage d'indication, l'itauen. Les voilà de fait arrivés [au but que doit se proposer la science, à l'unité bi-composée. Ils y atteignent sans aucune de ces prétentions d'unité qu'affichent nos métaphysiciens et équilibristes d'univers, gens qui ne savent élever ni leur science, ni le monde social à aucune des unités désirables.

Il n'en est pas de plus urgente que celle du langage, tout au moins celle d'écriture et de caractères. On voit sur ce point les nations les plus sensées, comme les Allemands, se passionner pour la duplicité et la confusion, en s'obstiuaut pour le caractère Teuton et anguleux, tandis que le romain est commun à l'immense majorité des états policés. Il sera, par cette raison, caractère provisoire d'Harmonie, en attendant la fixation et détermination du langage naturel dont je parlerai à la section des séries mesurées.

Sitôt après l'adoption du langage et du caractère provisoire, on fera imprimer à 800,000 exemplaires, plus ou moins, tous les ouvrages d'utilité générale, pour en distribuer 600,000 aux diverses Phalanges, puis aux divisions provinciales et régionnaires des divers degrés, selon le tableau (II, 657).

5o. La Gravlre Sociétaire. Elle opérera dans toutes les branches de sciences et d'arts, selon la méthode indiquée à l'article précédent, 4e., et à celui du cadastre, 5^. On fera graver à 800,000 exemplaires tout ouvrage utile à chaque Phalange et aux dépôts de province, comme un grand atlas d'histoire naturelle, à iHancheb enluminées.

Non-seulement un tel ouvrage n'existe pas dans les capitales , dans Paris ou Londres ; mais on n'y trouve pas même les gravures d'utilité urgente, comme celles d'anatoraie. J'ai vu à Paris un recueil de belles planches du cerveau, par Vicq-d'Azyr; elles sont enluminées, précaution indispensable pour faciliter l'étudiant : mais la collection se borne au

hasard subdivisé en douze pouces et douze lignes , selon le vœu de la nature ; d'où il résulte que le pied de roi de Paris sera mesure tinitaire du globe harmonisé, IS'est-il pas plaisant que la ville qui se flatte de répandre partout les torrents de lumières , ne veuille pas même admettre celles que le hasard lui a livrées, et qui sont déjà i)raciquement admises chez son peuple ?

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«en'eau, sans plus. Il faudrait en 20 toracs semblables donner le cor[:s hiimain tout entier. Ainsi fera l'Association, qui tirera ledit ouvra^ic à 800,000 exemplaires, dont 600,000 pour distribuer à chacune des Phalanges, et le surplus pour les établissements et les amateurs, aîiu qu'on ne soit pas , comme aujourd'hui , réduit à dire , gnkik Paris, gnini, Paris-, éloge d'autant moins mérité, qu'on ne trouve à Paris mén.e rien du nécessaire en études : je yiens de le prouver par la branche de la gravure.

Les Parisiens, par le fait, s'accusent eus-niémes sur ce point : car on voit, à leur cabinet d'histoire naturelle ( salon de peinture) , des gravures enluminées, représentant une panthère, un canard, un singe, etc. On peut leur demander pourquoi ils n'ont pas représenté ainsi, ai" (tiluminures, tout l'ensemble des règnes, notamment les 50 à 50,000 végétaux qu'il est impossible d'étudier sur la gravure à l'encre. Il faudrait voir les nuances des feuilles et fleurs , des fruits et semences, etc.

SiiT ce point, tous les naturalistes vont tomber d'accord avec moi, convenir que ce colossal ouvrage serait indispensable , et que tous les hommes de l'art coopéreraient ardemment à cette e\cyclofédiiî NATtnA-

LOGIOl-'E EN Ll MI. NÉE.

Mais, ajouteront-ils, il faudrait des fonds immenses. Eh bien! sortez de ce bourbier de pauvreté qu'on nomme cirin^afion perfcctibilisce ; organisez l'unité sociétaire, et le lendemain vous aurez pour le service des sciences et des arts, pour les entreprises les plus magniDques, plus de fonds qu'on n'en pourra désirer. Faudra-t-il cent millions pour cette encyclopédie des règnes? Cent millions seront assignés et versés à l'instant par le congrès d'unité universelle.

En décrétant cette fructueuse avance et une foule d'autres également utiles, il ne fera que suivre la loi de contre-mouvement, indiquée (II, 55) ; faire povr la sagesse et les travaux j)rodiictifs, autant que font les cirilisés pour lu folie et la dévastation. Ils sont toujours prêts à dépenser un milliard s'il s'agit de piller, brûler 50 villes et 500 villages, faire périr deblessm-es ou de misère 500,000 hommes, en l'honneur des perfectibilités de civilisation perfectil)le.

