PREMIÈRE PARTIE. NOTICE I. i
travail , il faut qu'il meure de faim sans se plaindre ; ou s'il mendie par besoin, il est mis en détention pour l'honneur du beau nom d'Homme Libre, et des droits imprescriptibles du civilisé qu'on prive du seul droit dont il ail besoin, du droit au travail.
Au reste, comment pourrait-on s'entendre sur le sens des mots scientifiques, lorsqu'on n'entend pas le sens des termes à l'usage ordinaire , tel que nouveauté, nom qu'on applique à toutes les antiquailles démagogiques ressassées il y a deux mille ans dans les tribunes de la Grèce et de Rome? Si on abuse d'un mot si intelligible pour en tirer de faux raisonnements, et dénigrer les inventeurs utiles en les confondant avec les auteurs d' antiquailles fardées de nouveautés, quels sont les mots dont on n'abusera pas en Civilisation?
120. Oublier ce que nous avons appris, reprendre nos idées à leur origine, et refaire l'entendement humain. Précepte bien sage, mais bien méconnu des savants' Pour refaire leur entendement sur tout ce qui touche à l'élude de l'Homme et de l'Attraction, l'on aura, dit forl bien Condillac, beaucoup plus de peine à éduquer ceux qui ont fait de grandes études, que ceux qui n'ont point faussé leur esprit parla lecture des 400,000 tomes de sophismes. Aussi les gens étrangers à cette controverse, comprennent-ils d'emblée que la raison divine doit être au-dessus de la raison humaine.
On ne peut pas inculquer ce principe à des philosophes; ils feindront de l'admettre d'abord, et ils le déclineront l'instant d'après, en refusant de confesser que c'est à Dieu et non pas à la raison humaine k régler l'ordonnance du mécanisme social; que Dieu doit être pouvoir législatif, et la raison humaine pouvoir exécutif.
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recherchant par synthèse de rAtlraction, les lois que Dieu a faites sur nos relations, et que l'homme doit exécuter.
Les dogmes philosophiques rendent l'esprit civilisé rebelle à ces idées de suprématie de Dieu, d'espérance en ses lois et sa providence. Les sophistes^ qui ont établi la suprématie de la raison, sont dans le cas d'un voyageur qui a déjà fait dix lieues en fausse route, et qui oLligé de revenir sur ses pas, est beaucoup moins avancé que celui qui n'a pas bougé de place. Aussi n'est-il rien de plus aisé que d'instruire sur la Destinée, les hommes qui n'ont point l'esprit vicié par les lectures de sophismes : on n'a pas besoin de refaire leur entendement , parce qu'il n'est pas encore faussé; il se fixe aisément aux idées d'origine, d'attraction, de sentiment, comme l'idée d'un Créateur infiniment prévoyant, et qui n'a pas pu oublier de pourvoir au premier de nos besoins collectifs , celui d'un code régulateur de nos relations domestiques et industrielles.
X Y Croire que tout est lié dans le système de l'univers et qu'il y a unité entre ses parties , selon ce principe sans cesse répété par les sophistes : l'Homme qui est une des plus nobles portions de l'univers, doit être unitaire avec les harmonies connues de l'univers , cntr'autrcs avec
L'harmonie mathématique ou rationnelle.
L'harmonie planétaire ou sociale.
L'harmonie musicale ou parlante.
Si l'Homme est destiné à l'harmonie, il doit exister pour le jeu de ses passions et l'exercice de son industrie un régime d'harmonie calqué sur les trois que je viens de citer; à défaut, l'Homme social se trouverait en scission avec les harmonies de l'Univers.
En outre, l'Homme n'aurait aucun lien d'unité avec le
chef de l'Univers, si nous ne participions pas au mode de révélation que Dieu emploie pour interpréter aux créatures les lois d'harmonie industrielle et sociale; ce mode est l'Attraction, seul agent connu de la Divinité : c'est donc du seul calcul de l'Attraction qu'il faut attendre ce secret de l'harmonie sociale que semble pressentir l'un des illustres modernes, en disant : « S'il existe des vérités qui » nous paraissent détachées les unes des autres, c'est > que nous ignorons le lien qui les réunit dans un tout. » (De Laplace.) Selon ce principe, si l'Homme est dans l'Univers un chaînon d'harmonie, s'il est destiné à s'assimiler aux harmonies connues et entrer en unité avec elles, il doit chercher le lien qui les réunit dans un tout et les identifie avec le système des passions humaines : ce lien , comme on le verra plus loin , est la synthèse de l'Attraction passionnée , calcul rigoureusement appliqué aux harmonies mathématique, planétaire, musicale et autres quelconques.
X A Spéculer sur t unité de système. — Elle exige un régime social qui soit applicable aux Barbares et Sauvages comme aux Civilisés. Où peut-on voir l'unité, tant que la race humaine présente quatre sociétés antipathiques, inconciliables, et qui ne rivalisent que de misères et de fureurs ? Pour étendre un régime quelconque aux Barbares et Sauvages et en même temps aux Civilisés, il n'était d'autre ressort à mettre en jeu que celui de l'Attraction, qui est la môme chez tous les peuples et qui pourtant est bannie de toutes les conceptions philosophiques. Aussi sont-elles repoussées des Barbares et Sauvages qui adopteront avec transport l'Association ou régime attrayant, dès qu'ils en auront vu l'épreuve sur un village, et les résultats brillants, tels que triplement effectif
de richesse, joint à la propriété plus précieuse encore, d'amorce à l'industrie et métamorphose des travaux en plaisirs.
Je viens de passer en revue douze devoirs de cette Philosophie qui impose des devoirs à tout le monde et qui ne veut remplir aucun des siens , aucun de ceux qu'elle-même reconnaît pour règle de ses propres travaux. Il suffît, pour confondre ses systèmes, de rappeler à leurs auteurs et fauteurs ces douze devoirs (i) que je ne fixe pas arbitrairement, car ils sont extraits des dogmes de leurs plus fameux écrivains. Tous donnent ces préceptes pour boussoles de sagesse, pour guides à suivre dans les études : si la science les eût suivis, le genre humain aurait depuis longtemps réussi à trouver l'une des douze issues de lymbe sociale ou du chaos civilisé, barbare, patriarcal et sauvage.