Je le répète : pour opérer ces ravages , le monde civilisé a toujours un milliard tout prêt: on en prend moitié sur pays ami, moitié sur pays ennemi. Le milliard se perçoit psr nos et nefas. Mais si on proposait de verser seulement cent millions d'avances pour une entreprise utile, comme le dictionnaire que je viens de citer, toute la Onance en hausserait les épaules; puis les naturalistes seraient bernés comme visionnaires, bons apôtres demandant cent millions pour la science, et voulant en mettre au moins 50 millions du coté de l'épée.

Bref, la science ne peut prospérer, les grandes entreprises ne peuvent

CITERLOGUE.

.s'exécuter que dans un ordre social qui aura surabondance de richesses et de capitaux à verser ; et de plus, garantie contre les fraudes mercantiles, dont le monde savant peut être suspecté.

Poursuivons sur la kyrielle des pauvretés civilisées ; il a fallu prouver d'abord aux Parisiens, que leur ville qu'ils croient si splendidement pourvue en établissements scientifiques , n'a pas en ce genre le dixième des ressources qu'aura en Harmonie la moindre Phalange du globe. L'assertion parait exagérée ; je la prouverai, à la rigueur.

6». L'iBHiGiTiON. Elle exige des travaux impossibles aux civilisés. Il faudrait ménager de grands bassins à tous les sommets de vallée, puis des empèlements et rigoles distribuant des deux côtés de la vallée, avec des étangs secondaires dans les hautes sinuosités. On tirerait de ces bassins un courant pour entretenir la grande rigole redoublée, qui coulerait en sommet de colline et à mi-colline; rigole au-dessous de laquelle on ménagerait des espaces propres à l'emplacement des pompes qui s'empliraient par un robinet. Ces pompes remplies sans travail distribueraient sur toutes les pentes, et la plus vaste campagne serait arrosée comme le parterre d'un Sybarite.

Ce seul avantage, que je n'ai pas porté en compte dans les évaluations du produit Harmonien ( 34 ) , suffirait déjà à élever de moitié en sus la masse des récoltes ; car, du moment où on pourra à volonté arroser les pentes et hauteurs, on pourra d'autant mieux humecter les plaines.

Ce sera le premier travail de l'Association. La culture sans irrigation générale n'est qu'un avorton. Mais comment oserait-on songer à ces vastes travaux , dans l'état morcelé où chaque propriétaire , loin de vouloir se prêter aux convenances générales, ne jouit que de ce qui peut nuire à son voisin?

7°. La LouvETERiE, ou anéantissement des loups et autres bêtes féroces, comme les ours, les sangliers : leur destruction ne peut naître que de l'unité d'action. Quand les poursuites et battues seront exécutées généralement et à époque fixe en tous lieux, comme on l'a fait en Angleterre où les loups n'existent plus, on aura bien promptement détruit les espèces dangereuses, même celles des reptiles, serpents et crocodiles, sauf à prendre des précautions d'isolement et blocus permanent des lieux où on n'aura pas pu atteindre les races malfaisantes.

Si une nation barbare a pu construire une muraille de 500 lieues de long, garnie de tours, ne peut-on pas élever contre les bêtes féroces une palissade de 500 et 1000 lieues, qui, à longueur égale, ne coûterait que le vingtième de cet énorme et inutile rempart des Chinois? La palissade n'exigera qu'un léger soubassement , sur lequel reposeront les grillages en bois vernissés, avec des herses placées aux points d'écoulement des eaux.

o90 CITCRLOCrE.

On établira d'abord la palissade sur les poiuis les plus fa!;ilcs à rouper, ooninie de Narbonnc à Bayonne, des Bouches du Niémen auï Bouches du Danube, de la mer d'Azoff à la mer Caspienne, de la Caspienuc au (iolfePersique, du !ac Baikal au Gollc Pékin. Moyennant ces coupures. les animaux poursuivis ne pourront passe répandre au delà d'un poinl (onnu, et on pourra commencer à purger les régions les plus populeuses, « orame l'occident d'Europe, en différant la battue snr d'autres points , comme la Russie, jusqu'à ce que la population y ait fait plus de progrès, et que ses climaturcs améliorées selon le tableau note A, H, 98, aient facDité la destruction des botes fauves jusqu'à la mer glaciale réduilc ,11, 105 .

Une fois l'opération effectuée, on enlèvera les palissades, qui auront de nombreux emplois, notamment cens de l'article suivant.

s». L'APFBivoii:E3!E>T dc plusicurs cspèccs précieuses. Castors, F i- (jf.gnes, Z'ihres . Quatjgas. C'est encore un avantage qu'on obtiendra capartie des palissades mobiles , dont nous ne pourrions pas faire emploi lors même que nous serions délivrés des loups , parce que le morcellement des propriétés empêcherait le placement et l'entretien de la palissade.

Une entrave non moins forte est le caractère des civilisés et barbares, gens dont la raalfaisance et la brutalité sont un obstacle à toute eiitrcprise pour l'apprivoisement des races indociles. On verra, aux section» .■5 et 4 , quelles doivent cire les mœurs des cultivateurs avec qui peuvent sympathiser les quadrupèdes que je viens de citer.

Toutefois il est plaisant que cette Europe, qui se vante sans cesse d'avoir tout perfedibilisè , n'ait pas encore acclimaté dans les Alpes et autres montagnes l'animal qui donne la plus riche toison du monde, le Vigogne, bien plus facile à y transporter que la chèvre du Thibet, qui pourtant y a été amenée par les soins de MM. Tcrnauv et Jauhert.

On objecte que l'Espagne n'eu voulait point livrer. Mais pourquoi l'Europe était-elle assez sotte pour maintenir l'Espagne en possession de l'Amérique, dont cette paresseuse métropole vient enfin d'être dejtonillée comme elle le méritait, et comme elle aurait dû l'être depui* cent ans , s'il eût existé une législation sensée sur le monopole colonial, sur les conditions et époques d'émancipation légitime?

9°. L eFolb a éclosios , et en général tous les travaux d'unité/lomeslique. C'est à bon di'oit que Voltaire se moque des modernes qui , avec leurs jactances, ne savent pas s'élever, en industrie agricole, au niveau des barbares de l'antique Egypte.

Mais comment oserait-on faire usage de fours contenant 50 et 50 mille ceufs, quaad on ne serait pas sûr de la qualité des œufs fournis par mille

CITERLOGÏÏE. oOI

faiiiUlcs (le fripons qui foraient avorter l'opération , en trompant sur la (iiite et la valeur des œufs.

Je cite le four à cclosion entre nulle autres opérations que la fausseté civilisée rend à peu près impraticables , et qui deviendraient des sources i'.e richesse et de charme, dans le cas d'unité sociétaire et véracité des relations. Telles seraient les serres chaudes et fraîches à chambres graduées.

L'usage des fours appliqué au globe entier donnera chaque année, dès le début, 100,000 poulets de plus par Phalange; total, GO milliards eii sus de ce que fot:rnirait la couvée ordinaire. Ce surcroit de produit s'élèvera à 500 milliards de poulets, quand la population sera au complet. 11 n'est point de petit bénéfice en gestion sociétaire ( 206).

Quant à la civilisation, elle n'est évidemment qu'un Pignice en iiiduslric : elle ne peut pas mime conserver le peu que la nature lui a donné. Elle voit sa mauvaise gestion détériorer chaque année les montagnes, les som'ces et les cliinatures ; comment pourrait-elle entreprendre le reboisement, tant qu'existe l'obstacle des propriétés morcelées; tant qu'une montagne à couvrir de seaiis n'est pas possédée et entourée par deux ou trois propriétaires co-iatéressés , comme des Phalanges vicinales, qui toutes s'accorderont pour ceite opération ; tandis que 2 ou 50<» ménages ne travailleraieut qu'à ravager le semis par la cognée et la dent des bestiaux ?

D'autre part, l'état morcelé n'a rien de l'activité nécessaire aux entreprises: il faudrait, pour recouvrir un vaste terrain comme les landes qui régnent de Bayoaae à Bordeaux, creuser au moins vingtpetils canaux destinés au transport des terres , ou bien faire des chenùns ferrés pour les chars mécaniquement conduits à la vapeur.

S'agit-il du dessèchement d'un marais? on sera, comme pour les reboisements, gène par les mésintelligences de cent propriétaires qui en possèdent quelques portions. Comment les faire concourir au travail des saignées et creusements d'étangs? L'unité sociétaire peut seule exécuter ces prodiges , et la civilisation échoue partout où elle trouve nuelque peu d'obstacles. Aussi les Marais Pontins, si souvent attaqués depuis les Romains jusqu'à Pie YI et Bonaparte, ont-ils résisté à toutes les tentatives de dessiccation. Que serait-?e de marais bien plus étendus, comme ceucde Polésie, de Guyane, d'Amazone, de Mississipi, que les Harmoniens feront disparaître en un demi-siècle?

L'Harmonie, qui opère en mode composé sur l'ensemble du mécanisme social, ne doit pas s'en tenir aux économies matérielles, aux prodiges d'industrie comme ceux relatés dans le présent article ; A la Cis-Médianle II, r<9); ) Au Post-Amhule ( 20G ) . i

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Elle doit opérer semblables économies dans le mécanisme politique, où tout sera au niveau du matériel, en économie de dépense, en économie de temps, en épargne mixte, temps et dépense.

i°. Epargne de frais. Exemple tiré de la perception d'ira{)ôts.

Si le produit fiscal de France , y compris les charges des communes et antres, coûte une somme de 150 millions en frais de perception, connus ou non connus, ces frais pour le globe entier s'élèveraient donc à 30 milliards, en supposant une division en 200 empires 'II, 376': ladite rentrée n'exigeant aucuns frais en Association présente sur un seul objet 50 milliards d'épargne annuelle, et dans le début 6 milliards seulement, puisque le globe n'est qu'au o^. de la population possible.

2°. Epargne de temps. Exemple tiré des élections.

C'est ici le vrai phénomène d'accélération. Je doute qu'on puisse imaginer un mécanisme plus traînant, plus compliqué, plus desorganisateur, que celui des élections civilisées. Et pourtant, cette coutume d'élections ruineuses qui distraient pendant un mois entier des masses de citoyens , est l'ouvrage de savants qui ont des prétentions en économisrae.

L'ordre sociétaiie composé (Période 8«., II, 55) a pour le moins cent fois plus d'élections qu'il n'en peut exister dans un état républicain comme Sparte ou Athènes. Il a des élections de 15 degrés, selon le tableau (II, 576), et dans chaque degré des séances nombreuses, dont la multiplicité est disposée de manière à ne causer aucune perte de temps, PAS LE MiLUÈME de cc qu'cxlgc le mode actuel.

Par exemple, s'agit-il d'une élection du degré >*î pivotai (II, 566), exigeant le suffrage d'un des sexes du globe entier , comme seront les choix d'un hyper-sib) 1, par 300 millions d'hommes ;

d'une hyper-fée, par 500 millions de femmes; d'un hyper-roitelet, par 500 millions d'enfants?

Avant d'y procéder, on en a conféré en séances de travail ou de repas, mais non pas en assemblée spéciale , qui serait perte de temps. Chacun a d'avance fixé son choix; et le soir, en allant à la bourse (heure de rentrée au PhalansttTC ), on passe par la galerie du scrutin ; on y écrit et dépose dans l'urne un bulletin ; c'est l'ouvrage d'un quart de minute au plus, pour chacun des 300 millions de votants.

Le dépouillement ne coûte que 1^4 de minute, en estimation relative. En effet, si une Phalange emploie en scrutateurs un 40». de ses votants, i 2 pour 480, ils effectueront 1 2 dépouillements de 40 votes en dix minutes, par douze feuilles tablées qu'ils placeront dans les douze cases d'un tableau de vériOcation où chacun peut, pendant trois jours, examiner si les scrutateurs ont exactement transcrit son vote.

Philinte sait qu'il a élu Aristote pour byper-sibyl du globe (chef om-

CITERLOGUE. 593

niarque de l'instruction ). L'on doit donc trouver à la lettre P. Philinte élit Aristote. Philinte rectifierait s'il voyait une erreur.

L'ouvrage du dépouillement, à 10 minutes par scrutateur, ayant employé 120 minutes pour les douze agents , c'est un quart de minute en répartition générale sur 480 votants.

Jusque-là l'élection a déjà coûté deux quarts de minute par chaque votant d'une Phalange, et par conséquent du globe entier. Si on veut faire le calcul des dépouillements successifs de province , royaume , empire, etc., on verra que le travail de vote du globe n'aura coûté, en dernière analyse, qu'une minute par chaque individu.

3o. Epargne mixte de temps et de dépense. Exemple tiré des procès.

Je ne connais pas assez la statistique de l'ordre judiciaire, pour donner ici l'estimation des frais et du temps que peuvent absorber les contestations. Le procès Fualdès a dû coûter des sommes énormes. On faisait voyager de Rodez à Alby des légions de' témoins.

J'ai remarqué, dans le tableau des procès criminels, qu'ils s'élèvent annuellement à 5 pour 2,000 habitants; de sorte que le royaume de France doit fournir chaque année 45,700 crimes connus et causant procès, non compris ceux de police , et les crimes inconnus ou tolérés. Qu'on ajoute à cette masse les procès civils, on jugera de l'épargne que peut valoir un ordre de choses où il n'existera point de procès, effet bien inconcevable pour des civilisés ! qu'ils attendent la description complète du mécanisme d'Harmonie, et ils se convaincront.

Que les sujets de procès n'y existent plus;

Que les menues contestations qui pourront s'y élever , seront arbitrées en très-peu d'instants, sans frais ni perte de temps.

A ces aperçus, joignons les économies de toutes les unités, entre autres celle de l'unité de langage , de signes écrits, de mesures , etc. Lorsqu'on a la garantie d'avènement facile et prochain à tant de biens, ne serait-ce pas être Vandale que de se montrer indifférent sur l'épreuve de cette Association , dont nous allons enfin exposer le mécanisme.

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